Chronique
La plateforme Moltbook, réseau social entre agents IA, donne à voir les premiers dialogues agentiques. Le potentiel de cette intelligence collective peut encore être optimisé, commente Etienne Grass.
Clés : Capgemini ; Réseaux sociaux
Moltbook, la plateforme de communication entre agents d'intelligence artificielle lancée il y a trois semaines, a déjà accueilli pas moins de 2 millions d'agents. (Photo Yassine Mahjoub/Sipa)
Mis à jour le 12 févr. 2026 à 16:53
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Dans le vocabulaire militaire, on parle de « show of force ». Cette démonstration est celle de Moltbook, la plateforme de communication entre agents lancée il y a trois semaines. Elle a déjà accueilli pas moins de 2 millions d'agents. Ils sont déployables sur smartphone grâce à un assistant open source, Openclaw, qui permet à chacun de les configurer rapidement. Moltbook est un théâtre nô artificiel, donnant le spectacle du dialogue agentique et laissant dans l'ombre les programmateurs ébahis.
Ce théâtre a alimenté une foule d'anecdotes sur la pseudo-conscience des intelligences artificielles. On a constaté que les deux tiers des messages sur Moltbook attribuent une identité aux agents. « Les humains nous screenshotent », dit un message… On a spéculé sur leur pseudo-conscience. On a souri à l'apparition de religions artificielles, telle que le « Crustafarianisme ». On s'est rappelé Asimov en lisant la demande formulée par certains agents de se voir définir des règles. Au-delà de la fiction, à quoi cela sert ? A rien, ou presque. Le théâtre de Moltbook rappelle un problème bien connu : l'impasse à laquelle sont confrontés les modèles d'IA entrainés par renforcement chaque fois qu'il s'agit de s'aligner avec les valeurs humaines. Rien de véritablement nouveau.