Édito. Ce que nous apprend l'écologie décoloniale
Par Olivier Cohen de Timary , publié le 14 octobre 2024
Il est aujourd’hui largement admis que la catastrophe écologique en cours et ses phénomènes les plus visibles, comme le réchauffement climatique, les pollutions ou l’érosion de la biodiversité, trouvent leur origine dans les activités humaines de l’ère industrielle s’intensifiant depuis la seconde moitié du XXe siècle. Une autre perspective, moins répandue, suggère que les racines de la crise environnementale remontent plus loin dans l’histoire, aux débuts du processus colonial.
Dès le XVe siècle en effet, les puissances occidentales, mues par une vision aussi théologique, raciste que marchande, ont exploité à leur profit les écosystèmes et les populations jugées « inférieures » des territoires asservis. Cet épisode marque ainsi un tournant majeur de la modernité, où « humains et non-humains furent confondus en “ressources” alimentant un même projet colonial, une même conception de la Terre et du monde » (Malcom Ferdinand, Une écologie décoloniale, Seuil, 2019).
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l’écologie décoloniale nous exhorte à décentrer le regard, à cultiver d’autres savoirs et récits, à repenser le droit… Et reconnaître que « le “nous” face à la crise écologique n’est ni donné d’avance ni une évidence. Elle rend visible la pluralité recouverte hâtivement par ce “nous”, ses lignes de fracture, ses violences, ses dominations et ses temps ».(1)
(1) Malcom Ferdinand, Une écologie décoloniale : Penser l'écologie depuis le monde caribéen, Seuil, 2019.
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Ndlr : Extrait du NUMÉRO 66 : OCTOBRE-NOVEMBRE 2024:
La crise écologique, un héritage colonial ?