Deuxième invitée du Grand Entretien, Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale. Elle revient sur les résultats et sur une campagne où son mouvement a été attaqué de toutes parts, du PS au RN en passant par LR.
Avec Mathilde Panot, Députée La France Insoumise du Val-de-Marne, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale
"Nous allons diriger une dizaine de villes dans lesquelles nous allons faire retrouver à la fois une fierté et une dignité populaires", se félicite Mathilde Panot, qui évoque Saint-Denis, Roubaix, La Courneuve, Vaux-en-Velin, Vénissieux... Mais aussi Nantes, où la maire socialiste est réélue grâce à une fusion de listes avec LFI. "Nous allons faire rentrer plus d'un millier de conseillers municipaux dans plus de 400 conseils municipaux. Et je crois que pour un mouvement qui a seulement dix ans d'existence, c'est une percée que nous réalisons."
"Chacun doit regarder ses responsabilités" dans les villes perdues à gauche
Sur les échecs en revanche à Toulouse ou Limoges, d'autres villes où le PS et LFI s'étaient alliées, Mathilde Panot estime que les candidats insoumis "ont fait des campagnes absolument exceptionnelles", mais qu'"il y a eu un effet sur la mobilisation", avec "le plus fort taux d'absentions, hors période Covid, de la Ve République". Or "c'est par la mobilisation que nous pouvons gagner des victoires".
"Ce que nous venons de faire est justement la preuve que nous sommes une force populaire organisée dans le pays, et là où je suis d'accord avec ce que certains disent au Parti socialiste, c'est qu'il faut effectivement de la clarté", rappelle la députée insoumise, une "clarté" chère à Raphaël Glucksmann . "Il n'est pas possible de dire d'un côté que la France insoumise serait infréquentable, et ensuite de venir nous chercher lorsqu'il s'agit des sièges, que ce soit à l'Assemblée nationale ou dans les conseils municipaux. Le Parti socialiste devrait peut-être penser au fait que, par exemple, c'est le retrait de Sébastien Delogu à Marseille qui permet à la ville de rester au Parti socialiste, et de ne pas basculer à l'extrême droite. Nous avons eu une ligne claire sur cette question : dès qu'il y avait un risque d'extrême droite, nous nous sommes retirés et nous avons proposé à chaque fois la fusion. Chacun doit regarder ses responsabilités."
Menaces de mort, domiciles et meetings attaqués
Mathilde Panot regrette également que durant cette campagne, LFI ait été particulièrement ciblée, y compris par ses anciens alliés, parfois de manière particulièrement inquiétante. "Nous sommes des êtres humains et nous faisons de la politique dans un collectif humain. Mais dans le niveau d'attaque que nous avons eu, nous avons eu de la chance de n'avoir perdu ni la vie ni la santé dans cette campagne, et je pèse mes mots. Nous avons des menaces de mort contre nous, des domiciles personnels et des meetings qui ont été attaqués. Donc je le dis : il existe une force de résistance dans ce pays qui est en capacité de gagner la présidentielle, et de changer l'avenir du pays, et nous ne cèderons rien, nous ne lâcherons rien. Nous continuons évidemment à faire en sorte que tout le monde puisse vivre dignement dans la France de 2026."
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le plus fort taux d'abstention depuis la 5ème république ... nous avons réussi une percée face à une attaque comme jamais contre LFI ... il faut une mobilisation populaire ... il existe une résistance dans ce pays ...