Portrait
L'ancien gestionnaire de la fortune de Pierre-Edouard Stérin est devenu le 1er avril conseiller spécial de Jordan Bardella au Rassemblement national. Ce polytechnicien de 42 ans s'est donné pour mission de « faire le lien entre les entreprises et les dirigeants du RN ».
François Durvye, économiste et « conseiller spécial » de Jordan Bardella, le 31 mars 2026. (Photo François Bouchon/Le Figaro/Figarophoto.com)
Il oeuvrait jusqu'à présent dans l'ombre, il a décidé d'officialiser les choses : le 1er avril, François Durvye a quitté son poste de directeur général du fonds d'investissement Otium Capital, chargé de gérer la fortune du milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, pour devenir conseiller spécial du président du Rassemblement national, Jordan Bardella.
« Mon départ était dans les tuyaux depuis la rentrée 2025, lorsque la perspective de nouvelles élections législatives est devenue plausible, explique ce polytechnicien de 42 ans. Je m'étais alors fixé la date limite du 31 mars 2026, je m'y suis tenu. »
D'abord des « fiches » pour le RN
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Avec ses vingt années passées dans le conseil et l'industrie, chez le pétrolier Schlumberger (désormais SLB), le Boston Consulting Group, puis l'allemand spécialiste des installations électriques Hager Group, il s'est donné pour mission de « faire le lien entre les entreprises et les dirigeants du RN ».
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Ce Versaillais, père de quatre enfants, accompagne Marine Le Pen et Jordan Bardella dans leurs rencontres avec les patrons depuis plusieurs années déjà - il était au déjeuner du Medef ce lundi. Il en a lui-même organisé plusieurs (avec Vincent Bolloré ou Jean-Pascal Beaufret, par exemple), affirmant que les dirigeants du RN ont déjà échangé avec la moitié des patrons du CAC 40 - une information difficile à confirmer tant ces derniers se montrent discrets.
Son engagement politique ne date pas d'hier (étudiant à l'X, il a milité au sein du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers), mais il l'a mis en sourdine pendant ses années en entreprise. Jusqu'à sa rencontre « par hasard » avec Marine Le Pen, dans un dîner en 2021. « Elle m'a impressionné, par son épaisseur de cuir et sa sincérité d'engagement », raconte-t-il.
Discours antieuropéen relativisé
Son expérience du monde des affaires ne l'empêche pas d'endosser la vision du parti d'extrême droite, du rôle essentiel de l'Etat dans l'économie. « C'est la prospérité économique qui permet de financer le modèle social, auquel nous sommes très attachés. A condition que l'Etat joue son rôle », dit-il, se réclamant du « Gaullisme social » et citant par exemple un rôle d'« incitation dans l'utilisation de l'épargne » - tout en prônant par ailleurs une « meilleure efficacité » de l'Etat.
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supprimer les normes et les contraintes qui pèsent sur les entreprises. Il figure d'ailleurs parmi les trois membres du parti chargés aujourd'hui de rencontrer les principales organisations patronales, afin de préparer « un grand projet d'ordonnance de simplification » qui serait publié « dès le début du mandat », en cas d'arrivée du RN au pouvoir l'an prochain.
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