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Le vrai ennemi, c’est le productivisme
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John Stuart Mill, au milieu du XIXe siècle avait théorisé le fait que les ressources de la planète sont finies et donc la croissance ne peut pas être infinie. Il arrive avec la théorie de “stady state” (état stationnaire), qui est très à la mode aujourd’hui, qu’il faut viser un état d’équilibre et ensuite répartir les biens selon des principes qu’on peut discuter. Pourtant, Mill est un vrai libéral individualiste.
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Les choses sont beaucoup plus complexes que cela. Il faut déconnecter productivisme et marché
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J’ai été invité à EELV, au lancement de leur campagne européenne. Je leur ai demandé pourquoi il n’y avait pas de gens qui font de la finance régénérative, c’est-à-dire par exemple qui cherchent des solutions d’assurance pour la transition agroécologique. Où sont les libertaires ? Où sont les financiers qui cherchent des solutions – bien sûr on peut distinguer ceux qui font du greenwashing des authentiques ?
Je pense que les deux chemins, que sont les chemins que prennent mes deux héros, sont intéressants. Se pose la question de savoir s’ils sont compatibles, s’ils peuvent exister ensemble dans une société donnée ou s’ils sont exclusifs. Cela se reflète dans l’amitié possible ou impossible des deux héros. Pour moi, cette question est très ouverte.
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On pourrait conclure à la lecture de votre roman que les parcours d’Arthur et Kevin sont la preuve que l’éco-anarchisme et le capitalisme sont deux impasses…
Ce qui ne marche pas, c’est l’hubris. Et les deux héros, pour des raisons très différentes, tombent dans la démesure. Arthur est entraîné dans une forme de vertu révolutionnaire, qui devient absolue. Kevin, à son corps défendant, puisqu’il est manipulé par une fille cynique, est entraîné dans une entreprise géante. À la fin du livre, chacun réussit à être ramené à l’humilité, par l’humus. Dans leur petit projet, ils parviennent à leur fin. Dans la question écologique, l’une des choses les plus importantes est de concevoir la limite de l’action humaine. Est-il alors possible d’être soi-même dans la démesure, compris dans la démesure de la vertu ?
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Le capitalisme bancaire va essayer de financer des projets qui ont un intérêt économique et en tirer un pourcentage. Le private equity c’est totalement différent. Ce sont des gens qui prennent des bouts de l’entreprise très jeune, en pariant que sur les 1 000 entreprises financées, deux feront x 100 000. Que toutes les autres se cassent la gueule ce n’est pas grave. C’est pour cela que les jeunes entrepreneurs disent tous qu’ils vont changer le monde. Ce n’est pas par grandeur d’âme, c’est un modèle économique aujourd’hui.
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Je préfère qu’on dise qu’une entreprise est faite pour ne pas être morale, mais que les règles qui l’encadrent la pousse à prendre la direction que la volonté générale a décidée.
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L’écologie est tellement complexe, avec tellement d’externalités, qu’on ne va pas demander à toutes les entreprises du monde de réinventer ce qu’il y a de bien et pas bien. J’ai voulu le dénoncer à travers Mme RSE, même si c’est léger, parce que le livre balaie toutes les attitudes possibles par rapport à l’écologie : le cynisme, la radicalité, la tartufferie.
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Je donne des ingrédients et même de l’info pour questionner ... Ils ont de vrais questionnements fondés sur une vraie éco-anxiété
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j’écoute à la fois les gens qui font de la finance régénérative et les Soulèvements de la terre. Je pense que les deux touchent des choses importantes. Je pense que les deux chemins peuvent coexister, que ce ne sont pas des modèles de société exclusifs.
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Je souffre lorsque je dois entrer mon nom pour obtenir un billet SNCF. Et je ne m’habitue pas. La Deutsche Bahn ne demande pas cela. C’est du contrôle inutile
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Cela donne envie non pas de bifurquer, mais de faire la Révolution…
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france-5 Magazines 1 h 5 min Français tous publics Vidéo sous-titré -
Présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé
diffusé le 04/04/23 à 17h44 Disponible jusqu'au 04/05/23
Transports, santé, éducation, sécurité, téléphonie, Internet… Alors que l’intelligence artificielle s’impose de plus en plus dans nos vies, des centaines d’experts mondiaux et patrons de la tech appellent à une pause dans son développement, évoquant "des risques majeurs pour l’humanité".
Dans une pétition parue sur le site futureoflife.org la semaine dernière, ils réclament un moratoire jusqu’à la mise en place de systèmes de sécurité, dont notamment de nouvelles autorités réglementaires, la surveillance des systèmes d’IA, des techniques pour aider à distinguer le réel de l’artificiel et des institutions capables de gérer les "perturbations économiques et politiques dramatiques (en particulier pour la démocratie) que l’IA provoquera".
Cette pétition réunit le cofondateur d’Apple, de nombreux universitaires, des ingénieurs de Microsoft et Elon Musk, propriétaire de Twitter et fondateur de SpaceX et de Tesla. Également signataire, Yoshua Bengio, pionnier canadien de l’IA, a exprimé ses inquiétudes, lors d’une conférence de presse à Montréal : "Je ne pense pas que la société est prête à faire face à cette puissance-là, au potentiel de manipulation par exemple des populations qui pourrait mettre en danger les démocraties". "Il faut donc prendre le temps de ralentir cette course commerciale qui est en route", a-t-il ajouté, appelant à discuter de ces enjeux au niveau mondial, "comme nous l’avons fait pour l’énergie et les armes nucléaires".
Mais de quoi parle-t-on ? Le secteur de la tech traverse une révolution profonde, avec l'avènement de nouvelles formes d'intelligence artificielle. Mais en quelques mois, la vague de l'IA dite "générative", emmenée par ChatGPT (texte) et par Midjourney (image) a fait vaciller bien des certitudes, tant par exemple les images produites par les IA ont atteint un niveau de réalisme sans précédent. Ainsi on a pu voir ces dernières semaines sur les réseaux sociaux des images d’Emmanuel Macron en train de ramasser des déchets, le pape François emmitouflé dans une longue doudoune blanche façon rappeur américain, Barack Obama et Angela Merkel bâtir des châteaux de sable... Dans ce boom de l’IA, les deepfakes, cette technologie permettant de plaquer, le visage d’une personne sur celui d’une autre déjà présente dans une vidéo, sont également de la partie.
Dans ce contexte, le Commissaire européen Thierry Breton qui prépare actuellement la règlementation européenne sur l’intelligence artificielle (Artificial Intelligence Act) a déclaré que celle-ci devrait inclure une réponse aux préoccupations concernant les risques liés à ChatGPT. "Les solutions d'IA peuvent offrir de grandes opportunités aux entreprises et aux citoyens, mais peuvent aussi présenter des risques. Les gens devraient être informés qu'ils ont affaire à un chatbot et non à un être humain. La transparence est également importante au regard du risque de partialité et de fausses informations", a-t-il expliqué.
Alors face à la révolution technologique en cours, sommes-nous prêts ? Quels sont les risques ou les opportunités pour nos démocraties et nos économies ? L'Intelligence artificielle (IA) est déjà bien présente dans nos vies sans que nous nous en doutions. Où s’applique-t-elle ? Quels sont les domaines où tout pourrait changer ? Enfin alors que selon l’INSEE l’illectronisme, l’incapacité à utiliser des appareils numériques, touchait 17 % de la population en 2019. Comment lutter contre la fracture numérique ?
Nos experts :
- Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute Finance
- Gaspard Koenig, philosophe, auteur de "La fin de l’individu : voyage d’un philosophe au pays de l’intelligence artificielle"
- Laurence Devillers, professeur en intelligence artificielle : Université La Sorbonne, experte en interaction humain / machine, auteur de "Les robots "émotionnels"
- Nicolas Berrod, journaliste au service futurs "Le parisien" "Aujourd’hui en France"
Tr.: ... réseaux de neurones pour l'apprentissage profond ...