Le vrai ou faux La cellule Vrai ou faux, Armêl Balogog Du lundi au vendredi à 7h25, 11h25
Marion Maréchal, alliée du Rassemblement national, a affirmé que "la violence d'extrême droite dans notre pays n'existe pas", quelques jours après la mort du jeune identitaire Quentin Deranque à Lyon.
Article rédigé par Armêl Balogog Radio France - Publié le 20/02/2026 10:33
Un membre du GUD (Groupe Union Défense), groupe politique étudiant d'extrême droite français qui a été dissous en 2024, lors d'un rassemblement, à Paris, le 8 mai 2011. (JACQUES DEMARTHON: AFP)
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Les déclarations de Marion Maréchal sont totalement fausses, comme le Vrai ou Faux avait déjà pu l'expliquer en 2023. C'est même une réécriture de la réalité. L'ultradroite est toujours l'une des principales menaces terroristes en France, en "activité constante", selon une note du Centre de recherche de la gendarmerie nationale sur le panorama des mouvances radicales en France en 2025(Nouvelle fenêtre). La mouvance jihadiste est toujours la "menace terroriste principale en France", selon le CRGN, mais elle est suivie par les menaces d'ultradroite
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"dix projets" d'attentats de l'ultradroite avaient été "déjoués" ces dernières années. À titre de comparaison, l'ultragauche n'a commis aucun attentat ces dernières années et un seul attentat déjoué peut lui être imputé, selon les données du ministère de l'Intérieur – rapportées par le Vrai ou Faux en 2023 – complétées par les données plus récentes d'Europol(Nouvelle fenêtre).
D'ailleurs, dans son dernier rapport sur l'état de la menace terroriste en Europe portant sur l'année 2024 et qui s'appuie sur des informations envoyées par les pays membres, Europol ne rapporte aucune interpellation de membres de l'ultragauche pour des motifs terroristes les trois dernières années observées. Onze avaient été recensées en 2020 et 3 en 2021. Au contraire, 69 membres de l'ultradroite ont été interpellés dans le cadre d'enquêtes antiterroristes sur la même période, entre 2019 et 2024 : 7 en 2019, 5 en 2020, 29 en 2021, 16 en 2022, 4 en 2023 et 8 en 2024.
Des militants d'ultradroite davantage prêts à passer à l'acte
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paradoxe à souligner néanmoins. Selon les informations du service police-justice de franceinfo, les renseignements suivent jusqu'à deux fois plus de militants d'ultragauche que de militants d'ultradroite (2 000 à 3 000 pour les uns, contre 1 500 pour les autres). Néanmoins, les militants d'ultragauche ne sont pas tous prêts à passer à l'acte, alors que les militants d'ultradroite le sont, ils sont aussi plus violents et plus armés.
D'ailleurs, l'ultradroite s'en prend principalement aux personnes, aux immigrés, aux militants de gauche, faisant des morts et des blessés, alors que l'ultragauche, elle, s'en prend principalement aux biens matériels, notamment pendant des manifestations
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Les seules violences physiques de l'ultragauche ciblent l'ultradroite, alors que l'inverse n'est pas vrai.
Six morts imputées à l'extrême droite depuis 2022
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En réduisant le champ aux faits réalisés par des personnes se revendiquant nationalistes, identitaires ou d'extrême droite, et dont le discernement n'était pas aboli au moment des faits, la chercheuse Isabelle Sommier, spécialiste des mouvements sociaux et de la violence politique et professeure de sociologie politique à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, explique à franceinfo que six meurtres peuvent être imputés à l'extrême droite depuis 2022 : ceux de Federico Martin Aramburu, des trois militants kurdes, d'Éric Casado-Lopez et d'Hichem Miraoui.
En comparaison, l'ultragauche n'est soupçonnée que d'une seule mort ces quatre dernières années, celle de Quentin Deranque.
L'extrême droite a tué 10 fois plus que l'extrême gauche en 40 ans
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ajouter à cela toutes les attaques qui ont fait des blessés sans tuer personne et tous les projets d'attaques qui ont été déjoués. "Les agressions politiques sont pour plus de 60% le fait de la droite radicale et ont connu une progression considérable en moins de dix ans. Alors qu’elles représentaient un quart des violences de l’'ultradroite' avant 2017, elles en constituent aujourd’hui plus de la moitié", analyse encore la chercheuse qui note une recrudescence de la violence politique de la droite radicale depuis la candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle de 2022.
"Cette montée des agressions à visée idéologique est également notable, mais dans une moindre proportion, de la part de la gauche radicale, responsable de 25 % d’entre elles entre 2017 et 2026", compare Isabelle Sommier avant de conclure : "Cette évolution est globalement inquiétante et n’augure rien de bon pour la campagne présidentielle à venir."
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