Un retour au réel. Voilà ce que les « gilets jaunes » sont depuis trois mois : un retour des classes populaires dans le débat public, dont elles avaient été consciencieusement chassées. Cette exclusion des classes populaires du champ politique, les tenants de l’ordre néolibéral l’ont pensée, théorisée. L’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn l’écrivait noir sur blanc dans son livre La Flamme et la Cendre (Grasset, 2002 ) : « les couches sociales regroupées dans le terme générique d’“exclus” ne votent pas pour (la gauche), pour cette raison simple que, le plus souvent, elles ne votent pas du tout. Au risque de l’impuissance, (la gauche) se voit dans l’obligation de trouver à l’intérieur d’autres catégories sociales le soutien suffisant à sa politique. »
Dix-sept ans plus tard, cette résurgence des classes populaires fait peur, elle fait peur aux élites, sous les fenêtres desquelles les « gilets jaunes » manifestent, comme le montre la carte publiée par Le Monde diplomatique. Une carte des « lieux de pouvoir à Paris » qui a suscité des cris d’orfraie
...
Entretien – Vidéo 14’12
Depuis quelques jours, une idée émerge du mouvement des Gilets jaunes : le référendum d’initiative citoyenne, ou RIC. Enfumage ou révolution démocratique ?
Les médias dominants ne parlent plus que de ça. Le référendum d’initiative citoyenne semble être plébiscité comme le remède miracle à la colère des Gilets jaunes. Exit les revendications de justice sociale, de justice fiscale ou d’augmentation des salaires, c’est la démocratie directe que les Gilets veulent. Ainsi ce référendum d’initiative citoyenne, sorti inopinément du chapeau, semble également beaucoup plaire au gouvernement. Le Premier ministre Édouard Philippe, dans un entretien donné aux Échos, n’a pas fermé la porte :
« Je ne vois pas comment on peut être contre son principe. Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet, ni dans n’importe quelles conditions. [1] »
Alors faut-il se battre pour obtenir ce référendum d’initiative citoyenne ? Et veiller à ce qu’il ne soit pas vidé de sa substance par le pouvoir et sa « peur du peuple » ? Possible enfumage, ou changement démocratique à potentiel révolutionnaire ? La France insoumise, qui avait des propositions équivalentes dans son programme « l’Avenir en commun », a déposé mardi 18 décembre un projet de loi constitutionnelle sur le référendum d’initiative citoyenne.
Un entretien de Gaylord Van Wymeersch avec Charlotte Girard, maîtresse de conférences de droit public à l’université Paris Nanterre et membre de Le France insoumise.
journaliste : Gaylord Van Wymeersch
réalisation : Jonathan Duong et Cécile Frey
son : Sylvain Richard et Julien Ar Coz
SALAIRES Parti pris
Macron cajole les policiers et méprise les autres fonctionnaires
21 décembre 2018 Par Laurent Mauduit
Les policiers ont obtenu une hausse de leurs salaires qui est refusée à tout le reste de la fonction publique. Détestable logique des régimes autoritaires ou en crise : les forces de répression profitent d’une considération qui est refusée aux infirmières ou aux instituteurs.
Mots-clés : Christophe Castaner Fonction Publique Maurice Grimaud Paul Moreira Police
...
Les motifs d’indignation pour les fonctionnaires sont donc innombrables. Primo, il est évidemment très choquant que la fonction publique soit ainsi laissée en déshérence, comme si les missions publiques étaient vouées progressivement à l’asphyxie. Deuzio, le contraste entre les hausses acceptées pour les policiers mais refusées pour les autres fonctionnaires est évidemment incompréhensible : pourquoi les infirmières à qui l’on confie notre santé lorsque l’on va à l’hôpital public, pourquoi les instituteurs à qui l’on confie l’avenir de nos enfants mériteraient-ils moins d’égard et de considération que les policiers ? À l’Assemblée nationale, jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon a avancé une explication, et elle est convaincante : c’est la peur qui explique cette différence de traitement. La peur qu’éprouve un gouvernement en pleines turbulences et qui ne sait pas comment réprimer une colère sociale aussi profonde…
Suède : panique en mer Baltique ? - Ajoutée le 16 nov. 2018 / Le Dessous des Cartes - ARTE - YouTube
48 374 vues - 1 k - 136
[Disponible jusqu'au 17 janvier 2019]
Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie de Vladimir Poutine, le climat a changé en Suède. Bien que n’ayant avec la Russie qu'une frontière maritime, le royaume scandinave vit dans l’obsession d’une attaque de son imprévisible voisin, qu’elle accuse de multiplier les violations de son espace aérien et de ses eaux territoriales. Que penser de ce climat de "panique en mer Baltique" ?
Catégorie Actualités et politique 0 commentaire