Tr.: rapport du député renaissance de Moselle et du député LFI Antoine Léaument ... légalisation du canabis ... s'attaquer au sommet de la pyramide : blanchiment d'argent, corruption ... renforcer les GIR ... dépénalisation
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Home 2023 juin 17
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Je m’appelle Serge et j’ai été gravement blessé, comme beaucoup d’autres, à la manifestation contre la mégabassine de Sainte Soline du 25 mars 2023. J’ai été atteint à la tête par une grenade, probablement tiré en tendu par un gendarme équipé d’un lanceur de grenade cougar. J’ai subi un grave traumatisme crânien qui m’a mis en situation d’urgence absolue, situation aggravée par le blocage de ma prise en charge par les secours durant la manifestation. Après un mois de coma artificiel et six semaines en réanimation, j’ai été transféré dans un service de neurochirurgie, puis en centre de rééducation. A l’heure actuelle, je ressens d’énormes progrès dans ma faculté à bouger, manger et tout simplement échanger et réfléchir. Le chemin va être extrêmement long mais je suis déterminé à tout donner, à me battre pour récupérer ce qui me constituait, tant physiquement que mentalement. Je le fais évidemment pour moi, mais aussi parce que je pense que refuser d’abdiquer, refuser d’être écrasé par la machine répressive est une nécessité politique, à l’heure où les Etats font le pari de la terreur et de notre passivité.
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il est primordial qu’aucun tabassage, qu’aucune mise en geôle, qu’aucune mutilation, qu’aucun meurtre ne soit passé sous silence par les forces de l’ordre social capitaliste. Ils mutilent et assassinent tellement souvent que cela n’a rien d’accidentel, c’est dans leur fonction. Beaucoup trop d’histoires dans le monde nous rappellent qu’il n’y a pas plus vrai que la formule « ACAB ». Tous les flics sont bien des bâtards. Ils sont et resteront les larbins de la bourgeoisie dont ils protègent les intérêts et assurent, jusqu’à maintenant, la pérennité.
La classe capitaliste a comme seule perspective la dégradation de nos conditions de vie à une large échelle et tous les prolétaires d’ici et d’ailleurs en font actuellement l’amer expérience. Face aux luttes que nous menons pour contrecarrer ce funeste destin, ils ont clairement fait le choix d’augmenter drastiquement la répression, autant par des nouvelles lois répressives que par le fait de donner carte blanche aux forces de l’ordre, comme à Sainte Soline. Nous devons en prendre acte, et porter collectivement l’idée qu’il est hors de question de participer à une lutte sans des protections efficaces et des capacités de résistance. Nous ne sommes pas des martyrs.
Néanmoins, notre force n’a pas grand-chose à voir avec une histoire de champ de bataille. Notre force, c’est notre nombre, notre place dans la société et le monde meilleur auquel nous aspirons. Contre les quelques organisations de dirigeants et de bureaucrates qui souhaiteraient nous ramener à la maison une fois leur place au soleil acquise sur notre dos, il nous faut mille façons de nous organiser à la base par et pour des solidarités concrètes, à destination des camarades du mouvement mais aussi, et peut-être surtout, à toutes celles et ceux qui rejoindront les élans révolutionnaires futurs.
Force aux camarades actuellement dans le viseur des Etats !
Vive la Révolution !
A vite dans les luttes.
Le S
Connu / https://contre-attaque.net/2023/06/18/communique-de-serge-blesse-a-sainte-soline/
Connu / https://twitter.com/ContreAttaque_/status/1670372531520282628
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Contre Attaque @ContreAttaque_
💬 COMMUNIQUÉ DE SERGE, BLESSÉ À SAINTE-SOLINE
Des nouvelles qui donnent de la force en ces temps troublés :
Des nouvelles qui donnent de la force en ces temps troublés «Salut tout le monde, Je m’appelle Serge et j’ai été gravement blessé, comme beaucoup d’autres, à la manifestation contre la mégabassine de...
12:07 PM · 18 juin 2023 · 22,9 k vues 315 Retweets 4 citations 552 J'aime 5 Signets
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Connu / TG le 24/03/23 à 18:32
Signez la pétition LDH " Retraites : stop à l’escalade répressive". ...
Connu / TG le 27/03/23 à 15:58
C'était lundi dernier, le 28 novembre, un mois après le rassemblement contre la mégabassine de Sainte-Soline, cinq manifestants interpellés au hasard parmi les milliers de citoyens présents, ...
Connu / TG du 04/12/22 à 22:02
Communiqué du groupe parlementaire LFI-NUPES
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Connu / TG 11/10/22 À 17:58
Liberté d'expression - enquête
France : Comment des milliers de manifestants pacifiques ont été arbitrairement arrêtés et poursuivis
Depuis fin 2018, en France, la répression des manifestations a été d’une ampleur inédite. Manifester pacifiquement expose au risque de violences policières, mais aussi à celui de finir en garde-à-vue. En effet, les autorités ont instrumentalisé des lois contraires au droit international pour verbaliser, arrêter arbitrairement et poursuivre en justice des gens qui n’avaient commis aucune violence. Enquête.
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Nous avons enquêté pendant 18 mois sur la réponse des autorités à ces mouvements sociaux, recueilli et recoupé le témoignage d’une centaine de manifestants arrêtés et poursuivis, et rencontré les autorités Le constat est inquiétant.
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Des lois contraires au droit international https://www.amnesty.fr/focus/droit-de-manifester-pourquoi-certaines-lois-francaises-sont-contraires-au-droit-international ont été utilisées de manière massive, et une nouvelle loi, dite « anticasseurs » a été promulguée. Et c’est encore sur ces lois que s’appuie le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) du ministère de l’Intérieur.
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Lire aussi : Qu'est ce que la "criminalisation des manifestants" ? https://www.amnesty.fr/focus/quest-ce-que-la-criminalisation-des-manifestants
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En avril 2019 a été introduite une interdiction générale de dissimuler son visage pendant les manifestations sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 15 000 euros et d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement. Cette loi est contraire au droit international, et n’a plus aucun sens dans le contexte du Covid-19 où il est obligatoire de porter un masque. Entre avril et octobre 2019, cette interdiction a donné lieu au placement en garde à vue de 210 personnes. En 2019, 41 manifestants ont été reconnus coupables de cette infraction.
Ainsi, Brice, journaliste, était en train de filmer une manifestation des Gilets jaunes à Paris en avril 2019 lorsqu’il a été arrêté, maintenu en garde à vue pendant 48 heures et inculpé pour « violences », « dissimulation du visage » et « préparation de violences ». « Je trouve absurde que le parquet ait requis [une peine de] trois mois, sachant que je suis journaliste et qu’il n’y avait aucune preuve contre moi », a-t-il déclaré. Il a été acquitté par la suite.
-> pétition
https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?gkEcZQ
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Le 14 septembre 2020, la France insoumise organisait un colloque sur la sécurité (https://youtu.be/Yiv5Oi3vKNs). Jean-Luc Mélenchon concluait cette journée de travaux.
Le président du groupe « La France insoumise » à l'Assemblée nationale a dénoncé l'inflation de lois sécuritaire dont l'efficacité n'est jamais évaluée. Il a ainsi rappelé qu'il y avait eu au cours des 30 dernières années 16 lois sur le terrorisme, 21 sur l'immigration et 32 sur la délinquance sans que jamais le bilan en soit donné. Il a expliqué que ces lois diminuaient les libertés publiques sans améliorer la sécurité.
Face à l'ambiance politico-médiatique qui place l'insécurité au centre de l'actualité, Jean-Luc Mélenchon a réfuté l'utilisation du mot « ensauvagement » et a rappelé son origine. Il a aussi expliqué que les statistiques pouvaient être manipulées pour leur faire dire une chose ou une autre. Il a appelé à traiter enfin les questions de sécurité par la raison, en analysant ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Il a ainsi parlé longuement de l'inefficacité de la politique répressive en matière de lutte contre la consommation de cannabis et a expliqué qu'il fallait réfléchir à sa légalisation pour d'une part libérer des forces de police pour lutter contre le trafic et le crime organisé et d'autre part lutter plus efficacement contre la consommation ou la consommation excessive de cette drogue.
Le porte-parole des insoumis a également déployé ses propositions pour la sécurité autour du triptyque « prévention, répression, réparation ». Dénonçant le bilan ridicule de Darmanin incapable d'arrêter une bande de Tchétchènes armées ou poursuivant un groupe de rap à Grenoble, Jean-Luc Mélenchon a quant à lui appelé à refonder la police. Il a ainsi proposé de reconstruire le lien entre la police et la population via l'utilisation d'une garde nationale, à redévelopper la formation des policiers, à dissoudre l'IGPN, à refondre le code de déontologie. Il a, enfin, expliqué qu'en République, l'ordre public n'était pas possible sans ordre social.
1 255 commentaires
Le capitaine Bruno Félix, qui dirigeait l’unité de CRS responsables de la mort de Zineb Redouane, vient d’obtenir le commandement de la CRS 46. Une étrange promotion pour celui qui avait refusé de fournir les armes de son unité à l'IGPN.
Gilets Jaunes ; Répression ; Violences policières
Clés : Amérique du Nord ; Discriminations ; Répression ; Violences policières.
Des deux côtés de l'Atlantique, des mobilisations contre les crimes policiers s'organisent. Aux États-Unis, la mort de George Floyd, assassiné par un policier blanc le 25 Mai 2020 à Minneapolis, déclenche une série de manifestations dans tous le pays. Interpellé par quatre policiers, George Floyd est plaqué au sol sur le ventre et répète "I can't breathe" (je ne peux pas respirer). Filmé par des passants, la vidéo fait le tour des réseaux sociaux et provoque la colère des riverains de Minneapolis qui dès le lendemain manifestent et réclament "justice". Très vite, le mouvement gagne le reste du pays à l'image de la mobilisation Black lives matter. Un mot d'ordre en particulier surgit : "Defund the police", ce qui signifie littéralement "couper les finances de la police". Il s'agit d'exiger une réduction des budgets de la police pour réorienter les fonds vers des programmes sociaux, culturels et de santé. Certains demandent même l'abolition des forces de l'ordre. En France, la mort de George Floyd rappelle celles de plusieurs victimes tuées aussi par plaquage ventral. George Floyd décède des mêmes techniques d'interpellation policière qui ont tué Lamine Dieng, Adama Traoré ou Cédric Chouviat, dont les proches se sont organisés en collectif pour obtenir l'interdiction de ces méthodes d'intervention. En écho aux événements américains, le comité Adama qui regroupe la famille d'Adama Traoré, appelle à un rassemblement dès le 2 Juin devant le palais de justice porte de Clichy à Paris. Des manifestations se poursuivent depuis et une marche est prévu le 18 juillet à Beaumont-sur-Oise pour les quatre ans de la mort d'Adama Traoré.
Les mobilisations contre les violences policières aux États-Unis et en France sont-elles pour autant semblables? Pour en parler, Le Média a contacté Gwenola Ricordeau, spécialiste en justice criminelle à la California State University at Chico. Cette criminologue s'est également rendu à la CHAZ (Capitol Hill Autonomous Zone) dans le centre-ville de Seattle. Ce quartier est devenu durant quelques semaines une zone sans police, après l'évacuation du commissariat situé en son centre. Transformé par les militants locaux en sanctuaire en hommage aux victimes des violences policières, ce lieu est devenu un symbole du mouvement Defund the Police. Lorsque cet entretien fut tourné, la CHAZ était encore entre les mains du mouvement social américain. Gwenola Ricordeau raconte les dernières heures de la CHAZ, dont la police de Seattle a repris possession après l'enregistrement de l'interview, le 1er Juillet 2020.
Clés : Justice ; Répression ; Travail
Au sommaire :
- Les manifs sauvages de la police, dont une des principales revendications est tout simplement “le droit d’étrangler” les interpellés. Alors même qu’une policière vient de porter plainte contre un de ses collègues qui lui avait fait subir une clé d’étranglement pour s’exercer. Et quelques jours après les révélations de Mediapart sur les derniers mots de Cédric Chouviat : “J’étouffe”.
- Devinez quoi ? On a vu Apolline de Malherbe de BFM TV émue. Émue parce qu’il y a un mouvement de grève suite à un gros plan de départs au sein du groupe NextRadio TV, son employeur. La grève en cours au sein du groupe NextRadio TV, dont fait partie la chaîne tout-info BFM, estampillée média de l’anti-grève. Une grève suivie par 90% des journalistes, mais pas par les stars de l’antenne, qui se contentent d’exprimer leur “émotion”. Alors que les destructions d’emplois prévues toucheront surtout les précaires - pigistes et intermittents.
- Les incessants scandales sans conséquences pratiques (affaire Köhler, affaire Fillon, évasion fiscale au sein des EHPAD jouissant de fonds publics, cadeaux de la Banque centrale européenne au groupe LVMH, persécution d’un conseiller Pôle Emploi pour avoir fait son boulot) qui nous pousse à nous poser une question : qu’est-ce que la République et qui l’incarne vraiment ?
Clés : Discriminations ; Répression ; Santé
Camille et ses invités du jour la politologue Virginie Martin, Yvan Le Bolloch, ainsi que l'avocate Caroline Mecary et Bruno Gaccio sont de retour pour un sixième épisode des Masques et la tune ! Pour cette nouvelle émission : "Macron : Le mythomane" nous allons revenir sur le discours de dimanche dernier du Président de la République, ainsi que sur la journée de mobilisation des soignants qui avait lieu hier.
Vide : C'est le mot qui est le plus ressorti pour décrire le discours du Président de la République dimanche dernier. Emmanuel Macron s'est adressé aux français et a déroulé une séquence d'auto satisfaction assez sidérante, avec une bonne dose de mensonge éhonté. Macron aurait pris toujours les bonnes décisions, toujours dans l'intérêt général. Après avoir débité un certain nombre de banalités incantatoires opposées en tout à ses actions passées et actuelles, et avoir passé un peu de pommade aux soignants, deux choses restaient à noter : l'usage du mot "séparatistes" et l'affirmation d'un changement profond qui l'aurait saisi. Bref, nos chroniqueurs diront ce qu'ils en pensent.
Et puis on parlera ensuite de la journée de mobilisation des soignants de ce mardi 16 juin 2020, 2 jours après avoir encore loué leur courage, Emmanuel Macron leur envoyait les CRS et la BRAV, et par des lacrymo, des coups tonfa, de grenades et tirés par les cheveux que les "héros" proclamés par Macron ont été reçu. Puisqu'ils ne veulent pas de médailles, ils auront comme les autres : la terreur policière.
voir aussi https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?jNrgKA
Soignants, les héros en colère
Première grande démonstration de force nationale des personnels soignants après le déconfinement consécutif à l’épidémie de COVID 19. Une épidémie qui nous a rappelé l’importance stratégique de l’hôpital public, mais aussi son état désastreux. Plusieurs décennies de gestion néolibérale et d’économies de bouts de chandelles sont passées par là.
Après les grandes promesses au plus fort de l’économie, Emmanuel Macron est désormais au pied du mur. Pendant que le gouvernement organise le “Ségur de la Santé”, le rapport de force s’établit dans les rues. Avec en toile de fond une interrogation : les applaudisseurs de balcons se mêleront-ils aux cortèges des soignants pour réclamer à l’unisson du fric pour l’hôpital public ?
Clés : Coronavirus ; Répression ; Santé
Critique des médias ; Discriminations ; Répression
Dans les médias français, le vaste mouvement américain de dénonciation des violences policières racistes suite au meurtre de George Floyd par un policier fait l’objet d’un traitement qui peut étonner. On est surpris d’entendre des affirmations et des termes (“tué par un policier”, “violences policières”, “une police rongée par le racisme”) qui ne seraient pas prononcés, ou avec mille prudences et conditionnels, dans des situations françaises pourtant similaires.
On se rappelle aussi de la manière dont les médias français, tout en fustigeant les dégradations lors des manifestations de Gilets Jaunes, avaient d’emblée considéré comme évident que, dans les manifestations pro-démocratie à Hong-Kong, casser du mobilier urbain était, sinon légitime, du moins compréhensible.
Mais il y a pire encore que ce deux poids, deux mesures : dans les talk-shows sur les chaînes d’info en continu, on est carrément dans le déni total. Les intervenants commentent la mort de George Floyd, ou les événements américains en général, de la même façon qu’ils commentent les bavures meurtrières en France : “il n’y a pas de violences policières à proprement parler”, “c’est un fait divers tragique”, “la victime avait une santé fragile”, “elle avait commis des actes de délinquance”, “le racisme, s’il y en a, concerne des cas isolés, juste quelques pommes pourries dans le panier”.
Dans tous les cas on refuse de faire l'analogie avec ce qu’on a pu voir, qu’on voit encore en France (comme dans l’affaire Chouviat), sur les violences policières en général, sur les violences policières racistes en particulier.
Donc : deux pays occidentaux, deux hommes noirs d’origine populaire [George Floyd et Adama Traoré], deux institutions en charge du maintien de l’ordre, deux disparus et une même stratégie d’asphyxie. Pourtant : mettre en relation les deux drames ne vient pas à l’esprit de la presque totalité des commentateurs médiatiques et politiques hexagonaux, si prompts à dénoncer, main sur le cœur comprise, les exactions policières nord-américaines. « La France n’est pas les États-Unis » (Joseph Andras et Kaoutar Harchi, dans une tribune pour Regards)
Ce rapprochement était explicitement fait par les participants à la manifestation devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, à l’appel du comité Vérité et justice pour Adama :
Rassemblement historique et massif pour dire stop à l'impunité policière
Une marée humaine a convergé ce mardi vers le tribunal de grande instance de Paris, à l’appel du comité vérité et justice pour…
En effet, pourquoi ne pas affirmer qu'il y a aussi dans la police française des problèmes de violence et de racisme, qui ne se réduisent pas à des cas isolés ?
Lors du mouvement des Gilets Jaunes, la mobilisation avait fini par imposer le thème des violences policières dans des médias mainstream qui rechignaient à mettre en avant des images que manifestants et usagers des réseaux sociaux connaissaient pourtant depuis des mois.
Mais l’élément déterminant qui a fait progresser la conscience de l'existence de violences policières dans l’opinion publique, c’est l’exposition à ces violences de sphères des plus en plus larges de la population. Car en 4 ou 5 ans, à l'occasion de mouvements sociaux, nombreux sont ceux - étudiants, retraités, militants écologistes, Gilets Jaunes - qui ont expérimenté ce que connaissent bien les habitants des quartiers populaires issus de l'immigration : les humiliations, les provocations, l'arrestation arbitraire, voire le passage à tabac. En effet on a vu se développer ces dernières années en manifestation de nouvelles pratiques de maintien de l'ordre : contacts physiques avec les manifestants, arrestations ciblées, enfermement dans des nasses, recours à des unités mobiles non formées au maintien de l'ordre (les BAC), utilisation massive d'armes mutilantes. Ces pratiques ont ceci de particulier qu'elles ont d'abord été développées et testées sur des populations considérées par l'Etat comme subalternes : jeunes de banlieues, supporters de foot, ZADistes (voir cet article du site Désarmons-les). David Dufresne le résume ainsi :
Une partie de la population française découvre aujourd'hui ce qui était à l'œuvre dans certains quartiers populaires, c'est-à-dire une police cow-boy, une police en toute impunité. C'est le fruit de politiques du ministère de l'Intérieur qui, depuis le début des années 2000, a mélangé complaisamment CRS, gendarmes mobiles, BAC dans les quartiers pour les "sécuriser". Cela entraîne un transfert d'habitudes, d'armement, de techniques, de vision du monde, et on en arrive là. (sur France Info, novembre 2019)
Dans le cas des Gilets Jaunes, les violences policières ont non seulement joué un rôle structurant dans le mouvement, façonné son identité et renforcé sa détermination, mais aussi fondé des rapprochements avec des luttes pourtant assez éloignées a priori (comme la jonction avec le comité Vérité et justice pour Adama). Partout les hommes en bleu viennent briser les luttes : cheminots, gilets jaunes, soignants, écologistes, collectifs de sans-papiers, etc. Divers mouvements sociaux se découvrent donc une adversité commune : la violence d'un Etat au service du capital et son bras armé, la police.
Les violences policières semblent agir comme un catalyseur de la convergence des luttes, réalisant par le bas ce que les partis de gauche n’ont pas réussi à faire : rapprocher les catégories les plus précaires du prolétariat (travailleurs ubérisés, sans-papiers), le mouvement syndical traditionnel, les nouveaux mouvements écologistes, et les franges basses des classes moyennes précarisées elles aussi, qui tous affrontent une même violence de classe, sous des visages différents : racisme ou xénophobie, antisyndicalisme, mépris de classe, sexisme.
On a vu, sur les Champs-Elysées, des "gilets jaunes" applaudir des black blocs. Pas en décembre, mais en mars. Ça montre une évolution. Ça veut dire qu'ils étaient prêts à discuter de l'utilité ou non d'utiliser la violence comme un geste politique, ce qui n'était pas du tout envisageable au début du mouvement, en novembre 2018. Il y a donc des prémices de convergence. Durant l'occupation du centre commercial Italie 2, où je suis allé début octobre, il y avait vraiment une convergence entre certains "Gilets Jaunes", le comité Adama Traoré, Extinction Rebellion et des anars. Evidemment, la grande crainte, d'un point de vue policier et du pouvoir, c'est la convergence. Et j'ai le sentiment que peu à peu, il y a des points de contact. (David Dufresne)
D’où, peut-être, l’empressement de Christophe Castaner à lâcher du lest dès les premières manifestations s’inspirant du soulèvement américain. Car le contexte social, économique et politique est particulièrement tendu pour un exécutif qui souffre d'une absence totale de légitimité, tout comme son projet néolibéral.
Pourtant, après la crise sanitaire, le capitalisme compte bien reprendre son cours momentanément interrompu, et va chercher à reconstituer ses forces en exigeant du corps social des efforts drastiques. Les autorités anticipent dès lors une résistance sociale. Le débat sur les violences policières tombe mal : il affaiblit la légitimité de la police, sur laquelle se repose un pouvoir fragilisé ; il fédère des luttes, là où l'Etat préfèrerait affronter des colères éparpillées. Le gouvernement a donc intérêt à ne pas laisser la question des violences policières s’installer dans le débat public.
Les grands médias jouent parfaitement le jeu, en niant le problème, ou en en proposant un cadrage faux ou superficiel :
D'abord en effrayant l'opinion publique avec l'idée de collusions secrètes, proches de l'entreprise terroriste, en tout cas participant d'un piège identitaire, tel ce journaliste sur LCI, qui laisse entendre sans rire que le slogan "Black lives matter" est problématique car focalisé sur les noirs (“ce n’est pas toutes les victimes").
Ensuite, en relayant cette rhétorique qui consiste à se débarrasser d'un problème en décrétant qu'il n'existe pas. “Il ne peut y avoir ni racisme, ni violences policières puisque nous sommes en République, et que la République ne tolère ni racisme ni violences.” Les bras nous en tombent face à cet argument de l’universel décrété. Frédéric Lordon confiait déjà son agacement face à un sophisme similaire :
De Lallement, Morvan (ex-DGPN), Jullien (directrice IGPN) à Macron et Philippe (mais sans passer par Castaner dont le grelot ne rend du son qu’agité au Macumba), c’est la même idée obstinée, le même entêtement buté, dernier rempart justificateur à quoi il faut impérativement tout accrocher pour que tout ne sombre pas dans l’indignité pure. « L’État détient le monopole de la violence légitime ». Il s’ensuit 1) que toute autre violence est illégitime et 2) que la violence d’État n’est jamais illégitime — puisqu’elle est légitime. On en est là de la « réflexion »… Alors il ne peut pas y avoir de « violence policière », puisque la police est l’État et que la violence d’État est légitime. Voilà le fond de casserole incrusté, qui sert de pensée à ces individus. On peine pourtant à croire que quiconque puisse voir un argument sérieux dans une pure pétition de principe, démonstration entièrement circulaire qui présuppose ce à quoi elle veut aboutir. (janvier 2020)
Enfin, en se contentant, sur la question des discriminations et du racisme, soit d’une négation des faits (alors que certains ne font plus débat), soit en se limitant à une interprétation seulement morale et individualisée : il y a des policiers racistes, il n’y a pas de problème structurel, pas de climat d'impunité généralisée entretenu par le laxisme de l'institution. Affirmation dont la pertinence se mesure à l’intensité de nos rires (jaunes) lorsqu’un officiel indique que “l’IGPN a été saisie”.
Même si on n’attend pas de médias généralistes qu’ils nous renseignent sur la subtilité des débats universitaires, on est en droit d’attendre qu’ils nous éclairent sur ces nouveaux termes, scientifiques ou militants, qui sont mis en circulation (“racisme systémique”, “racisme institutionnel”, “racisés”, etc.).
On aimerait bien également, concernant les violences policières en général, que les grands médias tordent le cou à cette idée que “les policiers sont plus sanctionnés que les autres fonctionnaires”. En effet si les policiers sont très contrôlés et/ou sanctionnés pour des manquements inaperçus du public (par exemple : irrespect pour la hiérarchie, vols de matériel administratif, mais aussi violences dans la vie privée), ils ne sont que très peu sanctionnés pour les usages abusifs de la force en service (ce qui est le plus perçu par le public). On lira sur ce sujet les travaux du sociologue Cédric Moreau de Bellaing.
Malgré cette complaisance médiatique, il semble que la société française, elle, commence à s'apercevoir qu'il y a un problème avec sa police. C’est aussi ce que suggère la chute de la cote de confiance de la police, sans doute liée aux violences lors du mouvement des Gilets Jaunes. On adhère de moins en moins au discours de l'État, de la police, de la droite et de l'extrême droite cherchant à isoler des segments de la population pour les désigner comme ceux sur qui peut s’exercer légitimement la violence : “casseurs” versus “manifestants pacifiques”, journalistes "militants" versus "vrais" journalistes, “ultra-gauche”, “ultra-jaunes”, etc. (Sur la construction médiatico-policière de l’ennemi intérieur, voir cet entretien avec Mathieu Rigouste.)
Tout se passe comme si l'opinion publique acceptait de moins en moins l'idée que lorsqu'il y a usage abusif de la force policière, ses victimes l’ont forcément, d'une manière ou d'une autre, mérité.
Voir aussi https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?X7YIsA
Clés : Discriminations ; Répression
Treizième épisode de notre module d’actu bi-hebdomadaire, diffusé aussi les vendredis, et on va parler de ce paradoxe. Au sommaire :
- la rue, qui est parvenue à lever de fait l’interdiction des rassemblements publics de plus de dix personnes, en imposant au pouvoir les manifestations antiracistes qui se sont déployées massivement ce week-end dans les grandes villes de France, en écho à un mouvement mondial ;
- la multiplication des signaux rendant impossible la réfutation des violences policières en France, notamment avec la sortie du rapport annuel du Défenseur des droits, Jacques Toubon, et de celui de l’IGPN qui évoque une augmentation importante (+41%) des saisines pour violences volontaires entre 2018 et 2019 ;
- la sortie du silence d’Emmanuel Macron, obligé de communiquer sur les faits récurrents qui éclaboussent sa police ;
- les polémiques qui déchirent une partie de l’opinion sur les réseaux sociaux, quant au regard à porter sur le mouvement “Black lives matter” et ses expressions en France. Mascarade au service “de l’agenda de guerre raciale du milliardaire et spéculateur américain d’origine hongroise, George Soros” ? Opportunité historique d’articuler des combats - la lutte contre le racisme et contre les inégalités - qui, bien posés, sont forcément complémentaires ? Et si les Français, qui ont beaucoup de choses à se dire, se parlaient franchement pour avancer ensemble ?
Connu / https://twitter.com/LeMediaTV/status/1270279470352527361
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Le Média @LeMediaTV · 19h "#BlackLivesMatter est une opportunité historique d’articuler des combats - la lutte contre le racisme et contre les inégalités - qui, bien posés, sont forcément complémentaires."
10 - 87 - 108
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Transcription : ... penser "articulation des luttes" et non pas convergence ++ ...
Rassemblement « Justice pour Adama Traoré », 2 juin, Paris. Photo : Pierre Joigneaux pour L'insoumission
Article rédigé par le groupe thématique « Antiracisme » de La France insoumise.
« Justice pour Adama ! I can’t breathe ! Pas de justice pas de paix ! Justice pour Georges Floyd ! Black Lives Matter ! » Ils et elles étaient des dizaines de milliers à hurler à pleine voix, à tenir bras tendu leurs pancartes, à imposer leurs paroles, leurs visages, leurs mots aux politiques et aux médias français.
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Le problème des violences policières s’est retrouvé aggravé par la période de confinement et la loi d’urgence sanitaire
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Comme le précise l’article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme, la force publique policière est instituée « pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».
Mais comment faire pour que cela change ?
En introduisant le récépissé de contrôle d’identité, en interdisant certaines méthodes d’immobilisation létales comme le plaquage ventral ou le pliage qui sont responsables de la mort par asphyxie, en démilitarisant les équipements des forces de sécurité (interdiction des LBD, des grenades GLI-F4), en limitant le recours aux drones et à la surveillance numérique mais aussi en protégeant les droits des personnes filmant les contrôles policiers, ainsi qu’en formant les policier·es pour déconstruire les préjugés et les habitudes. Sans ces vidéos, les gens n’ont aucun moyen de contester la parole des policier·es sur les circonstances d’une intervention policière. Amal Bentounsi l’a bien compris en créant l’application UVP (Urgence Violences Policières) qui permet de sauvegarder à distance les images filmées par un téléphone portable.
La suppression de l’IGPN (l’inspection générale de la police) s’impose aussi, alors qu’elle représente aujourd’hui un super syndicat de la police qui la couvre systématiquement. L’ONG l’ACAT ou la CEDH (Convention Européenne des Droits de l’Homme) prônent son remplacement par un organisme indépendant de contrôle.
Pour imposer ces changements, il faut poursuivre la dynamique enclenchée par le Comité Adama avec cette mobilisation du 2 juin. « Le peuple est sorti » nous dit Assa Traoré. Soyons encore plus nombreuses et nombreux pour desserrer l’étau de la répression policière et du racisme systémique qui écrase et divise nos luttes.
Le « Je n’arrive plus à respirer » d’Adama Traoré doit raisonner ici comme le « I can’t breathe » de Georges Floyd là-bas. Avec la même force, avec la même rage, avec la même détermination.
Qu’ils reposent en paix ! Let them breathe !
Connu / https://twitter.com/FranceInsoumise/status/1270021459944013824
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La France insoumise @FranceInsoumise · 6h
Face à l’évidence des faits et aux nombreuses condamnations de la France par des instances internationales, les gouvernements et les médias opposent le mur du déni.
Mais comment faire pour que cela change ?
Contribution du groupe thématique Antiracisme. 3 - 26 - 35
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Le gouvernement s’en remet à Facebook, Twitter et Youtube pour faire le ménage sur Internet. Au mépris des fondements de la justice républicaine.
C’est le premier texte adopté par les députés depuis le confinement, hormis les dispositions de l’état d’urgence. La très controversée proposition de loi réprimant les contenus haineux sur Internet, examinée en 3e lecture, est devenue, hier soir une loi.
Ce texte contraint les opérateurs des plateformes en ligne à retirer dans un délai de 24 heures les contenus jugés « manifestement illicites » par une ou plusieurs personnes et signalés comme tels. À défaut, ils encourent une amende pouvant dépasser le million d’euros.
On le devine, faute de pouvoir apprécier dans un délai aussi court si ces contenus sont vraiment illicites, les plateformes vont tout simplement les supprimer.
Le juge est écarté au profit des algorithmes. Toute parole à contre-courant sera préventivement écartée. C’est la liberté d’expression qui est ainsi étouffée.
La loi doit être maintenant examinée par le Conseil constitutionnel. Puis viendront les décrets d’application. Une chose est certaine : ce texte n’empêchera pas les contenus abjects de prospérer sur Internet. En revanche, il sera utilisé pour museler davantage tous ceux qui s’opposent aux dérives du pouvoir. Le jour d’après, c’est comme avant. En pire !
Visible aussi sur https://www.youtube.com/watch?v=jgBQ25RjEzg
Répression
A la veille du premier tour des municipales, trois scientifiques ont été placés en garde à vue après avoir participé à une action où ils alertaient sur le manque de mesures face au changement climatique.
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une action « démasquons Macron » visant à dresser le vrai bilan écologique et social du gouvernement s’est déroulée à proximité de l’Élysée, avec les portraits présidentiels réquisitionnés dans les mairies. Parmi les gardés à vue figuraient l’épidémiologiste Kévin Jean, aux côtés du sociologue Milan Bouchet-Valat et de l’astrophysicien Jérôme Guilet. Tous les trois ont pris la parole en tant que co-initiateurs de l’appel des 1000 scientifiques enjoignant à la désobéissance civile « pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques » face à la crise écologique.
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https://www.bastamag.net/L-etrange-zele-des-forces-de-l-ordre-pour-rechercher-et-interpeller-les
https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/20/l-appel-de-1-000-scientifiques-face-a-la-crise-ecologique-la-rebellion-est-necessaire_6030145_3232.html
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« Étant donné que nos dossiers ont été classés sans suite, qu’ils n’avaient rien à nous reprocher, ces gardes à vue apparaissent comme autant de procédures de dissuasion », poursuit-il. Une forme d’intimidation progressivement écartée lorsqu’il a découvert l’importance de la solidarité et de la mobilisation à la sortie du commissariat. « Les masques contre le coronavirus ne seront pas nos baillons » prévient l’association Sciences citoyennes. A l’aune des mesures de confinement, l’un des enjeux va être le renouvellement des modes d’actions pour les semaines à venir.
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2 Channel avatarAccount avatar Par lemediatv
Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, les forces de l'ordre n'ont de cesse d'utiliser de manière excessive du gaz lacrymogène face aux manifestants. Le gouvernement a même prévu un diffuseur lacrymogène à l'intérieur des vehicules blindés de la gendarmerie. Troublant, quand on sait que les effets de ce gaz sur le corps humains sur le long terme ne sont pas connus. Alors, est-ce dangereux pour la santé ? Et peut-on parler d'arme chimique utilisée contre les gilets jaunes ? Yanis Mhamdi à enquêté pour Le Media.
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Publié originellement le 26 janvier 2019
Catégorie Actualité & Politique
LicenceInconnu LangueInconnu
Étiquettes : armes chimiques ; gaz lacrymogènes ; gilets jaunes ; répression ; violences policières
Durée : 9 min 21 sec