Christine, conductrice solidaire, emmène Henriette, qui n'a pas de voiture, faire des courses à quinze kilomètres de chez elle
Christine, conductrice solidaire, emmène Henriette, qui n'a pas de voiture, faire des courses à quinze kilomètres de chez elle ©Radio France - Cécile Bidault / France Inter
Roulons solidaires : les trajets partagés en bonne voie - Lundi 19 août 2024 / L'esprit d'initiative
En novembre, Esprit d’Initiative partait pour Châteauneuf-du-Faou, en Haute-Cornouaille. Le centre social y organise des transports solidaires pour faciliter les déplacements des habitants de cette zone rurale, où les transports ne sont pas toujours adaptés. Nous avons pris des nouvelles.
« On a évolué dans le bon sens », explique Laëtitia Runavot au téléphone. Coordinatrice des activités du centre social Ulamir Aulne de Châteauneuf-du-Faou, nous l’avions rencontrée en novembre. Dans cette zone rurale de Haute-Cornouaille, le centre social a développé le service Roulons solidaires. L’idée ? Des volontaires des onze communes qui dépendent du centre conduisent leurs voisins sur des trajets pouvant aller jusqu'à 100 kilomètres.
Trois chauffeurs en plus
Alors que dix personnes s’étaient portées volontaires pour assurer les trajets de Roulons Solidaires au moment du reportage, il y a maintenant « trois chauffeurs en plus sur des communes qu’on ne couvrait pas jusque là » raconte Laëtitia Runavot. « La demande a beaucoup augmenté. En 2023, on a fait 87 transports. Depuis janvier, on est déjà à 78 ». Le succès au rendez-vous : « il y a un réel besoin, et de plus en plus » ajoute la coordinatrice. Pour l’instant, le centre social arrive à répondre à toutes les demandes, mais « on recherche encore des chauffeurs », précise-t-elle.
Des liens sociaux renoués
Au-delà des trajets partagés, c’est aussi le lien social que le centre Ulamir Aulne veut renforcer. « Il y a eu des rencontres sur le temps du transport qui ont conduit à de l’entraide entre les personnes : ‘je vais t’aider à couper ta haie’, ‘je vais t’aider à tondre ta pelouse’, ‘je te prête des outils si tu en as besoin’ », raconte Laetitia Runavot. Les liens noués pendant les trajets ne s’arrêtent pas là. « Il y a autre chose qui se passe après le transport, comme aller prendre un café ». Le succès de Roulons Solidaires donne aussi un coup de boost au centre social : « souvent les personnes qui participent à Roulons Solidaires reviennent après pour les sorties organisées par le centre. »
C'était le premier transport de Christine avec Henriette, les deux femmes ont prévu de se revoir au centre social. C'était le premier transport de Christine avec Henriette, les deux femmes ont prévu de se revoir au centre social. © Radio France - Cécile Bidault / France Inter
Une caravane itinérante
Au moment de notre rencontre, le centre social avait pour projet de réhabiliter une caravane. « Ça y est ! » se réjouit Laëtitia. « Elle a été rénovée par les habitants, des bénévoles ont refait l’intérieur de la caravane. Depuis, on sillonne la Haute-Cornouaille, on est trois semaines dans une commune, puis trois semaines dans une autre. Ça marche très bien ». L’objectif ? « Aller à la rencontre des gens pour faciliter l’accès au centre social ». C’est alors l’occasion de « discuter, s’il y a une problématique, de la résoudre, de les orienter ». « On a des retours de gens qui disent que ça leur fait du bien de nous parler », certains souhaitent même rejoindre l’association en septembre, raconte-t-elle. En plus de sillonner la Haute-Cornouaille, la caravane du centre social est « aussi sur les marchés ».
Clés : Société Transports Mobilité Bretagne Campagne – Ruralité Solidarité Vieillesse – Personnes âgées
L'équipe Cécile Bidault, journaliste à France Bleu Nord et Production