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Sujet : [france] Jeffrey Sachs : le projet du Grand Israël s’effondre
Date : Sat, 4 Jul 2026 10:04:16 -0400
De : Philippe Derudder
Dans cette interview, Jeffrey Sachs, professeur grand critique de la politique américaine, explique ce qu'est le projet du "grand Israël" , en quoi il est le motif principal aux guerres infinies menées par Israël et pourquoi, selon lui, ce projet n'a plus d'avenir par le fait que les États Unis, poussés pas l'opinion publique et celle de nombres juifs eux-mêmes, ne le soutiennent plus.
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PORCHER DÉMONTE LES ARGUMENTS DE MACRON (ESSENCE, IRAN, CHOMAGE)
Publié Il y a 2 heures • 10 vues
Emmanuel Macron a profité d’une interview sur France 2, au retour du G7, pour défendre son action sur les grands dossiers internationaux et économiques. Il s’est d’abord félicité de l’accord engagé entre les États-Unis et l’Iran. Malgré des débuts chaotiques – cessez-le-feu violé par Israël au Moyen-Orient, tensions autour du détroit d’Ormuz et menaces de Donald Trump –, les négociations semblent progresser. Le président y voit une perspective de stabilisation susceptible de réduire les tensions sur les marchés de l’énergie et, à terme, d’alléger la facture des carburants.
Mais cette baisse éventuelle dépend aussi de choix politiques internes : taxation des superprofits, blocage des prix... Emmanuel Macron ne peut pointer uniquement la conjoncture, précisent Thomas Porcher et Lisa Lap.
Concernant les États-Unis, confrontés aux menaces douanières de Trump, il privilégie le dialogue plutôt que l’affrontement, à rebours de Jean-Luc Mélenchon qui appelle à réduire la dépendance française à Washington. Reste la question : peut-on réellement se passer de la première puissance économique mondiale ? Thomas Porcher dépeint une relation d’interdépendances complexe.
Sur le plan intérieur, Emmanuel Macron a tenté de défendre son bilan. Il affirme que le chômage a davantage reculé qu’ailleurs en Europe et met en avant la réindustrialisation. Deux données que l’économiste et Lisa Lap débunke.
Enfin, Emmanuel Macron en a profité pour remettre un coup sur le modèle social, et souhaite continuer à le détricoter.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !
Visibilité Publique Publié originellement 22/06/2026
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Publié Il y a 1 semaine • 51 vues
Le 9e sommet « Choose France » s'est tenu au château de Versailles, réunissant 200 PDG du monde entier sous l'œil satisfait d'Emmanuel Macron. Le bilan affiché est séduisant : 71 projets, 93 milliards d'euros d'investissements annoncés et 15 000 emplois directs dans les secteurs des data centers, de l'énergie ou de la finance. Le japonais SoftBank promet à lui seul 75 milliards pour les infrastructures liées à l'intelligence artificielle.
Pourtant, ces chiffres masquent une réalité plus nuancée. Le solde net entre ouvertures et fermetures d'usines reste fragile : en 2025, 103 nouveaux sites ont ouvert, mais 160 ont fermé. La question des « aides publiques aux entreprises » accordées aux investisseurs étrangers — parfois sans contreparties durables — alimente un débat persistant sur l'efficacité réelle de cette attractivité.
Nous avons pu poser la question au Ministre de l’Économie Roland Lescure.
Le gouvernement défend son « choc de l’offre » : baisse de la fiscalité, détricotage du code du travail, « simplification »… et surtout : l'union des marchés de capitaux européens.
Une politique qui porte ses fruits « mais pour les grandes entreprises » indiquent Thomas Porcher. 10 ans plus tard : pas de réindustrialisation, le taux de chômage réaugmente, le déficit cher au gouvernement n’est pas résorbé, la croissance stagne…
La réindustrialisation française se joue peut-être moins dans les salons versaillais que dans la capacité à bâtir une vraie planification.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !
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Publié originellement 08/06/2026
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Publié Il y a 7 jours • 2,1K vues
Pour Blast, Manon Lefebvre, secrétaire nationale au Syndicat de la magistrature, revient sur "l'affaire Lyhanna". Au-delà des communications politiciennes en série, notamment du ministre en place, Gérald Darmanin, ce meurtre révèle l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve la justice, et avec elle tous les services publics. Une faillite généralisée accablante, résultat direct des politiques publiques macronistes.
Journaliste : Maxime Cochelin
#justice #lyhanna #crime
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1 Comment
- Lien Rag lienrag@mastodon.tedomum.net
Il y a 15 heures
euh la phrase finale elle est pas carrément problématique ? "On a tous classé sans suite des procédures où on savait qu'un enfant nous décrivait quelque chose qui avait eu lieu (...) mais on nous impulsait pas l'idée qu'il fallait aller au-delà de ces simples auditions".
Y'a besoin qu'on vous dise qu'il faut sanctionner pénalement les viols d'enfants ? Vous êtes pas juges, à la base ? C'est pas un peu votre métier ?
Entretien Economie Politiques publiques Société
Crise énergétique et géopolitique, méthode de gouvernement, relance écologique et sociale, réindustrialisation, imposition, dette publique… A un an de la présidentielle, le candidat insoumis précise son programme.
Juliette Le Chevallier, Matthieu Jublin, Eva Moysan, le 6 juin 2026
15 min
© © Stéphane Oiry
Entretien avec Jean-Luc Mélenchon, Fondateur de la France insoumise et candidat à l'élection présidentielle 2027
A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.
Olivier Faure, Clémentine Autain, Fabien Roussel, François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon ont déjà accepté de se prêter au jeu, et c’est le fondateur de la France insoumise qui ouvre la série.
Celui qui est candidat à la présidentielle pour la quatrième fois revient sur les grands axes de son programme : blocage des prix, révolution fiscale, accords avec la Chine, politique de défense, relocalisation industrielle, bifurcation écologique… Face à la hausse des inégalités, aux tensions géopolitiques et au dérèglement climatique, le leader insoumis détaille sa vision alternative de l’économie, du rôle de l’Etat et des politiques écologiques.
En réaction à la hausse des prix des hydrocarbures liée au blocage du détroit d’Ormuz, vous demandez le blocage des prix des carburants. Cela n’envoie-t-il pas un signal contradictoire avec votre volonté de décarboner l’économie, en découplant le prix du carburant qui est payé à la pompe du coût réel des énergies fossiles ?
Jean-Luc Mélenchon : D’abord il y a l’urgence sociale : permettre aux gens de se déplacer. Aujourd’hui, l’aménagement de nos territoires oblige tout le monde à prendre sa voiture. Et les salaires stagnent depuis trente ans à cause d’un rapport de force désastreux. Alors oui, le blocage des prix est possible avec un article du Code du commerce, et cela a déjà fonctionné. Il faut aussi augmenter les salaires. On pourrait même, à titre provisoire, appliquer une indexation automatique de tous les salaires sur la hausse des prix.
Ensuite, il faut viser la sortie de la civilisation du pétrole : continuer de consommer du carburant ne fait qu’amplifier les dégâts environnementaux. En tout cas, on ne peut rester sans rien faire ou ne prendre que des mesures type « chèque énergie » !
Une troisième mesure, essentielle pour financer, est la taxation des superprofits. Quand il y a des superprofits, il doit y avoir des supers impôts. Cela doit permettre d’investir pour sortir des situations anti-écologiques héritées du passé.
Pourquoi un blocage des prix, dont profiteront aussi les plus riches qui dépensent plus en carburant, plutôt que des aides directes ciblées sur les plus précaires ?
J-L. M. : Au nom d’un principe vieux comme la gauche : pour qu’une prestation soit acceptée, il faut qu’elle soit universelle. Sous couvert d’égalitarisme, la conditionnalité crée une inégalité de plus : les plus précaires doivent demander et les riches se servent. On l’a vu avec le débat sur l’universalité des allocations familiales. C’est aussi une question de dignité des milieux populaires.
La taxation des superprofits et la taxe Zucman sont au cœur de l’actualité depuis quelques mois, mais les besoins de financement de votre programme sont largement supérieurs à ce que rapporteraient ces deux taxes. Combien de recettes attendez-vous de votre révolution fiscale ?
J-L. M. : Nous sommes en train de mettre à jour notre programme afin de présenter nos chiffres actualisés [le contre-budget présenté par LFI pour 2026 affichait 183,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires, NDLR]. Il y a deux principes. D’abord, répartir la charge entre les ménages. Jusqu’à 4 000 euros de revenus nets par mois, vous paierez moins d’impôts, et au-delà, vous paierez progressivement plus.
Ensuite, il s’agit de transférer la charge sur les revenus du capital, compte tenu de la progression vertigineuse de l’accumulation du capital en France. Nous sommes devenus l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe.
Peut-on vraiment espérer des recettes de votre proposition de réforme de l’impôt sur le revenu, sachant qu’une taxation marginale cumulée des revenus supérieure à 66 % a été jugée inconstitutionnelle ?
J-L. M. : Le changement constitutionnel est le cœur de notre conception de la transformation de la société : la révolution citoyenne. Nous le ferons dans le respect du cadre prévu par la Constitution aussi longtemps que nous serons sous la Ve République. La Constitution nous donne des moyens d’autorité considérables. Et si nous sommes bloqués, le peuple tranchera dans un référendum citoyen.
Une partie de vos recettes fiscales devra donc attendre une modification de la Constitution ?
J-L. M. : Non. L’imagination reste libre. Nous nous y prendrons autrement dans l’intervalle. Ne vous inquiétez pas, nous irons vite sans jamais rien faire en dehors des méthodes démocratiques. Les autres forces politiques ont peur de l’intervention démocratique populaire, pas nous. Je n’ai pas peur d’un débat sur les impôts.
Vous prônez une politique de bifurcation avec une relance écologique et sociale. Pour que cela fonctionne, certains secteurs vont bénéficier de la relance, mais d’autres vont nécessairement devoir décliner. Qui seront ces perdants et comment allez-vous faire lorsqu’ils résisteront ?
J-L. M. : En démocratie, il faut respecter la loi tant qu’elle n’est pas changée. Nous convaincrons. La bifurcation écologique n’est plus une affaire idéologique : le changement climatique et la sixième extinction des espèces ont commencé et sont irréversibles. Nous devons donc organiser la résistance de la société aux destructions causées par le dérèglement climatique. Tout le monde y gagnera : quand l’air est plus respirable, chacun en profite.
A court terme, il y aura quand même des perdants : des travailleurs d’industries qui vont être affectés par les politiques de décarbonation…
J-L. M. : Les travailleurs du secteur pétrolier, le pétrole n’est pas la cause de leur vie ! Nous leur assurerons une garantie de requalification, de formation et de revenus. Par exemple, nous allons avoir besoin de milliers de personnes pour installer des panneaux solaires, que nous importerons, notamment de Chine.
Ne faut-il pas plutôt relocaliser leur production en France ?
J-L. M. : Non. Il faut viser le saut technologique. En attendant, nous avons besoin de développer les énergies renouvelables dès maintenant, et nous ne pouvons pas attendre d’investir des milliards pour fabriquer des usines de panneaux solaires. Je préfère donner du travail à des milliers de personnes pour poser des panneaux chinois plutôt que d’attendre de disposer d’une industrie pour les fabriquer en France.
Dans votre programme, vous proposez de transformer la part de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne (BCE) en dette perpétuelle à taux nul, et que la BCE rachète de la dette publique sur les marchés financiers. Pourquoi les autres pays de la zone euro accepteraient cette mesure alors qu’ils l’ont refusée lorsque le sujet avait été mis sur la table après la crise Covid ? Considérez-vous finalement que le niveau d’endettement de la France serait un problème ?
J-L. M. : Non, il n’y a pas de problème de solvabilité avec la dette française. Par contre, certaines personnes jouent l’affolement autour de la dette pour justifier des coupes qui aggravent la situation budgétaire. Alors, profitons d’être au pouvoir pour retourner leurs arguments à notre profit. Profitons-en pour diminuer le montant des intérêts que l’Etat doit rembourser, car il faudra que l’on s’endette pour mener une politique de relance écologique et sociale. Et surtout, profitons-en pour modifier le statut de la Banque centrale européenne, afin qu’elle puisse prêter directement aux Etats. La situation a complètement changé depuis sa création. L’Allemagne est entrée en stagnation après deux années de récession, et prévoit de s’endetter fortement pour relancer l’économie. Cela va la rendre plus ouverte à certains de nos arguments.
La France insoumise souhaite une autonomisation envers les Etats-Unis, notamment en sortant de l’Otan. Au-delà des dépendances militaires, les dépendances économiques sont énormes. Comment s’en défaire et faut-il recourir à l’échelon européen ?
J-L. M. : Il faut recourir à tous les niveaux utiles, y compris européen. Soyons clairs : nous ne sortirons pas de l’UE ni de l’euro, mais nous désobéirons aux dispositions des traités qui ne correspondent pas à notre programme. Nous rediscuterons les règles pour les faire changer. Par exemple, nous pourrions profiter des débats sur les droits de douane pour réclamer des critères écologiques. Les dépendances les plus insupportables sont les dépendances militaires et aux outils de contrôle numériques, ces logiciels qui verrouillent l’ensemble de la production sanitaire, sociale, militaire, etc. Nous sommes devenus une colonie numérique des Etats-Unis.
Dans chacun de ces domaines, nous devons rechercher des alternatives nationales ou européennes pour assurer notre souveraineté. Nous avons les moyens de bâtir un plan de décolonisation numérique. La France dispose d’un supercalculateur et a la capacité d’en fabriquer. Nous avons l’entreprise Mistral et AMI, celle de Yann Le Cun11. Les machines qui fabriquent les puces sont produites par une entreprise européenne. La France pourrait avoir le premier ordinateur quantique dans le monde ! Ce qui manque, c’est de l’argent public car le secteur bancaire privé est inerte, et des protections.
Vous prônez des accords économiques et commerciaux avec la Chine, mais dans quel but ? La Chine étant devenue une superpuissance, n’y a-t-il pas un risque que la France se fasse vassaliser par ce pays, qui est une dictature ?
J-L. M. : Rassurez-vous. Nous ne voulons pas passer de la tutelle états-unienne trumpiste à la domination chinoise. Ce risque peut exister : tout pouvoir vise à s’étendre. La Chine est devenue la première puissance mondiale en termes de production manufacturière et d’innovation. Elle a intérêt, en tant que puissance exportatrice, au calme et à la paix. Nous devons donc négocier avec Pékin, c’est-à-dire de ne traiter les Chinois ni comme des ennemis, ni comme des recours.
Négocier pour obtenir quoi ?
J-L. M. : Aujourd’hui, la Chine exporte massivement chez nous de l’acier ou des voitures électriques. Il faut négocier avec elle un accord protégeant notre industrialisation écologique. Mais nous sommes pour la coopération dans tous les domaines. Nous devons commencer par le plus spectaculaire, la coopération spatiale. La France est la première puissance spatiale européenne, nous devons donc participer à des projets avec tout le monde – les Indiens, les Chinois, les Américains. Pas d’exclusivité. Nous inscrirons le projet d’avion spatial2 dans notre programme. Nous devons renouer avec les projets de saut technologique.
Est-ce la priorité aujourd’hui, au vu de la crise environnementale ?
J-L. M. : La priorité est toujours une cible mouvante. Je crois qu’il n’y a pas de contradiction. Le projet d’avion spatial ne va pas m’empêcher d’interdire la chasse à la glu, ni de faire de la sobriété énergétique. La bifurcation écologique est présente partout, y compris dans le projet d’avion spatial, qui permettra d’économiser des dizaines de fusées. La France doit se mettre à la pointe des techniques.
Taïwan, pour vous, c’est la Chine. Pourquoi défendez-vous la souveraineté populaire en Afrique, en Amérique latine mais pas à Taïwan, ni en Ukraine ?
J-L. M. : Pourquoi colportez-vous ce ragot sur l’Ukraine ? Nous défendons la souveraineté populaire mieux que les autres en Ukraine puisque nous sommes les seuls à réclamer un vote des populations en cas de modifications des frontières. Mes adversaires m’accusent d’être « fasciné » par Vladimir Poutine. C’est absurde : je m’oppose à lui en accueillant des opposants russes de gauche antiguerre, et en participant à des réunions politiques à Moscou avec des opposants au Kremlin. Pour mettre fin au conflit, les Russes comme les Ukrainiens doivent se donner des garanties mutuelles de sécurité. Surtout, les Russes doivent nous donner des garanties à nous, les Européens. Je réclame, par exemple, qu’ils retirent leurs missiles à courte portée pointés vers l’Europe.
Quant à Taïwan, l’ONU a décidé que c’était la Chine en 1971. Considère-t-on que les accords internationaux sont remis en cause au gré des humeurs des Etats-Unis d’Amérique ? La population taïwanaise a évidemment son mot à dire. Elle n’est plus sous la coupe d’un parti unique nationaliste, et donne son avis lors des élections. Or, actuellement, le Parlement taïwanais est dominé par les partis défendant le rapprochement avec la Chine. Je dis : qu’ils règlent leurs problèmes entre eux. Si la Chine envahit Taïwan, voulez-vous mener une guerre contre une puissance nucléaire ? Non, c’est absurde !
Il y a des postures intermédiaires entre une guerre nucléaire et ne rien faire… Aujourd’hui par exemple, la France livre des armements à l’Ukraine et n’est pas en guerre contre la Russie. Pensez-vous qu’une telle option soit envisageable vis-à-vis de Taïwan ?
J-L. M. : De mon point de vue, non, en aucun cas. La France ne livrera pas d’armes à Taïwan. Que ferons-nous si la Chine attaque Taïwan ? Je n’ai pas la réponse. J’espère que nous n’en arriverons pas là, que nous préférerons collectivement les négociations car nous avons intérêt à la paix.
Vous voulez construire une défense française souveraine, à la pointe dans les technologies de rupture. Cela veut-il dire augmenter le budget des Armées ?
J-L. M. : Ce n’est pas la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. Les députés insoumis n’ont pas voté le budget de la Défense car nous ne croyons pas au modèle d’armée que le gouvernement propose. Je ne crois pas à la guerre conventionnelle. Nous ferons autrement, mais nous n’avons pas les moyens de l’Etat pour chiffrer au milliard près.
Pourtant il y a bien une guerre conventionnelle en Ukraine, avec des attaques ukrainiennes sur le territoire russe sans que Moscou riposte par un tir nucléaire. Que ferions-nous, Français, si des pays alliés, comme l’Estonie, subissent une attaque ?
J-L. M. : Nous sommes liés à eux par un accord de défense mutuelle dans le cadre européen. Il n’y a pas besoin de l’Otan pour aider les pays baltes s’ils venaient à être agressés ou envahis par la Russie. Le pacte européen nous y oblige. Mais la réponse ne sera pas une riposte nucléaire. Je demande qu’on diminue le niveau de provocation et qu’on se remette à discuter. Mais nous ne devons pas céder, nous devons signer des accords solides.
La doctrine de la dissuasion nucléaire française proclame l’interdiction de toute guerre sur le territoire européen. Mais cette doctrine est tellement extrême qu’elle impose de marcher sur le bord du toit dès que les tensions montent. Si nous tirons un missile nucléaire sur la Russie, ils riposteront et nous effaceront immédiatement alors qu’ils seront toujours là car leur territoire s’étend sur onze fuseaux horaires. Aujourd’hui, la guerre demande de savoir rendre l’ennemi aveugle, sourd et muet. Cela passe par l’espace.
Vous souhaitez rétablir les flux de gaz de la Russie vers l’Europe via le gazoduc Nord Stream, endommagé au début de la guerre russo-ukrainienne. Au-delà de financer la guerre de Moscou, cela envoie un signal contradictoire par rapport à vos objectifs écologiques. Pourquoi ne pas simplement mettre tous les moyens pour se passer du gaz américain sans revenir au gaz russe ?
J-L. M. : C’est souhaitable. Notre doctrine de bifurcation écologique consiste à sortir des énergies carbonées et de la civilisation du pétrole. Il faut donc aussi baisser notre consommation de gaz, et si nous y parvenons plus rapidement qu’on arrive à la compenser par d’autres énergies, je dis banco ! Mais ne prenons pas nos désirs pour des réalités. Entre le moment où nous déclarons cet objectif et le moment où il est effectif, il y a une étape intermédiaire.
Notre intérêt est d’abord que les prix du pétrole et du gaz descendent. Rouvrir Nord Stream permet de faire baisser le prix de nos importations de gaz et de diminuer la compétitivité du gaz américain, donc de faire peser la pression sur les Etats-Unis plutôt que sur nous. Ce n’est donc pas une doctrine de substitution d’une puissance à une autre. Pour être franc, je préférerais qu’on importe davantage de gaz algérien plutôt que russe, car c’est l’intérêt mutuel de l’Algérie et de la France. Mais notre politique étrangère stupide a fait que l’Algérie préfère vendre son gaz à l’Italie.
Vous êtes favorable à la relocalisation industrielle, mais LFI s’est localement opposé à la création d’une mine de lithium dans l’Allier pour des raisons écologiques, tant que les besoins essentiels ne sont pas définis. Comment comptez-vous parvenir à un consensus national sur ces besoins ?
J-L. M. : D’abord, nous actons l’échec de la politique de l’offre et de sa logique productiviste qui consiste à dire : « Il y a du lithium ? On l’extrait et on verra bien ce qu’on en fait. » Nous souhaitons gouverner par les besoins. Dans la société collectiviste à laquelle nous aspirons, la structure de base qui évalue ces besoins, c’est la commune. Ensuite les éco-régions que nous appelons de nos vœux, et dont le tracé suit celui du bassin-versant3 Des fleuves, notamment pour gérer l’eau.
Pour des ressources stratégiques comme le lithium, l’évaluation des besoins sera nécessairement nationale. Elle se construit par un dialogue entre l’Assemblée nationale et le comité du Plan, chargé de la planification écologique. Contrairement à aujourd’hui, le Plan sera un véritable instrument de prospective et d’évaluation. Il faudra se poser la question de savoir si on peut produire du lithium sans polluer. Et si ce n’est pas possible, se demander quand peut-on remplacer le lithium par autre chose – le sodium, par exemple.
On ne pourra pas produire sans impact sur les écosystèmes. Où placez-vous le curseur entre production et écologie ?
J-L. M. : Il faut poser cette question au cas par cas. Doit-on donner la priorité à la production ? La réponse ne peut pas être oui a priori, parce que c’est le productivisme, ni non a priori, car ce serait de l’obscurantisme. Là on arrêtera, ici on continuera, et parfois on reprendra.
La rénovation de 700 000 logements par an, que votre programme fixe comme objectif, devra aussi être planifiée. Vous souhaitez cibler les aides sur les plus précaires, mais que prévoyez-vous pour les autres ? Des incitations financières moindres, des obligations progressives ?
J-L. M. : Une fois que le Plan a été discuté, il s’impose. Il doit donc distribuer l’effort pour que la loi ne soit pas une offense ou une violence faite à certaines personnes. Quand notre objectif butera sur une difficulté sociale, nous verrons, et la répartition prendra en charge. L’écologie ne sera pas un instrument de punition.
Vous êtes opposé aux zones à faibles émissions (ZFE) dans leur format actuel, et vous préférez développer les modes de transport doux et en commun. Mais en attendant qu’ils se développent, que proposez-vous pour protéger les villes de la pollution de l’air causée par les émissions automobiles, qui touche notamment les plus pauvres ?
J-L. M. : Nous n’accepterons jamais une loi d’apartheid. On ne dit pas à des milliers de gens qu’ils ne peuvent pas aller en centre-ville, sauf si vous voulez que notre peuple vomisse l’écologie. Si l’on veut changer les voitures, on se donne les moyens pour que les gens puissent les changer. Oui, il y a un problème de pollution de l’air à régler, essayons déjà de ne pas l’aggraver, mais nous assumons de ne pas vouloir devenir les Pères Fouettard du XXIe siècle.
Sur ce sujet, ma vision part de la liberté individuelle. La brutalité avec les Français, ça ne mène nulle part ! Certes, il n’existe pas de liberté absolue. Tout l’art de gouverner consiste à faire accepter certaines limitations des libertés. Je préfère dire aux gens : « Si vous roulez moins avec votre voiture, on aura 10 000 cancers de moins. »
Plutôt qu’interdire, vous voulez convaincre et financer les alternatives. Est-ce que ce n’est pas la solution la plus coûteuse ?
J-L. M. : Il existe deux méthodes. La libérale, qui consiste à dire : « Va t’acheter une nouvelle voiture et si tu ne peux pas, marche. » Et la collectiviste, qui consiste à dire : « On ne peut pas continuer avec ces voitures, alors combien ça coûte ? Comment peut-on réduire le prix ? » C’est la même chose pour l’alimentation. Plutôt que d’offenser les gens en leur disant de manger cinq fruits et légumes par jour, je préfère appeler Michel-Edouard Leclerc et lui dire : « Débrouille-toi pour vendre dans tous tes magasins un panier à un prix plafonné. »
Il n’y aura jamais de solution purement rationnelle et technique, car tout est question de rapports de force sociaux, d’échanges d’intérêts. Vous allez trouver ça un peu trop idéaliste, mais c’est trop facile de dire aux gens : « Démerdez-vous ! »
Propos recueillis par
- Juliette Le Chevallier, Journaliste
- Matthieu Jublin, Journaliste
- Eva Moysan, Journaliste
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Livres
- 🇫🇷 Ivan Illich, « La convivialité », 1973, Seuil.
Couverture de la Convivialité d'Illich < "L'analyse critique de la société industrielle doit beaucoup à Ivan Illich. Il est l'un des premiers à avoir dénoncé le productivisme, le culte de la croissance, l'apologie de la consommation et toutes les formes d'aliénation nées du mode de production capitaliste. "La Convivialité" montre comment l'organisation de la société tend à produire des consommateurs passifs, qui ont délégué aux institutions le pouvoir de décider et renoncé à assumer la responsabilité des orientations de leur société. Cette analyse critique se transforme en un manifeste. Il s'agit de réveiller politiquement les citoyens endormis, afin qu'ils se réapproprient leur destin."
- 🇫🇷 Joël de Rosnay, « Le macroscrope – vers une vision globale », 1975, Seuil.
Couverture du Macroscope < "Qu'y a-t-il de commun entre l'écologie, le système économique, l'entreprise, la ville, l'organisme, la cellule ? Rien, si on se contente de les examiner avec l'instrument habituel de la connaissance, l'approche analytique. Mais beaucoup, en revanche, si l'on dépasse cette démarche classique pour faire ressortir les grandes règles d'organisation et de régulation de tous ces "systèmes". Pour Joël de Rosnay, l'instrument symbolique de cette nouvelle manière de voir, de comprendre et d'agir est le "macroscope", qui devrait être aussi précieux aujourd'hui aux grands responsables de la politique, de la science, de l'industrie, et à chacun de nous, que le sont le microscope et le télescope pour la connaissance scientifique de l'univers."
- 🇫🇷 Normand Baillargeon, « L'Ordre moins le Pouvoir – Histoire et actualité de l'anarchisme », 2001, Agone, Troisième édition.
Couverture de L'Ordre moins le Pouvoir < "Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste.
Or, il faut bien le dire : rien n'est plus faux que ce contresens, qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l'idée d'anarchisme. En première approximation, disons que l'anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l'idée d'anti-autoritarisme, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la guerre d'Espagne disait le plus simplement du monde : " Je suis anarchiste : c'est que je n'aime ni recevoir ni donner des ordres." On le devine, cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l'a donc ni pardonné ni admis."
- 🇫🇷 Irénée Régnauld, Yaël Benayoun, « Technologies partout, démocratie nulle part : plaidoyer pour que les choix technologiques deviennent l'affaire de tous », 2020, FYP éditions.
Couverture de technologie partout démocratie nulle part < "L’urgence climatique, l’ubérisation, l’économie des petits boulots, les smart cities et la surveillance algorithmique nous ont brutalement fait prendre conscience des répercussions dramatiques des technologies. Alors que le progrès était censé servir le bien commun, il nous échappe. Nous le subissons. Malgré cela, la réponse apportée à tous les problèmes économiques et sociaux se borne à des solutions purement techniques. Irénée Régnauld et Yaël Benayoun révèlent et dénoncent les dogmes et les manœuvres qui permettent aux industries et aux pouvoirs publics de maintenir les citoyens et les travailleurs à l’écart des choix technologiques, en excluant tout processus démocratique. Ils montrent que notre arsenal juridique et nos institutions apeurées, voire serviles, sont incapables de contrer les servitudes imposées par les plateformes et les industries hyper capitalistes. Pour sortir de cette confiscation du progrès, les auteurs proposent des actions concrètes et réalistes qui replacent le débat démocratique et les revendications citoyennes au cœur du développement technologique, afin que la question du progrès devienne l’affaire de tous."
- 🇫🇷 Stéphane Bortzmeyer, « Cyberstructure : L'Internet, un espace politique », 2018, C&F éditions.
Couverture de Cyberstructure < "Une grande partie des activités humaines se déroule aujourd'hui sur l'Internet. On y fait des affaires, de la politique, on y bavarde, on travaille, on s'y distrait, on drague... L'Internet n'est donc pas un outil qu'on utilise, c'est un espace où se déroulent nos activités.
Les outils de communication ont d'emblée une dimension politique : ce sont les relations humaines, les idées, les échanges commerciaux ou les désirs qui s'y expriment. L'ouvrage de Stéphane Bortzmeyer montre les relations subtiles entre les décisions techniques concernant l'Internet et la réalisation — ou au contraire la mise en danger - des droits fondamentaux. Après une description précise du fonctionnement de l'Internet sous les aspects techniques, économiques et de la prise de décision, l'auteur évalue l'impact des choix informatiques sur l'espace politique du réseau. Un ouvrage pour appuyer une citoyenneté informée, adaptée aux techniques du XXIe siècle et en mesure de défendre les droits humains."
- 🇫🇷 Cornelius Castoriadis, « L'institution imaginaire de la société », 1975, Seuil.
Couverture de L'institution imaginaire de la société < "Dans cet essai, qui fut son maître livre, Cornélius Castoriadis s'attache à un réexamen fondamental des bases philosophiques de la pensée révolutionnaire. Il retrouve, chez Marx notamment, les préceptes de la "pensée héritée", cette logique identitaire qui, depuis les Grecs, inspire la philosophie classique. Et il propose une "auto-institution" de la société qui laisserait cours, enfin, à l'imaginaire radical. Fruit d'une analyse précise de l'histoire et des luttes sociales à l'heure de l'effondrement des repères traditionnels de la révolution, ce livre, devenu un classique, propose un point de départ pour penser à neuf le projet de transformation de la société."
- 🇬🇧 Mélanie Dulong de Rosnay, Félix Tréguer, et al, « Telecommunications Reclaimed: A hands-on guide to networking communities », 2019, autoédition.
Couverture de Telecommunications Reclaimed < "This book is a guide on how to build a community network, a shared local telecommunications infrastructure, managed as a commons, to access the internet and other digital communications services. It was written collectively by a group of community network pioneers in Europe, activists and researchers during a writing residency week held in Vic, Catalonia in October 2018. Meant for a wide audience, the book includes practical knowledge illustrated by several hands-on experiences – a set of 32 real- life stories – as well as legal, technical, governance, economic and policy material extracted from netCommons, a three-year- long research project supported by the European Commission. Its goal is to guide the reader through a set of actions aimed at setting up and fostering the growth of a community network, but also, for policy makers, local administrations and the general public, to create the right conditions to let community networks bloom and flourish."
Lire en ligne
- 🇺🇸 Edward Snowden, « Permanent Record », 2019, Metropolitan Books.
Couverture de Permanent Record < "Edward Snowden, the man who risked everything to expose the US government’s system of mass surveillance, reveals for the first time the story of his life, including how he helped to build that system and what motivated him to try to bring it down."
- 🇫🇷 Georges Bernanos, « La France contre les robots », 1944, Castor Astral.
Couverture de La France contre les robots < "Plus d'un demi-siècle après sa parution, ce pamphlet reste d'une incroyable actualité. Cette apologie de la liberté est un défi jeté aux idolâtries du profit et de la force. Georges Bernanos, dans une violente critique de la société industrielle, s'adresse à la «France immortelle» face à la «France périssable», celle des combinaisons politiques et des partis. L'auteur y estime que le progrès technique forcené limite la liberté humaine. Bernanos conteste l'idée selon laquelle la libre entreprise conduirait automatiquement au bonheur de l'humanité. En effet, selon lui, «il y aura toujours plus à gagner à satisfaire les vices de l'homme que ses besoins». Visionnaire, il explique ainsi qu'«un jour, on plongera dans la ruine du jour au lendemain des familles entières parce qu'à des milliers de kilomètres pourra être produite la même chose pour deux centimes de moins à la tonne» ; une étonnante préfiguration de ce que seront les délocalisations un demi-siècle plus tard !"
- 🇫🇷 Timothy Mitchell, « Carbon Democracy », 2013, La Découverte, traduit de l'anglais 🇬🇧.
Couverture de Carbon Democracy de Timothy Mitchell < "Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole.
Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d’en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens.
Un autre régime s’est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?"
- 🇫🇷 Michel Foucault, « Surveiller et punir », 1975, Gallimard.
Couverture de Surveiller et Punir de Michel Foucault < "Surveillance, exercices, manoeuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l'armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. La prison est à replacer dans la formation de cette société de surveillance.
La pénalité moderne n'ose plus dire qu'elle punit des crimes ; elle prétend réadapter des délinquants. Peut-on faire la généalogie de la morale moderne à partir d'une histoire politique des corps ?"
- 🇫🇷 Mathieu Labonde, Lou Malhuret, Benoît Piedallu et Axel Simon, « Internet et libertés », 2022, Vuibert.
Couverture d'Internet et libertés de Mathieu Labonde, Lou Malhuret, Benoît Piedallu et Axel Simon < "Partout où le numérique est venu changer nos vies, le respect de nos libertés fondamentales est un combat.
Pendant que Facebook, Google et compagnie se targuent de protéger nos données tout en les exploitant pour booster la publicité ciblée, les lois sécuritaires s’enchaînent et les expérimentations illégales aussi : des micros dans les rues, des tests de reconnaissance faciale dans les stades ou les transports, des drones aux mains des policiers… La dérive vient des pouvoirs publics autant que des entreprises."
- 🇫🇷 Fanny Lopez, « À bout de flux », 2022, Divergences.
Couverture de À bout de flux, de Fanny Lopez < "Le numérique a un double : l’infrastructure électrique. Le rapport immédiat aux objets connectés (smartphone, ordinateur) invisibilise le continuum infernal d’infrastructures qui se cachent derrière : data centers, câbles sous-marins, réseaux de transmission et de distribution d’électricité. Alors que le numérique accompagne une électrification massive des usages, le système électrique dépend lui-même de plus en plus du numérique pour fonctionner. Pour comprendre ce grand système et imaginer comment le transformer, il nous faut aller au bout des flux, là où se révèle la matérialité des machines et des câbles."
- 🇫🇷 Maxime Guedj et Anne-Sophie Jacques, « Déclic », 2020, Les arènes.
Couverture de Déclic < "Exploitation des données privées, surveillance généralisée, addiction au smartphone, disparition de pans entiers de l'économie... Les critiques du monde numérique ne cessent de s'amplifier; difficile d'ignorer les conséquences de l'utilisation d'Amazon, Facebook, Google, Instagram ou Netflix. Et s'il existait un autre Internet, respectueux de nos libertés ? L'ancien startuppeur Maxime Guedj et la journaliste Anne-Sophie Jacques proposent de s'engager sur une nouvelle voie."
- 🇫🇷 François Jarrige, « Technocritiques », 2016, La découverte.
Couverture de Technocritiques < "La nuit, vous rêvez de casser des machines, mais n'osez pas vous en ouvrir à vos proches de peur de passer pour un dangereux luddite à tendance Amish ?
L'historien François Jarrige est là pour vous ! Il a étudié des siècles de critiques des techniques de leur temps (du tissage mécanisé en passant par l'imprimerie) et en sort le glaçant constat : il y aurait de bonnes raisons de ne pas faire de l'innovation une fin en soi.
Vous voilà prêt⋅e à briller en société tout en parlant technocritiques."
- 🇫🇷 Hannah Arendt, « La Crise de la Culture », 1972, Gallimard, traduit de l'anglais 🇺🇸.
Couverture de La Crise de la Culture < "L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent.
Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture.
Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche.
Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation -, entend nous aider à savoir comment penser en notre époque."
- 🇫🇷 Jeanne Guien, « Le consumérisme à travers ses objets », 2021, Divergences.
Couverture de Le Consumérisme à travers ses objets < "Qu'est ce que le consumérisme ? Comment s'habitue-t-on à surconsommer - au point d'en oublier comment faire sans, comment on faisait avant, comment on fera après ? Pour répondre à ces questions, Jeanne Guien se tourne vers des objets du quotidien : gobelets, vitrines, mouchoirs, déodorants, smartphones. Cinq objets auxquels nos gestes et nos sens ont été éduqués, cinq objets banals mais opaques, utilitaires mais surchargés de valeurs, sublimés mais bientôt jetés. En retraçant leur histoire, ce livre entend montrer comment naît le goût pour tout ce qui est neuf, rapide, personnalisé et payant. Car les industries qui fabriquent notre monde ne se contentent pas de créer des objets, elles créent aussi des comportements. Ainsi le consumérisme n'est-il pas tant le vice moral de sociétés gâtées qu'une affaire de production et de conception. Comprendre comment nos gestes sont déterminés par des produits apparemment anodins, c'est questionner la possibilité de les libérer."
- 🇫🇷 Julia Laïnae & Nicolas Alep, « Contre l'alternumérisme », 2020, La Lenteur.
Couverture de Contre l'alternumérisme < "L’alternumérisme a le vent en poupe : cyberminimalisme, smartphones équitables, inclusion numérique, ateliers de détox digitale, logiciel libre, open data, démocratie en ligne, neutralité du net… ils sont nombreux à croire, (ou à vouloir nous faire croire), que la nouvelle économie de l’information pourrait tourner à l’avantage de tous ou, du moins, qu’on pourrait en contenir les effets les plus néfastes. Ce livre détruit méthodiquement cette théorie dangereuse, appelle à s’extraire de l’utopie numérique, à refuser la numérisation du monde."
- 🇫🇷 Celia Izoard, « Merci de changer de métier », 2020, La Dernière Lettre.
Couverture de Merci de Changer de Métier < "Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l'objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l'analyse. Celia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l'impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l'exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier », à l'instar d'Olivier Lefebvre, salarié d'une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l'ouvrage son chemin vers la démission."
- 🇫🇷 Philippe Bihouix, « L'âge des Low-Tech », 2014, Seuil.
Couverture de L'âge des Low-Tech < "Face aux signaux alarmants de la crise environnementale globale – changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, pollution généralisée, tensions sur l'énergie et les matières premières –, nous fondons nos espoirs sur les technologies " vertes " et le numérique.
Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies nous conduisent pourtant, à terme, dans l'impasse. Ce livre démonte les mirages des innovations high tech, et propose de questionner la course en avant technologique en développant les low tech, les " basses technologies ", plus sobres et plus résilientes. Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais d'explorer les voies possibles vers un système économique et industriel compatible avec les limites planétaires."
- 🇫🇷 Jérome Denis & David Pontille, « Le Soin des Choses », 2022, La Découverte.
Couverture de Le Soin des Choses < "Qu’ont en commun une chaudière, une voiture, un panneau de signalétique, un smartphone, une cathédrale, une œuvre d’art, un satellite, un lave-linge, un pont, une horloge, un serveur informatique, le corps d’un illustre homme d’État, un tracteur ? Presque rien, si ce n’est qu’aucune de ces choses, petite ou grande, précieuse ou banale, ne perdure sans une forme d’entretien.
Tout objet s’use, se dégrade, finit par se casser, voire par disparaître. Pour autant, mesure-t-on bien l’importance de la maintenance ? Contrepoint de l’obsession contemporaine pour l’innovation, moins spectaculaire que l’acte singulier de la réparation, cet art délicat de faire durer les choses n’est que très rarement porté à notre attention.
Ce livre est une invitation à décentrer le regard en mettant au premier plan la maintenance et celles et ceux qui l’accomplissent. En suivant le fil de différentes histoires, ses auteurs décrivent les subtilités du « soin des choses » pour en souligner les enjeux éthiques et la portée politique. Parce que s’y cultive une attention sensible à la fragilité et que s’y invente au jour le jour une diplomatie matérielle qui résiste au rythme effréné de l’obsolescence programmée et de la surconsommation, la maintenance dessine les contours d’un monde à l’écart des prétentions de la toute-puissance des humains et de l’autonomie technologique. Un monde où se déploient des formes d’attachement aux choses bien moins triviales que l’on pourrait l’imaginer."
9 juin 2026 à 20 h 45 min
Il y avait près de 350 personnes présentes le 3 juin dernier (400 avec les personnes en ligne) à l’Uqam sur la rue Sherbrooke pour le lancement de Mosaïque de résistances. Globalement, on peut dire que ce fut un succès, autant pour le nombre des participants réunis que pour les interventions diversifiées des panélistes, même si Naomi Klein —la personnalité la plus attendue et qui devait intervenir par visioconférence depuis Toronto- s’est désistée de manière bien décevante à la dernière minute, suite à un accident de voiture.
...
nouveau réseau québécois d’associations pour la défense des droits, d’organismes communautaires et de solidarité internationale, de syndicats, d’écologistes, d’artistes et de citoyens du Québec qui, en ce mois de juin 2026, apparaît enfin au grand jour et veut travailler à la formation d’un mouvement social large pour faire face à la montée du fascisme et de l’extrême-droite. [1]
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l’appel qui accompagne son lancement a été signé par de nombreux et significatifs organismes populaires ou communautaires du Québec dont entre autres : La Ligue des droits, la FFQ, Mère au front, Montérégie Antifasciste, Au bas de l’échelle, le Conseil central de Montréal, le SFPQ, La marche mondiale des femmes, Alternatives, etc [2] .
Il a aussi été relayé par des médias d’information alternatifs du Québec comme A bâbord, Les NCS, Presse-toi à gauche, Journal d’Alter. Et il a le mérite de mettre les points sur les « i » en relevant comment se profile au Québec et au Canada, sur fond de montée croissante des inégalités et de désengagement de l’État, un tournant politique autoritaire très préoccupant.
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tournant politique autoritaire est décrit avec raison comme un « arsenal de lois antisociales et antisyndicales fragilisant les conditions de travail, marginalisant les populations les plus défavorisées et discriminées, nourrissant la peur et favorisant la montée d’un climat raciste, discriminatoire et islamophobe ». C’est ce qui explique que ce réseau insiste surtout sur l’urgence « de ne plus dissocier nos luttes » et (…) de construire un mouvement politique fort et pluriel autour d’une vision de la société qui est émancipatrice, juste, décoloniale, inclusive, féministe et écologique ».
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Pierre Mouterde
Sociologue, essayiste
Auteur avec David Murray de Avant d’en arriver là, essai choral sur le péril fasciste, Montréal, Écosociété, 2026
[1] Voir la vidéo de la soirée produite par l’Observatoire pour la justice migrante dans notre section vidéo
[2] 1) Centre de formation populaire ; Montérégie Antifasciste ; Parti de la rue ; Les Maisons de l’Ancre ; Mères au front Rouyn-Noranda ; Table de concertation des groupes féministes du Bas-Saint-Laurent ; Centre Entre-Femmes ; ANPI — Association nationale des partisans d’Italie. Section de Montréal ; L’R des centres de femmes du Québec ; Ligue des droits et libertés — Section de Québec ; Revue À bâbord ! ; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux ; Palestinian Youth Movement — Montreal ; Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) ; La Maison des Femmes des Bois-Francs ; Co-Savoir ; Fédération des femmes du Québec ; Distributions l’Escalier ; Centre Arc-en-ci-elle ; Uniphare ; Collectif d’analyse politique / Nouveaux Cahiers du socialisme ; Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec ; Montreal for a World BEYOND War ; La Collective centre de femmes de Nicolet-Yamaska ; Carrefour de participation, ressourcement et formation (CPRF) ; Mères au front ; Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Polémos Décroissance ; RIPAJ ; Vigilance OGM ; Comité pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL) ; ROHMI ; Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency ; Au bas de l’échelle ; Club Ami ; Réseau international pour l’innovation sociale et écologique ; Coalition Mobilisations Citoyennes Environnementales de Laval (CMCEL) ; Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes ; Ligue des droits et libertés ; Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches (RGFCA) ; Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) ; Centre des travailleurs et travailleuses immigrants ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles ; Journal d’Alter ; Collectif de lutte contre l’islamophobie ; Pôle francophone, Voix juives indépendantes ; Écologie populaire ; Alternatives ; Observatoire pour la justice migrante
https://www.pressegauche.org/Quand-s-ouvrent-des-possibles-prometteurs-avec-Mosaique-de-resistances
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[Conférence] [FIR x SYMPOSIUM]
Le FIR et Symposium reçoivent Manuel Bompard, député et coordinateur national de La France Insoumise, pour une conférence exclusive à CentraleSupélec sur le thème « Ingénierie, Écologie et Engagement politique »
Cette conférence est l'occasion d'aborder de manière transverse et critique les grands axes du programme de LFI :
- Énergie & Climat : Planification écologique, avenir du nucléaire et gestion des ressources.
- Économie & Souveraineté : Fiscalité, attractivité, indépendance financière et numérique face aux marchés et aux puissances étrangères.
- Géopolitique & Institutions : Positionnement international (OTAN, Chine, États-Unis) et projet de VIe République.
Mardi 9 juin 2026, CentraleSupélec
Forum Ingénieur·e·s Responsables (FIR) : https://fir.cs-campus.fr/
Un immense merci à @Hyris pour la captation vidéo.
Merci à notre partenaire Akoya pour son soutien ! Plus d'infos sur : https://akoya.group/
Retrouvez nous sur :
Notre Site : https://symposium-cs.fr
Instagram : / sympo_cs
LinkedIn : / symposiumcentralesup%c3%a9lec
00:00:00 Introduction et présentation du parcours
00:03:38 Motivations de l'engagement en politique
00:08:36 Planification écologique
00:11:47 Mix énergétique et nucléaire
00:26:21 Entrepreneuriat et soutien aux start-ups
00:34:04 Taxation des superprofits et impôt universel
00:41:26 Nationalisations
00:44:59 Evasion fiscale des particuliers
00:53:59 Enjeux et régulation de l'intelligence artificielle
01:02:25 Nouvelle-France
01:09:30 Évolution du vote des catégories populaires
01:15:34 Conflictualisation ?
01:21:29 60 secondes
01:24:00 Q&A - Engagement politique des artistes
01:25:12 Q&A - Contrôle des usages de l'IA
01:29:53 Q&A - Financement de l'innovation et cotisations
01:37:03 Q&A - Responsabilité politique et violences systémiques
01:44:58 Q&A - Nouvelle-Calédonie
01:47:42 Q&A - Financement et place de la recherche fondamentale
01:53:08 Q&A - Quel choix de carrière pour les jeunes ingénieurs ?
01:59:56 Q&A - Transition agricole
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Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un rassemblement en soutien à la nationalisation d'ArcelorMittal à Paris le 11 juin 2026.
25MN TERMINER ACT
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Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un rassemblement en soutien à la nationalisation d'ArcelorMittal à Paris le 11 juin 2026.
Eric Fottorino, écrivain et journaliste, et Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, invités sur France le 10 juin 2026.
L'invité de 8h20 : le grand entretien
Par Benjamin Duhamel
Eric Fottorino, écrivain, journaliste, co-fondateur de l’hebdomadaire Le 1, co-auteur de "La Fraternité" (Michel Lafon) et Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, fille d’Edgar Morin, sont sur France Inter ce mercredi pour explorer tout le sens du mot "fraternité" dans le monde d'aujourd'hui.
"La fraternité, c'est quelque chose de plus abstrait et en même temps essentiel, estime mercredi sur France Inter le journaliste et écrivain Eric Fottorino. Je dirais que c'est presque un principe actif de la liberté et de l'égalité". Celui qui a écrit un livre sur la fraternité rappelle que "s'il n'y a pas de de fraternité, la liberté va devenir une toute puissance et chacun aura du mal à le faire valoir puisqu'il y aura les autres". "La fraternité, c'est quelque chose qui doit être consenti, c'est un choix, c'est un modèle social qu'on choisit de garder ou pas."
Eric Fottorino revient aux origines de ce principe, qui a "une dimension religieuse, c'est la dimension presque sacrée de la République". "La fraternité, c'est vraiment l'idée que ce qui arrive à l'autre me touche moi aussi." Néanmoins, Véronique Nahoum-Grappe, fille d'Edgar Morin, avoue que "le mot de fraternité, je l'interroge". "Vous ne pouvez pas avoir le même sentiment avec l'inconnu dans la rue que vous avez avec votre frère. C'est une métaphore, donc il faudrait en fait un autre mot", selon elle.
À écouter
"L'école doit cultiver une éducation à la fraternité", pour le secrétaire général de l'Enseignement catholique
L'invité de 7h50 du week-end
France Inter
10 min
Pour les deux invités de France Inter, la fraternité est liée à la notion de peur, une idée évoquée également par Edgar Morin. "C'est-à-dire qu'à la fois, la peur la permet, et qu'à la fois, la peur l'interdit", détaille Eric Fottorino, qui prend l'exemple de l période du Covid. "Les peurs ont fait qu'on s'est rassemblés, parce qu'on a applaudi les personnels soignants, on s'est mis en distanciation sociale pour protéger l'autre. Et puis la peur, par exemple l'immigration, c'est la peur de l'autre. On ne va être fraternels qu'avec ceux qui nous ressemblent."
Véronique Nahoum-Grappe partage cette observation, et prend, cette fois, l'exemple des migrations. "Prenons les migrations entre deux guerres, c'était une migration européenne, ça faisait moins peur. Maintenant, c'est une migration venue de tous les côtés, avec des gens différents, qui ne nous ressemblent pas. Donc, vis-à-vis de ces populations, on voit que toute une partie de la politique d'extrême droite les criminalise. Or, dans ces populations, il y a des gens différents, des gens extraordinaires, il y a de tout, il y a des cinglés aussi, il y a de tout."
Tr. ...
une atomisation de Je qui ne font plus un NOUS ... la fraternité, supplément d'âme ... entraide, générosité ... les inégalés clivent ... la distance ... migrants, portion d'humanité ... peur de ce qu'on ne connait pas, moins on est proche, plus on a peur ... ça s'apprend, vivre l'autre comme un autre moi-même ... on a tellement coupé les liens ... l'autre, l'avoir en face de soi ... l'écologie ... l'inattendu serait de ne rien faire ... ensemble, on construit quelque chose.
Ndlr : la fraternité est nécessite donc le sens de l'altérité
À Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a démontré que la bataille des idées reste son terrain de prédilection. Reste à savoir si le chef insoumis saura prolonger cette séquence de hauteur politique sans retomber dans les travers qui limitent depuis longtemps sa capacité de rassemblement.
Pierre Jacquemain • 8 juin 2026
...
Personne ne doute plus de sa capacité à mobiliser. Personne ne conteste sérieusement sa place centrale dans la gauche actuelle. Mais une élection présidentielle ne se remporte pas en dominant son propre camp. Elle se gagne en construisant une majorité. Et c’est précisément cette capacité à élargir, à rassurer et à fédérer qui demeure aujourd’hui la principale inconnue de l’équation Mélenchon.
/ Muzna Shihabi ● Medias● Palestine● Politique
Les hommages nationaux sont une forme de chirurgie. On prélève ce qui peut servir, on retire ce qui dérange, on recoud proprement. La France vient d'opérer Edgar Morin. Le Juste, pour le pouvoir, n'est tolérable qu'une fois transformé en archive inoffensive.
...
30 064 ont déjà participé Contaminants
Le scandale a trop duré. La population française est surexposée au cadmium, ce métal lourd cancérigène qui se retrouve dans notre alimentation : céréales, pâtes, riz, chocolat... Si nous sommes beaucoup plus contaminé·es que nos voisin·es européen·nes, ce n’est pas un hasard. Depuis des années, les responsables politiques ignorent les alertes des autorités sanitaires et mettent notre santé, notamment celle des enfants, en danger.
Il n’y a plus de temps à perdre : la loi pour enfin réduire la contamination du cadmium à la source, dans les engrais phosphatés, a été votée à l’Assemblée nationale ce 3 juin 2026, et pour avoir une chance de se concrétiser, elle doit maintenant être adoptée par le Sénat
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Publié Il y a 2 jours • 73 vues
Le Média
Peut-on sortir du capitalisme sans passer par l’étatisme ? C’est la question centrale que pose Guillaume Etievant dans Autogestion Générale, paru dans la collection Frustration Magazine x Les Liens qui Libèrent. Expert économique auprès des CSE et des syndicats, co-rédacteur en chef de Frustration Magazine, il a également contribué aux programmes économiques de Jean-Luc Mélenchon lors des campagnes présidentielles de 2012 et 2017.
Dans cet entretien, Guillaume part d’un constat : le travail ne reste pas au travail. Il “contamine” la vie privée et familiale des salariés et cette emprise structure bien au-delà de l’usine. Face à ça, ni les nationalisations massives ni les structures coopératives ne suffisent, selon lui, à rompre avec les logiques capitalistes et les rapports de domination qu’elles reproduisent.
Alors, l’autogestion généralisée comme horizon pour la gauche ? Et comment une force anticapitaliste conquiert et exerce le pouvoir, sans reproduire les réflexes des partis traditionnels, sans se couler dans les cadres de pensée bourgeois que la gauche peine encore à dépasser ? C’est ce à quoi l’on essaye de répondre dans ce nouvel épisode de On s’autorise à penser !
Visibilité Publique
Publié originellement 02/06/2026
CatégorieInconnu LicenceAttribution - Utilisation non commerciale - Pas d’œuvre dérivée LangueFrançais
Étiquettes Durée 34min 2sec
Commentaires désactivés
Tr.: GET, co-rédacteur en chef de Frustration magazine, auteur et expert économique ...
sortie du capitalisme, processus co-construit avec les citoyens ... la domination peu réapparaître partout. Penser un cadre qui garantie le code du travail ... que les syndicats aient leur place ...comment organiser la gouvernance pour réellement émanciper ? ... généraliser le secteur coopératif ... la CFDT dans les années 70 ... le vote ne suffit pas à la démocratie, ni à émanciper ... souffrance au travail ... travail ... individualisation des rapports sociaux en entreprises ... le vécu quotidien des salariés non vécu par les politiques ... vision étatiste, changement politique plus global, émancipation de la population d'abord, bataille culturelle ... s'attaquer à la propriété lucrative ... autant être radical car l'affrontement aura lien dans tous les cas.
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Emissions et passages médias
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion de l'émission "Personnage principal" sur Radio Nova, le 4 juin 2026.
Parrainez sa candidature à l'élection présidentielle 2027 sur : https://melenchon2027.fr/
À l’air libre — Vidéo
Dans « Bienvenue en 2055. Dans un monde neutre en carbone » (Seuil), la géographe Magali Reghezza-Zitt imagine la vie dans un monde débarrassé du pétrole. La transition écologique est inévitable, dit-elle. Mais de nos choix politiques dépendra ce qu’elle sera : anticipée ou brutale, juste ou inhumaine.
...
Tr.: ...
"Le réchauffement climatique est d'abord un pb de santé publique"
...
/ transition énergétique c'est notre vie qui est en jeu ... on sait, la fin de l'histoire défend de la physique, ce n'est pas négociable ... tant qu'on ne change pas les cadres on n'y arrivera pas ... comment on s'adapte aux limites planétaires ? moins d'eau, moins de matériaux ... services écosystémiques ... renaturer, forêts mosaïques ... notre meilleur allié, les puits de carbone ... /capitalisme enjeu démocratique Chantal Moufle ... projet réactionnaire, essentialiser, naturaliser, la colonisation ... égalité, juste et injuste ... subjectif ... combat idéologique et civilisationnel ... anti-humaniste, anti-lumières ... valeurs ... besoin de propositions alternatives.
Ndlr : n'a pas d'avis sur le nucléaire, n'est pas claire sur sobriété et efficacité :-( Dénoncer ACT
Par contre, elle l'est sur la justice sociale ACT
208 k abonnés - 5,3k+ - 131 386 vues - 966 commentaires
📺 Retrouvez en intégralité mon passage dans Dimanche en politique sur France 3 du dimanche 31 mai 2026.
Le 30 Mai 2026
10 min 7 Commentaire(s)
Isabelle Ferreras Directrice de recherches FNRS en sociologie à l’université de Louvain, chercheuse senior à Harvard et Oxford
Début février, le Comité international d’experts sur la démocratie au travail, présidé par la sociologue Isabelle Ferreras, autrice de nombreux ouvrages sur la question, remettait au gouvernement espagnol un rapport1 qui a rencontré un large écho.
En France, ce document sur la démocratie dans l’entreprise a ainsi donné lieu en avril dernier à deux journées de débat organisées par la chaire 3D&C de l’université de Lille. La portée du constat et des propositions du rapport dépasse en effet le seul contexte espagnol, l’ambition de ses auteurs étant de relancer le chantier de la démocratisation de la gouvernance et de la propriété des entreprises en France et dans les autres pays européens, aussi bien qu’à l’échelle communautaire.
Un chantier d’autant plus urgent, jugent-ils, que la démocratisation des entreprises paraît incontournable pour faire face aux grands défis qui se posent à nos sociétés contemporaines, telle la crise écologique, comme nous l’explique Isabelle Ferreras dans cet entretien.
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il n’est pas raisonnable de croire que le projet de la démocratie politique est possible sans penser la démocratie économique.
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Thomas Coutrot a bien montré que là où les personnes ne disposent pas d’autonomie au travail, elles n’ont pas le réflexe de participer aux élections ou bien elles votent à l’extrême droite. Dans la France de 2026, face à la montée du Rassemblement national et au ralliement à ce dernier d’une partie du patronat, il y a une véritable urgence à agir.
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mettre en place un indice de développement démocratique des entreprises basé sur le degré de participation des travailleurs à la fois à la décision et à la propriété de l’entreprise. Celui-ci serait lié à un système de bonus-malus : les entreprises qui souhaiteraient rester despotiques sur les deux plans se verraient appliquer un taux d’imposition plus important que celles plus vertueuses, et n’auraient pas accès aux marchés publics ni aux subventions.
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avancer sur une boussole de démocratisation, qui consisterait à reprendre à l’échelle européenne les propositions que nous formulons pour l’Espagne. Alors que l’Union européenne pâtit d’un déficit démocratique, si elle appuyait cette dynamique de démocratisation de l’économie, elle y gagnerait auprès des citoyens européens une légitimité qu’elle ne possède pas actuellement et commencerait à sérieusement renforcer sa résilience.
Propos recueillis par Marc Chevallier
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Dans cette vidéo, je propose une analyse claire et structurée d’une intervention de Matthieu Pigasse sur les inégalités et les dérives du système économique actuel.
J’ai sélectionné, monté et réorganisé les passages les plus marquants pour en extraire les idées essentielles et les rendre accessibles rapidement.
👉 L’objectif est de comprendre pourquoi les inégalités explosent, pourquoi le système devient instable, et quelles solutions concrètes sont proposées pour éviter une fracture sociale majeure.
💡 Mon travail de transformation :
Sélection des passages clés
Montage et découpage
Réorganisation pour plus de clarté
Vulgarisation des concepts
⚠️ Cette vidéo constitue une transformation éditoriale originale apportant une réelle valeur ajoutée (analyse, synthèse et pédagogie).
📌 Source originale : 04/2026
Chaîne YouTube : France Culture
Vidéo : • UN BANQUIER CONTRE LE CAPITALISME : CONTRA...
📌 Thème :
Économie, inégalités, capitalisme, fiscalité, services publics, dette
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Tr.: ...
les services publics, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas ... refuser la fatalité ... dégager des marges de manoeuvre budgétaires ... niches fiscales / séparatisme fiscal ... volonté et vision ... gérer ET réformer ... apaiser, rassembler, fédérer ... un combat contre le RN et POUR la France ...