112 pages
Brigades éditoriales de solidarité
... créées au lendemain de l’agression de la Russie poutinienne contre l’Ukraine.
Elles regroupent les éditions Syllepse (Paris), Page 2 (Lausanne), M Éditeur (Montréal), Spartacus (Paris) et Massari (Italie), les revues New Politics (New York), Les Utopiques (Paris) et ContreTemps (Paris), les sites À l’encontre (Lausanne), Europe solidaire sans frontières (Paris), Trasversales (Madrid) et Presse-toi à gauche (Québec), les blogs Entre les lignes entre les mots (Paris) et Utopia Rossa, ainsi que le Centre Tricontinental (Louvain-la-Neuve) et le Réseau syndical international de
solidarité et de luttes.
Table des matières
Ne pas rater le rendez-vous de l’Histoire
GIN VOLA
5
Un appareil de vision nocturne pour la brigade d’Ivanka, soldate féministe
MARIANA SANCHEZ
7
PAROLES D’UKRAINE
Sashko, artiste-militante ukrainienne
ENTRETIEN AVEC SASHKO
11
Vers le transport public gratuit en Ukraine ?
DENYS GORBACH ET SIMON PIRANI
17
La situation du personnel soignant reste difficile
OKSANA SLOBODIANA
26
La langue comme arme de guerre
OLEKSANDR KYSELOV
29
Les soldats de l’ancien 219e bataillon prennent la parole
APPEL
34
Infirmières : encore sur le contrôle
LARISSA PRINDILAS
38
LA BATAILLE DU RAIL
Rencontre avec deux syndicats de cheminots
Entretien avec Vyatcheslav Grigorievitch
Une action de solidarité concrète
CHRISTIAN MAHIEUX
40
« Comment nous vivons, comment nous travaillons, comment nous combattons ! »
PHILIPPE B.
46
La bataille du rail en Russie et dans les territoires occupés
CORRESPONDANCE
51
PENDANT LA GUERRE LA LUTTE CONTINUE
Chronique des événements courants
CORRESPONDANTS
55
PRISES DE POSITION
Info et contre-info, mobilisations, culture, liens internationaux : on continue !
ROBI MORDER
60
Aux côtés de l’Ukraine et de ses travailleurs
BEV LAIDLAW
61
ÉCLAIRAGES
L’Ukraine comme « berceau » civilisationnel russe
HANNA PEREKHODA
65
FRAGMENTS D’HISTOIRE
1954 : révolte ukrainienne au Goulag
PATRICK LE TRÉHONDAT
69
Babi Yar : un chant poignant sauvé de l’abîme
LAURENT VOGEL
75
Le massacre de Sandarmorkh et la « Renaissance fusillée »
SOPHIE BOUCHET-PETERSEN
93
BOÎTE ALERTE
En défense de l’Ukraine
EDWY PLENEL
108
...
Réquisitoire contre l’alignement sous toutes ses formes, cet essai plaide pour des solidarités internationalistes qui ne soient l’otage d’aucun camp. Être solidaire sans conditions ni réserves
de la résistance du peuple ukrainien à l’invasion russe n’empêche pas de combattre les désastres dont sont responsables les puissances qui soutiennent militairement l’Ukraine, les États-Unis au premier chef. Mais jamais ces désastres ne sauraient justifier que l’on abandonne aujourd’hui le peuple ukrainien au joug de la Russie poutinienne comme l’on a abandonné le peuple syrien sous la botte de la dictature des Assad.
L’internationalisme est l’apprentissage d’une politique sensible qui, loin des idéologies froides et des raisons étatiques, fait vivre en pratique le précepte de Terence, dont Marx, cofondateur de la 1re Internationale, disait que c’était sa maxime préférée : « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » [Homo sum ; humani nihil a me alienum puto]. Oui rien. Ni le peuple palestinien auquel Israël dénie toujours le droit à vivre souverainement. Ni le peuple ouïghour victime de crimes contre l’humanité commis par la Chine. Ni le peuple ukrainien… Etc. Il s’agit en somme de tenir tous les bouts.
Ce fut l’enseignement de ce moment dreyfusiste du communisme que fut l’Opposition de gauche au stalinisme, autour de Léon Trotsky et de son Odyssée alors qu’il était minuit dans le siècle précédent, face au fascisme et au nazisme dont l’avènement fut précipité par le stalinisme, son aveuglement et ses crimes. Passant outre ses caricatures et ses sectarismes L’épreuve et la contre-épreuve veut en réhabiliter l’héritage à l’attention des nouvelles générations, en rappelant combien ce combat à contre-courant a sauvé des principes dans le désastre, porteurs à la fois de radicalité démocratique et de solidarité internationaliste.
...
plus le camp de l’émancipation déserte l’internationalisme, plus il laisse la voie libre à son ennemi de toujours, le camp de l’inégalité et de l’identité, sous l’alibi du national et de l’impérial.
Car il n’y aura pas de combat vainqueur contre l’extrême droite ici sans victoire là-bas contre la puissance qui porte l’étendard de ces néofascismes, la Russie de Vladimir Poutine. Il n’y aura pas de libération du peuple russe de l’oppression qu’il subit sans défaite de l’impérialisme poutinien. Il n’y aura pas d’avènement d’un monde meilleur, délivré des haines et des guerres, sans expérience humaine, concrète et pratique, des solidarités élémentaires avec les hommes, les femmes et les enfants qui en sont, aujourd’hui, les victimes.
...
Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui arrêteront les blindés russes qui déferlent sur l’Ukraine.
...
C’est la résistance populaire ukrainienne multiforme, les grains de sable que les démocrates de Russie et du Bélarus glisseront dans la machine de guerre russe et l’opinion publique mondiale qui arrêteront les chars de Vladimir Poutine.
Mais dans cette bataille pour l’indépendance et la liberté ukrainiennes, rappelons-nous le pouvoir des samizdats et l’effet corrosif qu’ils avaient eu sur la dictature stalinienne.
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Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?SvuEpw