Décryptage
Le fabricant de combustibles nucléaires accélère le projet « Aval du futur » sur le terrain et avec EDF, son principal financeur et client. Les futures installations de La Hague pourraient coûter entre 40 et 50 milliards d'euros.
Les nouvelles installations du cycle du combustible d'Orano seront construites sur le site de La Hague, dans le Cotentin. (Photo LOU BENOIST/AFP)
Mis à jour le 20 févr. 2026 à 16:12
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La relance du nucléaire en France ne passe pas seulement par les futurs réacteurs EPR2 d'EDF. La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) publiée la semaine dernière prévoit aussi le « renouvellement » des installations de recyclage du combustible nucléaire utilisé dans les centrales d'EDF. Ce programme, baptisé « Aval du futur », pourrait coûter entre 40 et 50 milliards d'euros.
Face à la saturation des équipements historiques du site de La Hague (Manche), des piscines d'entreposage d'uranium usé et un centre de stockage de plutonium supplémentaire sont attendus à partir de 2038-2040 sur le site normand d'Orano. Suivront de nouvelles usines de combustible MOX et de retraitement du combustible usagé.
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La CRIIRAD alerte : EDF veut recycler des déchets nucléaires métalliques et les revendre à qui voudra. C’est le projet Technocentre (Fessenheim, Grand Est). Une première en France, où il était exclu de réutiliser des déchets nucléaires dans le domaine public. La dissémination irréversible de radioactivité dans notre environnement et dans les biens de consommation doit absolument être évitée.
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Aucune radioactivité ne doit être ajoutée dans les produits destinés au public. Les rejets courants de l’industrie nucléaire dans notre environnement sont déjà suffisamment contaminants.
1 - Rapport IRSN 2024-00203 : Synthèse des connaissances actuelles sur les risques sanitaires des faibles doses de rayonnements ionisants, mars 2024 ↩︎
2 -Compte-rendu de la 83ème réunion du GT PNGMDR, 17 juin 2024, pages 3 ↩︎
3 - Une substance valorisable n’est pas officiellement un « déchet » mais nous faisons le choix de conserver ce terme car avant le changement de réglementation en 2022, ces composants métalliques étaient bien des déchets. ↩︎
4 - Avis ASN 2016-AV-0282 du 13 décembre 2016 et 2020-AV-0356 du 30 juin 2020 ↩︎
5 - Décrets 2022-174 et 2022-175 du 14 février 2022 relatifs à la mise en œuvre d’opérations de valorisation de substances faiblement radioactives et aux substances éligibles à ces opérations ↩︎
6 - Compte-rendu de la 83ème réunion du GT PNGMDR, 17 juin 2024, page 6 ↩︎
Mots-clés déchets radioactifs ; démantelement ; Faibles doses; Pétition ; Technocentre
a indiqué dans une interview à la Tribune Dimanche la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, à quelques semaines de la présentation du projet de loi relatif à la souveraineté énergétique.
Depuis le discours de Belfort de février 2022, dans lequel Emmanuel Macron avait acté la relance du nucléaire, le gouvernement porte un programme de six nouveaux réacteurs EPR et huit en option. Le chef de l'Etat avait déjà ouvert la porte en décembre à une annonce sur ces huit réacteurs supplémentaires "dans les prochains mois".
La ministre enfonce ainsi le clou, près d'un mois après cette sortie: "Il faut du nucléaire au-delà des six premiers EPR puisque le parc historique ne sera pas éternel", a-t-elle déclaré à l'hebdomadaire, selon lequel le texte qui sera présenté en Conseil des ministres acte ces huit réacteurs mais ne donne pas d'objectifs précis de développement des énergies renouvelables d'ici à 2030.
La rédaction du texte "reste neutre technologiquement", a assuré Mme Pannier-Runacher, selon qui, pour faire passer en France de plus de 60% à 40% en 2035 la part des énergies fossiles dans le mix énergétique, "il s'agit d'engager, après 2026, +des constructions supplémentaires représentant 13 gigawatts+".
... "rompt avec la précédente loi de programmation, qui réduisait à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique d'ici à 2025"
... deux volet consacrés à la "régulation des prix" et à la "protection des consommateurs", qui prévoient notamment l'obligation pour les fournisseurs de "transmettre un échéancier mensuel et une estimation annuelle à chaque changement de contrat", ainsi que des sanctions plus rapides pour "les fournisseurs voyous".
Par ailleurs, la ministre a indiqué que la question des infrastructures de recyclage des combustibles nucléaires serait au menu du prochain Conseil de politique nucléaire (CPN), prévu en janvier, n'excluant pas de "construire de nouvelles capacités".
Connu / http://phplist.amisdelaterremp.fr/lists/?m=16862&uid=5b2727fbbd0a8039239380e41efb8d71&p=view&pi=ViewBrowserPlugin
Connu / TG le 07/01/24 à 14:28