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Après sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle 2027, #JeanLucMélenchon a consacré sa première conférence de presse à la présentation du projet élaboré par #LFI pour un redécoupage du territoire français en #écorégions. Le principe directeur de cette nouvelle géographie administrative est en rupture avec les logiques de gouvernement actuelles : il s'agit de la transition écologique. Pour en parler, #JulienThéry reçoit #ClaireLejeune, co-responsable du département de la planification écologique à l'Institut La Boétie et députée LFI de l'Essonne.
Pour une République écologique, JLM propose de remplacer les régions actuelles par 13 éco-régions.
La question de la planification écologique, explique Claire Lejeune, a été totalement négligée par les gouvernements successifs au cours des dernières décennies, malgré toutes les prévisions des experts sur les effets du changement climatique. L’impréparation manifeste d'Emmanuel Macron et de ses ministres face aux méga-feux de Gironde en donne un exemple frappant parmi d'autres. Les dirigeants actuels ont la ferme intention de maintenir coûte que coûte (pour les populations) les vieilles orientations politiques exclusivement tournées vers la croissance économique en termes de PIB et de bénéfices des investisseurs. Cette logique très éloignée de l'intérêt du plus grand nombre et désormais clairement suicidaire présidait au découpage régional qui fut institué en France dans les années 1950 et reconduit jusqu'à la réforme Hollande entrée en vigueur en 2016, cette dernière visant seulement à réaliser des économies (ce qu'elle a échoué à faire) en faisant passer le nombre des régions de 22 à 15.
L’idée de refondre le découpage régional de l’administration française pour créer des éco-régions correspond à une philosophie du rapport à l’environnement. Tradition du bio-régionalisme, née aux États-Unis dans les années 1970 dans les milieux écologistes radicaux.
Idée d’un découpage non pas surimposé dans une logique de domination politique du centre sur l’ensemble du territoire, conçu au fond comme une périphéries dominée, une province, mais conditionné par les conditions naturelles, le cadre de vie. Cela va jusqu’à remettre en cause le cadre national, auquel on substitue des éco-nations.
Remise en cause de la logique productiviste, extractiviste, fonctionnaliste.
Cela peut aller avec l’idée d’autarcie. Problème aussi du rapport à l’immigration. Cela peut être un projet réactionnaire centré sur une idée de l’enracinement identitaire.
Élément central : la prise en compte des bassins versants, id est des ensembles délimités par les lignes de partage des eaux, draînés par un réseau de cours d’eau organisé autour d’un fleuve principal. Au départ, la question de la gestion des ressources naturelles, et d’abord de l’eau. Les « Agences de l’eau » françaises, anciennes « agences de bassin » sont réparties selon ce critère régional. Donc la nouvelle organisation régionale serait structurée par une donnée naturelle essentielle, le bassin-versant et non plus par la polarisation autour d’une « métropole d’équilibre » comme c’était l’idée depuis la création des régions françaises sous De Gaulle à la grande époque de l’aménagement du territoire. En 2016, la refonte des régions avec leur agrandissement avait diminué la polarisation autour d’une métropole historique.
Donc rupture avec les logiques métropolitaines d’organisation du territoire autour d’un centre urbain polarisant ? La logique régionale était jusqu’ici celle de bassins économiques (métaphore du bassin) et non bassin-versants (bassin hyrdrique littéral). Au principe directeur économique se substitue un principe biorégional écologique. Ceci avec pour objectif la transition écologique.
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Publié originellement 02/08/2026
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Partage des ressources
À l’heure des sécheresses et des pollutions, les pénuries d’eau constituent une menace de plus en plus aiguë. Face à l’accaparement néolibéral et à la gestion autoritaire de cette ressource critique, le collectif Hydromondes, qui mène des enquêtes populaires sur les enjeux de l’eau à travers la France, imagine une alternative radicale : la démocratie directe de l’eau. Cet horizon passerait par la mise en œuvre de biorégions, concept invitant à délimiter les territoires selon leur réalité écologique, qui formeraient l’unité institutionnelle permettant une réappropriation collective des enjeux de l’eau.
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une biorégion est un morceau de la biosphère dont les limites ne sont pas définies par des frontières administratives (département, région, État…), mais par des limites géographiques et biologiques. Son périmètre est défini par les humains qui l’habitent – de façon autodéterminée et dans une volonté de prendre soin de ce milieu de vie commun. Une biorégion est donc l’alliage, sur un territoire donné, entre une communauté habitante humaine et une communauté biotique plus-qu’humaine. Elle doit être à la fois assez grande pour maintenir l’intégrité des espèces qui y vivent et des cycles qui s’y déploient (nutriments, migrations, cycles de l’eau) ; et assez petite pour que ses habitant·es la considèrent comme leur chez-eux 1.
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les deux milliards d’êtres humains qui vivent encore dans des communautés autochtones ou des sociétés paysannes 2 habitent déjà en grande partie au sein de telles biorégions – ou, en tout cas, ils et elles en sont bien plus proches que les six autres milliards qui sont enserrés dans l’urbanisation galopante du monde et ses chaînes d’approvisionnement néolibérales. Depuis la France hexagonale, c’est indéniable : l’ampleur du chantier est énorme. Pour autant, ce renversement de perspective est au cœur des pensées de l’écologie (dans leur grande diversité) depuis plus d’un siècle 3. Et, en cela, l’idée de biorégion apparaît comme l’une des approches les plus stimulantes, les plus ouvertes et les plus complètes pour mettre en œuvre de façon concrète, pratique et confédérale une réelle justice écologique et sociale.
Pas de biorégion sans réhabitant·es
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un mode de vie plus local, plus lent et qui fasse sens 5. Ces germes réhabitants restent marginaux (car l’organisation sociale majoritaire enferme une grande partie d’entre nous dans un monde de supermarchés, de voitures, d’énergies fossiles illimitées, de médias financiarisés et d’imaginaire de propriété privée absolue dont il est ardu de s’extirper et de s’émanciper). Mais c’est depuis ces marges grandissantes que l’idée de biorégion prend un sens concret et populaire. Et c’est donc dans ce sens-là qu’il s’agit d’essayer de lui donner corps ici et maintenant.
Les petites rivières font les grands fleuves
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bassins-versants
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Il semble ainsi manquer aujourd’hui deux choses principales à nos politiques de l’eau : une équité réelle (de la justice à la fois écologique et sociale qui parte des réalités des habitant·es) et de l’adaptabilité (à la fois aux particularités locales et à la modification en cours des cycles de l’eau)
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Neuf principes sous-tendent la démocratie de l’eau :
- L’eau est un don de la nature ;
- L’eau est essentielle à la vie ;
- L’eau relie toutes les formes de vie ;
- L’eau nécessaire à la survie doit être gratuite ;
- L’eau est une ressource limitée et épuisable ;
- L’eau doit être préservée ;
- L’eau est un commun ;
- Personne n’a droit à un “ permis de détruire ” ;
- Rien ne remplace l’eau. » 8
Reconsidérer l’ensemble de nos institutions de l’eau à l’aune de ces neuf principes
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Pour résumer : remettre l’eau au cœur de la fabrique du quotidien, lui redonner sa valeur première (celle d’être à la fois non marchande et d’être notre plus grande richesse), s’éduquer ensemble à la compréhension et au soin des bassins-versants et des cycles de l’eau qu’ils soutiennent… Tout cela en vue d’inventer de nouvelles façons de faire société qui permettent de continuer à bien vivre en des temps de plus en plus bouleversés. •
Renvois :
1 Voir Mathias Rollot et Marin Schaffner, Qu’est-ce qu’une biorégion ?, Wildproject, 2021.
2 Ces 25 % d’êtres humains qu’on s’évertue à faire disparaître, en même temps que leurs milieux de vie, depuis les débuts de l’ère coloniale et plus encore depuis l’ère industrielle – la Sixième extinction des espèces étant tout en même temps une extinction de la diversité des cultures humaines.
3 Voir Les Pensées de l’écologie : un manuel de poche, éds. Baptiste Lanaspeze et Marin Schaffner, Wildproject, 2022.
4 Peter Berg et Raymond Dasmann, « Réhabiter la Californie », EcoRev’, n°47, 2019, p.73-84.
5 Et probablement même une part de plus en plus grande de la population mondiale – à ce sujet, voir notamment Plurivers, un dictionnaire du post-développement, Wildproject, 2022.
6 À ce sujet, voir Les Veines de la Terre : une anthologie des bassins-versants, éds. Marin Schaffner, Mathias Rollot et François Guerroué, Wildproject, 2021.
7 Gary Snyder, Le Sens des lieux, Wildproject, 2018.
8 Vandana Shiva, La Guerre de l’eau : Privation, pollution et profit, Parangon, 2003.
9 Comme nous invitent à le faire nombre de communautés autochtones et paysannes partout sur la planète, souvent dans le sillage de collectifs de femmes en lutte. Invoquons notamment le slogan de la lutte contre le Dakota Pipeline Access : « We are here to protect water ».
10 Au-delà du Larzac ou de Notre-Dame-des-Landes qui sont des exemples bien connus, de nombreuses luttes populaires pour l’eau ont eu lieu en France depuis les années 1980. On pourra citer, entre autres : les habitant·es de la région de Sivens dans le Tarn (contre un barrage pour l’irrigation agricole) ; Eaux et rivières de Bretagne (pour le retour du saumon et contre l’agro-industrie, notamment les algues vertes) ; le Comité Loire vivante (contre l’aménagement bétonnier du bassin de la Loire) ; ou encore la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (contre le canal Rhin-Rhône et le barrage de Loyettes au Bugey, sur le Rhône).
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Connu / TG le 25/01/24 à 8:48