Détail de la couverture de "Ressources. Un défi pour l'humanité", de Philippe Bihouix et Vincent Perriot (Casterman, 2024) - © Casterman
Série « L'écologie en BD »
Épisode 2/4 : Ressources : une bande dessinée écologique, un voyage intersidéral
Publié le mardi 28 janvier 2025 / On se décarbone
À l'occasion du festival d'Angoulême, Raphaël Gerson nous présente une deuxième bande dessinée écologique qui nous emmène dans l'espace.
Nous sommes en 3019, et l’humanité a définitivement conquis l’espace : la lune est devenue notre base arrière industrielle, les astéroïdes nous fournissent les minéraux les plus rares, et l’humanité est divisée en 2 : ceux qui vivent encore sur notre planète, et ceux qui ont choisi de s’exiler dans de gigantesques structures en orbite autour de la Terre...
Non, il ne s’agit pas d’une bande dessinée écrite par Elon Musk ou Jeff Bezos : s’ils sont clairement mis en scène dans l’album, c’est pour mieux les ramener sur terre, et nous montrer que leurs projets relèvent d’un mythe : celui du "Cornucopianisme ».
Les "Cornucopiens" ou le mythe de la corne d'abondance
Le "Cornucopianisme" correspond au mythe de la « corne d'abondance » : les « Cornucopiens » pensent qu’on trouvera toujours de nouvelles ressources et que les progrès technologiques sont LA solution pour résoudre les problèmes rencontrés par l’humanité, notamment le défi écologique ;
Or les auteurs de la BD ont fait les calculs : on risque de consommer davantage de minerai, d’énergies fossiles, d’eau et de ressources naturelles en général dans les trente prochaines années, que depuis l’aube de l’humanité.
Les « Cornucopiens » répondront qu’on disait ça pour le pétrole, alors qu’on continue de trouver de nouveaux gisements,et c’est une BD qui les fera peut-être changer d’avis : car elle montre que ces nouveaux gisements sont toujours plus difficiles d’accès et que nous sommes aujourd’hui dans un cercle vicieux : on a besoin de toujours plus de pétrole... pour aller chercher du pétrole.
La bande dessinée "Ressources" répond aux Cornucopiens par la science
Car la croissance est une fonction « exponentielle » : par exemple, si on continue d’augmenter de 2% la quantité de métaux que l’on extrait chaque année, elle va doubler tous les trente-cinq ans. Et dans quelques centaines d’années, il nous faudra les métaux du système solaire tout entier…
La BD propose donc des pistes de réflexion sur terre. Notamment sur la sobriété : comme pour nos véhicules, qui pèsent souvent près de 2 tonnes pour déplacer moins de 100 kilos de passagers la plupart du temps…
Ensuite sur le « techno-discernement » : qui consiste à renoncer à truffer nos objets du quotidien d’électronique souvent inutile, pour réserver nos ressources à des innovations qui ont une vraie valeur ajoutée, comme en médecine.
Enfin, la BD prône davantage de mutualisation : par exemple dans la téléphonie mobile, si les différents opérateurs mettaient en commun leurs réseaux (comme c’est le cas dans l’électricité) on pourrait diviser notre consommation électrique par deux.
Clés : Environnement Arts et Divertissement Écologie BD – Manga Bandes dessinées – Romans graphiques Festival de la BD d’Angoulême Énergies renouvelables