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Dossier
Rentrée 2026 : la colère lycéenne
Lycées, 17 octobre : « Faisons fructifier la colère »
La mobilisation du 17 octobre signe-t-elle un début de convergence des luttes ? Après des semaines de manifestations lycéennes et étudiantes, les appels à se mobiliser se multiplient. Notre émission en accès libre.
À l’air libre
15 octobre 2026 à 18h57
Samedi 17 octobre, de nombreuses manifestations sont annoncées partout en France. Des mobilisations qui font suite à des appels lancés sur les réseaux sociaux avant même l’émergence de la mobilisation lycéenne.
Ces appels de citoyen·nes et de collectifs, désormais soutenus par certains syndicats, insistent sur la hausse des prix mais les revendications sociales, écologiques, politiques et démocratiques vont souvent bien au-delà.
Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec Raphaël Gribe Marquis et Mathieu Mialaret.
Avec :
- Inès Nesrine Boutaybi, élue au Conseil de vie lycéenne de l’établissement Eugène-Delacroix à Drancy (Seine-Saint-Denis), étudiante à Sciences Po Paris ;
- Pierre Douillard-Lefevre, chercheur en sciences sociales, contributeur de Contre-Attaque et auteur de plusieurs livres sur les libertés publiques et la militarisation de la police et de la société : L’Arme à l’œil (éd. Grevis, 2016), Nous sommes en guerre (éd. Grevis, 2021) ; Dissoudre (éd. Grevis, 2024) et Maudite soit la guerre, manuel de résistance antimilitariste (éd. Divergences, 2025) ;
- Anne-Gaëlle Kramer, infirmière libérale en Côte-d’Or, vice-présidente d’Infirmiers libéraux en colère, qui a lancé un appel commun à la mobilisation pour les 17 et 18 octobre avec les collectifs Convergence infirmière et La Force invisible des aides à domicile ;
- Fatima Ouassak, essayiste, politologue, militante écologiste et antiraciste, cofondatrice du Front de mères et de la maison de l’écologie populaire Verdragon à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), autrice de La Puissance des mères (éd. La Découverte, 2020), Pour une écologie pirate. Et nous serons libres (éd. La Découverte, 2023) et coautrice avec Alice Coffin du Camp du bien (éd. Les liens qui libèrent, 2026) ;
- Julie Souman, cofondatrice du Mouvement des mères isolées, ancienne participante du mouvement « Bloquons tout ! » de septembre 2025 ;
- Ayoub, élève de terminale au lycée Mozart du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).
Connu / https://bsky.app/profile/edwyplenel.bsky.social/post/3mxwss4oeps2r
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@edwyplenel.bsky.social
La mobilisation du 17 octobre signe-t-elle un début de convergence des luttes ? Après des semaines de manifestations lycéennes et étudiantes, les appels à se mobiliser se multiplient. L’émission en accès libre de Mediapart.
21:38 · 15 oct. 2026
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Tr.: ...
nous vivons un moment fasciste sous Macron ... menace insurrectionnelle ... joie, solidaires, dimension raciale et coloniale ... solidarité antiraciste ... violence institutionnelle subie par les lycéens dans des conditions déplorables et insalubres ... crée de la haine, réponse proportionnelle à ces violences institutionnelles ... majoritaire manifestations pacifiques ... ce n'est pas encore un État fasciste, le RN au pouvoir, ce serait pire ... patriarcat hyper puissant dans le monde de la santé ... on ne fera pas barrage à l'extrême droite pour sauver l'extrême centre ... travailler l'ancrage local pour que la gauche de rupture gagne ... le fascisme est l'évolution de la démocratie par temps de crise ... on bouleverse la nasse électorale ... Mélenchon victoire, pas impossible ... patronat ne cache plus sa préférence vers l'extrême droite ... pas seulement déléguer par le vote, descendre dans la rue ... croit aux mobilisations sociales face au violences administratives avec peu de recours ... contrôles de la CAF ... devoir prouver qu'on est célibataire ... une maman a santé du 7ème étage car n'avait plus de solutions ... faire fructifier sa colère, en faire de la joie ... si pas de violence, on n'est pas écoutés ... c'est un rapport de forces ... les citoyens les plus précaires souffrent le plus ... avec les professeurs, on recherche le même but ... se battre pour le maintien à domicile ... quartier populaire et quartier huppé ... les gens seuls à domicile regardent la TV h 24 les chaines d'info en boucle, ça les rend encore plus racistes ... appel toutes et tous à sortir dans les rues et revendiquer ...
6 décembre 2004, l'institutrice Elsa Bouteville réussit à donner le goût de la lecture à ses élèves de CE2
55 minutes
Ce jour-là, l'enseignante en classe de primaire à Villeneuve la Garenne, en Zone d’Education Prioritaire, découvre comment faire entrer dans le monde de la lecture ses élèves les plus rétifs. Une belle victoire !
Cours de lecture (image d'illustration) © Getty / Steve Debenport
Ziyane Bader, Sidi. Les affreux. Eux qui incarnent à merveille l’imagerie de la banlieue : à vif, explosifs. Les effrontés. Les durs. Souvent, dans la cour, ils n’hésitent pas à se battre, ça démarre vite, ça part au quart de tour. Alors, très vite, l’étiquette est posée. Elle sera même brodée, pour longtemps : irrécupérables, rétifs, violents… Parfois ça peut aller plus loin. On ne le dit pas, mais on le pense quand même: futur djihadiste, futur délinquant, de la racaille en puissance.
Extrait du texte d’Elsa Bouteville publié dans le livre collectif :Territoires vivants de la République. Ce que peut l'école : réussir au-delà des préjugés.
La professeure des écoles a justement rédigé ce texte pour combattre de tels préjugés.
Sidi, le « caïd » sensible et attachant, rétif à la lecture
En CE2 les écoliers savent lire, en théorie du moins. Parfois, il y des ratés comme pour Sidi, rétif à la lecture et empêtré dans ses blocages malgré deux années passées en CP. Elsa Bouteville fait plusieurs tentatives de rattrapage en tête en tête avec Sidi, au fond de la classe. En vain. Elle décide finalement de repartir de la base avec des livres d’images sans texte, des livres à toucher. Et ça fonctionne :
L'enfant regarde et touche le livre, il l’emporte avec lui. L’envie d’aller vers les livres était là !
Former un cercle pour s’accepter les uns les autres
Chaque matin avant de commencer la classe, les enfants se regroupent : « un moment privilégié où assis par terre en cercle, tous les enfants s’accueillent mutuellement : chacun dit bonjour, se parle, on y accueille les émotions du jour et celles de la veille. C’est l’objectif du cercle : exprimer ses émotions, de joie ou de colère. » Pendant longtemps Ziyane refuse d’y entrer, mais Elsa Bouteville n’a pas lâché l’affaire en lui demandant chaque matin : « Tu ne viens pas t’asseoir avec nous Ziyane ? », et un jour, l'enfant est rentré dans le cercle.
« Territoires vivants de la République » en réponse aux « Territoires perdus de la République »
Le premier, paru à l'automne 2018, répond au second, publié 12 ans plus tôt, puis réédité en 2015. Un livre choc dans lequel des professeurs racontent l’impossibilité pour l’école de la République d’éduquer en banlieue : on y parle de territoires perdus mais aussi de territoires de la haine où les principes de la laïcité sont bafoués. Elsa Bouteville a ressenti un décalage entre ce qu'elle lisait et ce qu'elle vivait . Pour elle, "les postures et les discours de haine peuvent se déjouer, se déminer. C’est à nous, enseignants, d’être vigilants et de travailler sur les représentations figées de la société qu’ont certains gamins. » Exemple : la religion, où l’objectif, tout en restant neutre, est d’amener chacun à respecter les idées de l’autre. L’école, lieu de savoir, ne doit pas être un lieu de destruction de la croyance. Les deux peuvent cohabiter ensemble.
A l’école, tous les enfants que l’on accueille ne sont pas aptes à s’asseoir et à apprendre quand on le leur dit. Le discours négatif des adultes sur ces enfants m’irrite beaucoup. L’école s’adresse d’abord à ceux qui sont en difficulté et non pas aux plus sages. Et ça l’institution l’a oublié.
Elsa Bouteville bombardent ses élèves de poèmes. A lire, à réciter. Même en ZEP (Zone d'Education Prioritaire). Surtout en ZEP. Pas question de baisser le niveau. La poésie comme un moyen pour apprendre à dire ses émotions, celles de ceux dont on pensait qu’ils n’avaient pas les mots. Ou que de la haine.
Pour aller plus loin
Le livre auquel a participé Elsa Bouteville : Territoires vivants de la République. Ce que peut l'école : réussir au-delà des préjugés. Sous la direction de Benoît Falaize (La Découverte, 2018)
Elsa Bouteville est aussi l'auteure d'ouvrages pédagogiques aux éditions de Retz :
dans la collection Espace temps CE2 , à l'attention des élèves du primaire : Mes premiers récits
dans la collection Histoires à écrire, des livres imagés sans texte pour donner aux élèves le goût d'écrire et de construire des récits.
On en a parlé :
Les territoires perdus de la République, sous la direction d'Emmanuel Brenner (Fayard, 2015)
La foire aux cancres, de l'écrivain et humoriste Jean-Charles, réédité en 1996 chez Librio
Le poème de Victor Hugo extrait de son recueil "Les Contemplations" : "Demain dès l'aube...", lu par le comédien Bernard Noël en 1960.
La play-list de l'émission :
Song for Jedi, Dionysos (2002)
Trick Me, Kelis (2004)
The capitalist blues, Leyla Mac Calla (2018)
Les références du générique de l'émission :
"Le Temps est bon" d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi
Les invités
Elsa Bouteville
Professeure des écoles
Les références
Territoires vivants de la République. Ce que peut l'école : réussir au delà des préjugés écrit par Benoît Falaize (La Découverte)
L'équipe
Zoé Varier Productrice
Flora Bernard Réalisatrice
Rebecca Denantes Attachée de Production
Djubaka Programmateur musical
Mots-clés : Culture école Livres éducation nationale
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- article sur l'accueil inconditionnel dans la vie ordinaire (par opposition au cabinet d'un thérapeuthe (ex Carl Rogers approche centrée sur la personne)
Près d’un millier de personnes ont participé à la marche blanche organisée hier à Grenoble, en hommage à Adrien Perez. Le jeune homme de 26 ans a été tué d’un coup de couteau en plein cœur le 29 juillet dernier, après s’être interposé lors d’une rixe à la sortie d’une boîte de nuit. Derrière une grande banderole clamant "Justice pour Adrien. Nous ne t’oublierons jamais" et ballons blancs à la main, le cortège a défilé pendant une heure et demi dans les rues grenobloises, où Adrien Perez a grandi. Ce rassemblement était également l’occasion pour les proches de la victime et les habitants d’exprimer le sentiment d’insécurité qui règne à Grenoble. "On a beau dire "ça suffit", "plus jamais ça" et organiser des marches blanches après chaque drame, rien ne change et la liste des victimes s’allonge", a déploré le père d’Adrien Perez. Hier soir, une nouvelle scène de violence a éclaté dans la ville : un homme a été gravement blessé lors d’une fusillade, mais son pronostic vital n’est pas engagé.
Problèmes d’insécurité, manque de moyens et de mobilisation de la part de l’Etat : la liste des revendications est longue pour les maires de banlieues. Face aux difficultés rencontrées au quotidien, les élus et les associations ont tiré la sonnette d’alarme il y a plusieurs mois déjà. En mai dernier, le maire de Sevran Stéphane Gatignon a décidé de démissionner, dénonçant le "mépris de l’Etat pour les banlieues". Alors que le rapport de Jean-Louis Borloo cristallisait les espoirs et les attentes, le gouvernement a finalement proposé des mesures bien moins ambitieuses. Avec Emmanuel Macron, il n’y aura donc pas de grand "plan banlieues", mais "une nouvelle méthode". Sera-t-elle suffisante pour convaincre des élus qui se sentent abandonnés ?
Face à la violence et aux affrontements à répétition dans les quartiers, il existe une brigade spécialisée : le Groupe de Soutien des Quartiers (GSQ). Depuis 2010, les forces de l’ordre patrouillent dans des endroits ciblés pour surveiller les bandes d’individus violents et intervenir en cas de rixe. Rivalités territoriales, amoureuses, trafic de stupéfiants ou autres affaires : les conflits ont plusieurs sources et peuvent dégénérer très vite. En établissant un suivi de ces groupes et une meilleure coopération entre les commissariats locaux, la police mise sur la prévention pour éviter de nouveaux drames.
Comment expliquer la "culture de la violence" à Grenoble ? Comment en finir avec l’insécurité dans les quartiers ? Quelles mesures concrètes le gouvernement Macron a-t-il pris en faveur des banlieues ?
Invités :
- Yves THREARD - Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
- Damien DELSENY - Rédacteur en chef adjoint au Parisien, en charge du service police / justice
- Xavier LEMOINE - Maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis)
- Evelyne SIRE-MARIN - Magistrate, Présidente de chambre à la cour d’appel de Versailles
Ndlr : faire offre de service avec AMS+MDH+CHDEB+ZADpartout ACT