Publié le 9 janvier 2026
Jeudi 23 avril et vendredi 24 avril 2026
Le souhait de favoriser l’autonomie des personnes, le souci d’impartialité, ou la préférence pour des relations horizontales et coopératives sont autant de raison d’adopter une posture la moins directive possible. Cependant, la pression des objectifs à atteindre, les contraintes temporelles, les habitudes de fonctionnement installées depuis longtemps, ou encore l’accumulation du stress peuvent nous conduire à des comportements plus ou moins directifs. Trouver le dosage de non-directivité adapté à chaque type de situation suppose alors une conscience des enjeux liés à la situation, mais aussi une perception claire de son propre état émotionnel et des valeurs qui nous animent. Le stage proposera d’aider chacun à clarifier et enrichir sa posture professionnelle, afin de pouvoir mettre en œuvre de manière constructive une approche intégrant directivité et non-directivité dans un dosage choisi et adapté au contexte et aux objectifs visés.
Intervenant : Guillaume TIXIER est formateur en compétences relationnelles et coordinateur pédagogique à l’IFMAN-Méditerranée, Institut de Recherche et de Formation du Mouvement pour une Alternative Non violente, depuis 2001. Il est aussi médiateur et animateur de dispositifs participatifs (dialogue territorial). Il est l’auteur des ouvrages :
- Le théâtre-forum : Apprendre à réguler les conflits, Chronique Sociale, Lyon, 2010
- Doser la directivité : Pour une pratique nuancée des approches non-directives, Chronique Sociale, Lyon, janvier 2026
Public : Professionnels en contact avec le public, notamment formateurs médiateurs, avocats, travailleurs sociaux, psychologues, et/ou animant des formations en compétences relationnelles ou des groupes de parole.
Lieu : Puyricard, Pays d’Aix-en-Provence.
Dates : Deux journées : le jeudi 23 avril 2026 de 9h30 à 17h30 et le vendredi 24 avril 2026de 9h à 17h, soit 14 heures.
Objectifs:
- Comprendre les enjeux et limites des postures directives et non-directives,
- Utiliser des outils peu directifs et développer une posture la moins directive possible
- Apprendre à intégrer de manière constructive une part de directivité en médiation et dans sa démarche d’accompagnement, en évitant les dérives « autoritaires »
- Adapter le dosage de directivité en fonction des situations
Pré-requis : Aucun prérequis n’est nécessaire pour participer à cette formation.
Contenu :
- clarification du principe de non-directivité : ressorts communs de la non-directivité dans des contextes professionnels différents (médiation, accompagnement, coordination d’équipe,…)
- Avantages, inconvénients et limites de la directivité et de la non-directivité
- Directivité/non-directivité, prise de recul et régulation émotionnelle : stratégies pour anticiper et adapter sa posture
- Repères à prendre en compte pour choisir le dosage directivité/non-directivité
- Méthodes et outils de communication plus ou moins directifs ou non-directifs : écoute empathique, assertivité, régulation du dialogue, supports d’expression,…
- Méthodes et outils organisationnels plus ou moins directifs ou non-directifs : cadrages et recadrages, règles relationnelles, structuration des échanges, conduite de réunion, démarches participatives,…
Modalités pédagogiques :
Le stage associera en alternance :
- partage d’expérience entre les participants
- apports conceptuels et méthodologiques
- jeux de communication et exercices pratiques permettant l’intégration des éléments méthodologiques abordés
- études de cas et mises en situation sous forme de simulation d’entretien ou de réunion, notamment avec la méthode du théâtre-forum
- travail en sous-groupes pour un accompagnement de projets ou la préparation de situations à visée plus ou moins directive
Modalités d’évaluation
A partir de l’ajustement des objectifs avec les participants en début de session, des temps de régulation seront prévus :
- à la fin de chaque mise en situation, pour préciser les compétences et outils mis en œuvre dans celle-ci, et identifier les besoins complémentaires,
- à la fin de la 1ère journée, pour vérifier l’avancée des acquis et adapter éventuellement le programme du lendemain,
- lors du travail sur projet, l’appropriation des éléments abordés permettra d’identifier d’éventuelles insuffisances et la nécessité d’apports complémentaires.
- Le bilan final écrit et oral s’appuiera sur une auto-évaluation des acquis de chacun.
Inscriptions: télécharger ici le bulletin d’inscription ci-joint et le renvoyer à l’adresse indiquée au plus tard un mois avant le début de la session.
NB. Ce stage est organisé en collaboration avec notre partenaire Marianne Souquet, médiatrice et formatrice.
Ndlr : la notion de directivité me renvoie à une notion importante dans la posture du médiateur : la neutralité.
Pour ma part, j'invite le médiateur que je suis ou à l'occasion d'une formation, à maîtriser cette neutralité. Pour faire court : maîtriser le neutre...
Cf. TdM.
A Rochefort, le 24 novembre 2018. Xavier Leoty/AFP
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La « désintermédiation » est un sujet central depuis les années 1980, notamment à la faveur de la généralisation d’Internet. Les marchés financiers d’abord, puis le commerce, les médias et tous les secteurs d’activité ont subi, voulu, anticipé, voire provoqué cette désintermédiation. Internet devenant, du même coup, le sésame permettant une rencontre directe entre demande et offre.
Cette société devenue « uberisée » sait parfaitement se passer de relais, de médiateurs, d’intermédiaires. Le consommateur l’a bien compris, suivi très rapidement par le citoyen. La sphère du politique n’a, en effet, pas échappé à cette négation des intermédiaires.
Désintermédiation et empowerment
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La verticalité en marche
On aurait pu croire que cette sorte de modernité individuelle nous amènerait vers plus de démocratie mature, douce, participative et délibérative. Cela pouvait apparaître comme allant dans le sens de l’Histoire. Ainsi Les Républicains, au nom de la démocratie interne, adoptèrent le principe de primaires.
Mais, finalement, sans primaire ni parti, c’est autour d’une forme de fascination charismatique que Macron fut élu. Adieu les légitimités rationnelles légales (Max Weber : L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme), le retour des affects a sonné et, face à ces passions politiques, des colères sociales grondent.
Le retour des affects, et avec eux celui de la verticalité du pouvoir suprême. Ce Président aime à être dans cette posture depuis la mise en scène de lui-même dans la cour du Louvre jusqu’à son itinérance mémorielle. Il a décidé que le peuple aimait son côté romanesque et qu’il lui fallait des transcendances :
« J’assume totalement la “verticalité” du pouvoir… L’enjeu, c’est de retrouver la possibilité de construire, en assumant la part parfois univoque, unilatérale de toute décision ».
Des prises de décisions qui demandent, parfois, de négliger les corps intermédiaires.
On peut dire, en définitive, qu’Emmanuel Macron a construit l’édifice d’un pouvoir vertical adossé à une architecture numérique d’« individus-masse invités à se transformer en autoentrepreneurs d’eux-mêmes. »
Un mouvement social à portée de clic
Les gilets jaunes, en bons autoentrepreneurs, agissent sans centrale mais avec Facebook. Et ils agissent ! Ils apparaissent comme un mouvement social à portée de clic, tout comme le mouvement politique dont Macron a été à l’initiative.
Internet crée des porte-paroles jaunes, mais pas de leader. Loin de la manifestation de jadis très organisée et orchestrée, nous sommes aujourd’hui face à un mouvement social pluriel, hétérogène, protéiforme.
Ce mouvement, bien sûr, répond à une forme d’horizontalité, mais cela ne garantit pas pour autant une avancée sereine vers une démocratie plus délibérative et participative. Ce mouvement rejette clairement les intermédiaires, leur éventuelle fonction tribunitienne, et entend rester dans un affrontement direct avec le pouvoir.
Les gilets jaunes ne désignent d’ailleurs quasiment qu’un coupable : Macron lui-même. La personnification du politique est à son faîte. Les gilets jaunes tentent, samedi 17, de rejoindre l’Élysée. Le 24 novembre, les abords du palais sont toujours convoités. La légitimité du Président mise en cause, sa démission scandée dans les rues. La démocratie directe continue son chemin.
Macron a demandé à l’individu d’être « réflexif » et de comprendre l’empowerment, notamment au travers de cette phrase devenue célèbre : « Je traverse la rue et je vous trouve un travail ». Dont acte : l’individu prend à son compte cette injonction à l’empowerment et traverse la rue, mais cette fois avec un gilet.
Démocratie directe, dérive populiste
De même Macron assume son populisme, les gilets prennent acte et assument, en miroir, leur propre populisme, rejettent les intermédiaires et dédaignent les élites traditionnelles ; surtout celles en place.
Les intermédiaires politiques sont pourtant peu ou prou des garanties démocratiques, des sortes de modérateurs face à une éventuelle démocratie directe, voire immédiate. Mais la polarisation de ce que nous voyons aujourd’hui entre un Jupiter aimant jouer des émotions et un individu submergé par les colères nous fait rentrer de plein fouet dans une démocratie plus que jamais immature, initiée par le Président lui-même….
Il n’est pas sûr que la République 3.0 ait beaucoup gagné en démocratie. Au contraire, il semble même qu’elle porte en elle les germes d’un certain populisme.
La violence dite « légitime » de l’État, la violence symbolique du Président qui s’autoproclame Jupiter, qualifie les Gaulois de « réfractaires », la douce violence des blocages des gilets jaunes, la violence de certains gilets devenus noirs ou rouges, la politique sans corps intermédiaire n’a pas beaucoup de leçons à donner aux organisations traditionnelles.
Le « monde d’avant » était tout au moins pétri de politique. Ce n’était déjà pas si mal. À lui, peut-être de reprendre la main et de proposer un (ré)enchantement afin que plus personne n’ait l’envie de le piétiner, de l’ignorer, de le contourner. Mais en est-il vraiment capable ?
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