...
Le mot de l’association négaWatt
L’Association négaWatt cherche, depuis la publication en 2003 de son premier scénario pour la France, à éclairer par sa vision prospective les choix qui s’offrent, ou parfois s’imposent à nous pour rendre notre système énergétique plus soutenable. Nos scénarios, la tête dans un futur désirable et les mains dans les réalités de terrain, sont une des contributions à ce débat essentiel : les évolutions de la consommation et de la production d’énergie structurent, à bien des égards, notre avenir commun.
Encore faut-il que le débat public s’en saisisse. En ces temps de recul démocratique, nous sommes préoccupés par l’écart croissant entre les enseignements des exercices prospectifs, de plus en plus convergents dans leur méthode et leurs résultats, et les termes du débat médiatique et politique. Contribuer avec l’ADEME et le Shift Project à Comprendre2050.fr, pour mettre notre compréhension partagée des enjeux à la portée de tous, nous semble dans ce contexte d’utilité publique.
Yves Marignac et Thierry Salomon, contributeurs aux travaux prospectifs, porte-paroles, Association négaWatt
Mardi 26 octobre 2021, l’Association négaWatt présentait son 5e scénario de transition énergétique pour la France. Plus de 2000 personnes ont suivi cette présentation publique sur place ou à distance. Le replay vous est proposé ci-dessous (durée : 3h22).
► Téléchargez le diaporama de la présentation https://negawatt.org/IMG/pdf/211026_diaporama_scenario-negawatt_2022.pdf
Déroulé de la présentation
► Ouverture
Dominique Gauzin-Müller, membre de la Compagnie des négaWatts,
Stéphane Chatelin, directeur de l’Association négaWatt.
► L’ambition d’une société plus durable et plus équitable
Au-delà de leurs calculs et modélisations d’ingénieurs, aussi complexes et utiles soient-ils, les scénaristes de l’Association négaWatt ont mis au cœur de leur approche le souhait de rendre la société plus désirable et plus heureuse, à l’image de leur credo : « Léguer des bienfaits et des rentes aux générations futures plutôt que des fardeaux et des dettes ».
Yves Marignac, porte-parole de l’association
► Le scénario négaWatt 2022 en détail
Le scénario négaWatt étudie chaque secteur de consommation (bâtiment, transport, industrie, agriculture) et chaque filière de production d’énergie (renouvelables, fossiles, nucléaire) afin d’envisager une transition possible de notre système énergétique.
Cette présentation est assurée par plusieurs représentant(e)s de l’équipe bénévole et salariée de l’Association négaWatt :
- Bâtiment : Thierry Rieser
- Mobilité : Stéphane Chatelin
- Industrie et biens de consommation : Emmanuel Rauzier
- Agriculture, alimentation et bioénergies : Christian Couturier
- Électricité renouvelable : Thierry Salomon
- Fossiles et nucléaire : Yves Marignac
- Bilan du scénario : Emmanuel Rauzier, Marc Jedliczka, Stéphane Chatelin et Charline Dufournet
► Conclusion Christian Couturier, président de l’Association négaWatt
Enquête — Alternatives - Durée de lecture : 11 minutes
[1/4] Le débat sur la politique énergétique se focalise en France sur une question secondaire : nucléaire ou renouvelables ? Car l’enjeu crucial est celui de la consommation énergétique. Et on ne pourra pas enrayer le changement climatique sans une politique déterminée pour économiser l’énergie et transformer nos modes de vie.
...
Sans sobriété, « on n’y arrivera pas », avertissait pourtant en juillet dernier Jean Jouzel, paléoclimatologue et ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Le concept de sobriété, prisé des philosophes antiques qui l’associaient au bonheur et à la sagesse, connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Un nombre croissant d’intellectuels, d’associations et d’institutions (comme l’Ademe, l’Agence de la transition écologique) y voient l’un des éléments centraux d’une transition énergétique réussie, permettant de rompre avec « l’ébriété » de nos sociétés de surabondance.
...
réduire notre consommation d’énergie et de biens matériels par un changement en profondeur de nos comportements et de nos modes de vie. Elle s’inscrit dans une démarche collective, dans la mesure où elle remet en cause les habitudes de consommation qui « structurent » aujourd’hui nos sociétés industrialisées, comme l’écrit Luc Semal dans Sobriété énergétique — Contraintes matérielles, équité sociale et perspectives institutionnelles (éd. Quae). En nous affranchissant de désirs superflus, nous limiterions la pression que nous exerçons sur l’atmosphère et le vivant.
« Évidemment, elle s’adresse à ceux qui ont des modes de consommation irraisonnés et peuvent les réduire » , précise Anne Bringault, coordinatrice des opérations au Réseau Action Climat (RAC). Alors que 3,8 millions de personnes en France sont en situation de précarité énergétique, la sobriété est une affaire d’équité sociale, selon Barbara Nicoloso, directrice de l’association Virage Énergie et autrice du Petit traité de sobriété énergétique (éd. Charles Léopold Mayer). « L’idée, c’est de rééquilibrer les choses, d’arriver à une juste consommation : que les personnes consommant trop arrêtent de le faire, et que celles étant dans une situation délicate puissent satisfaire leurs besoins essentiels, dit-elle à Reporterre. Il faut penser l’énergie comme une ressource vitale devant être accessible à l’ensemble de la population. »
L’ingénieur énergéticien Thierry Salomon, également vice-président de l’association Négawatt, définit la sobriété comme une « intelligence de l’usage ». Il distingue quatre leviers d’économies d’énergie. La sobriété structurelle consiste à réorganiser nos activités et l’espace de manière à favoriser des usages peu énergivores (comme en réduisant la distance entre les lieux de travail, les commerces et les habitations). La sobriété dimensionnelle vise à réduire autant que possible la taille de nos équipements — faire ses courses avec un véhicule d’une tonne n’est par exemple pas indispensable, dans la mesure où un vélo cargo peut souvent faire l’affaire. La sobriété d’usage, elle, invite à modérer notre utilisation desdits équipements — éteindre les écrans publicitaires, limiter la vitesse sur la route ou réparer son téléphone plutôt que de le jeter sont autant de manières de réduire notre consommation, explique-t-il. La sobriété conviviale, enfin, relève d’une logique de « mutualisation des équipements et de leur utilisation » : partager sa tondeuse avec ses voisins, par exemple, permet de diviser par deux les nuisances environnementales que sa production génère.
...
Thierry Salomon a retweeté
Vincent Boulanger @TransitionAllem · 1h
En Allemagne, les émissions de CO2 du secteur de la production d'électricité baissent depuis 2011 et la décision de sortir du nucléaire. La baisse est plus rapide que celle anticipée par la loi Climat, dont les objectifs sont ici en pointillés.
0 - 6 - 5
Ndlr : semble effectif sur la courbe montrée, mais, pour être juste, en 2020 il y a eu ralentissement de la demande, ce qui a facilité ce repli. Quelle sont les sources ?
Données / https://twitter.com/TransitionAllem/status/1346726340507160582
"
Tweet épinglé Vincent Boulanger @TransitionAllem
Les émissions de CO2 de l'Allemagne s'établissent à 722 MioT en 2020, selon Agora Energiewende @AgoraEW. Elles baissent ainsi de 42,3% par rapport à 1990, dépassant l'objectif 2020 de -40%. Toutefois, sans la crise du Corona les émissions n'auraient baissé que de 37,8% calcule le Think Tank.
8:52 AM · 6 janv. 2021·- 9 Retweets 22 J'aime
Vincent Boulanger @TransitionAllem · 6 janv. En réponse à @TransitionAllem
Pour atteindre les objectifs du Green Deal Européen, l'Allemagne doit baisser ses émissions d'ici 2030 de 65% et non plus de 55% comme le prévoyait le gouvernement allemand jusqu'ici.
"