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March 12, 2026

Au Havre, la gauche est déterminée à en finir avec « la vitrine d’Édouard Philippe » | Mediapart
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Décryptage

Par Sarah Benhaïda (Mediapart) - le 10/03/2026 à 09h00 - 99 commentaires

Candidat malheureux en 2020, le communiste Jean-Paul Lecoq est de nouveau en campagne pour conquérir la mairie. Entre montée de l’extrême droite et efforts redoublés à gauche pour faire voter les quartiers populaires, il menace Édouard Philippe et ses ambitions présidentielles.

« Les Havrais parlent aux Havrais », dit-il aux journalistes venu·es de Paris. Ce pourrait être son slogan, c’est en tout cas sa marque de fabrique. Pour la deuxième fois consécutive, le député communiste Jean-Paul Lecoq a décidé de repartir en campagne pour ravir la mairie du Havre. L’ancien maire de la commune voisine de Gonfreville-l’Orcher y affrontera de nouveau Édouard Philippe, qui lie ses ambitions présidentielles à sa réélection.

Avec cette année, une équation nouvelle : une montée du vote d’extrême droite aux derniers scrutins nationaux et le parachutage d’un candidat issu du parti ciottiste Union des droites pour la République (UDR), Franck Keller, arrivé de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) pour mettre en difficulté l’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron. Battu par Édouard Philippe en 2020, Jean-Paul Lecoq escompte cette fois-ci réussir là où la gauche échoue depuis trente ans ans.
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La réalité du Havre, second port français pour le trafic global derrière Marseille (Bouches-du-Rhône) et premier pour le trafic des conteneurs, c’est un taux de pauvreté de 23 %. Et un taux de chômage de 9 % – « le plus haut de la région Normandie, avec un emploi industriel sur quatre supprimé entre 2008 et 2018 dans la région havraise », énumère Baptiste Bauza, directeur de campagne et colistier de Jean-Paul Lecoq. Des chiffres plus importants encore dans la ville haute et les quartiers sud, loin de la plage et des aménagements du centre-ville.
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Dans l’un de ces quartiers, Bois de Bléville, « il y a une école, un arrêt de bus et pas de boulangerie » pour près de 2 000 habitant·es, affirme Djawed Fridi, numéro deux de la liste de La France insoumise (LFI) au Havre.

Dispersion des voix à droite
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C’est pour porter la voix des habitant·es de la Mare Rouge et continuer de mener son « combat contre l’abstention » que Zehra Buyuk Sevindik a rejoint la liste de Jean-Paul Lecoq
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Malgré tout, assure la socialiste Florence Martin-Péréon, numéro deux sur la liste, « le Havre est une ville de gauche ». « Depuis trente ans, les socialistes et les communistes n’étaient pas unis sur une même liste
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si la droite a mis un terme à trente années de communisme municipal en 1995, c’est toujours la gauche qui l’emporte ici aux élections nationales – même si l’extrême droite prospère de longue date sur la désindustrialisation de la cité portuaire. Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle en 2022 avec plus de 30 % des suffrages exprimés. Et Jean-Paul Lecoq lui-même a été réélu député avec 65 % des voix en 2022 et de nouveau avec le même score en 2024.
Les quartiers populaires, clé du scrutin
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Un abandon que Oumou Niang-Fouquet, adjointe d’Édouard Philippe chargée de l’éducation et de la jeunesse, réfute en bloc
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En campagne depuis un an « pour pousser les gens à s’inscrire sur les listes électorales », l’insoumis Djawed Fridi a une tout autre version des choses : « À Caucriauville, les travaux ne touchent que ce qui longe le tram, les grands axes sont refaits mais juste derrière, c’est pourri. La deuxième scène du Volcan, on l’attend depuis le milieu du premier mandat d’Édouard Philippe. Quant à Auchan, les commerces y sont trop chers, et comme les loyers le sont aussi, il y a plein de logements vides », rectifie-t-il.

Municipales 2026 : au Havre, Édouard Philippe joue son avenir national
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7 candidats sont en lice au Havre pour les élections municipales des 15 et 22 mars. ©Radio France - Amélie Bonté

Lundi 2 mars 2026 / L'info d'ici, ICI Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Le maire sortant Horizons Édouard Philippe se présente pour un troisième mandat en son nom lors des élections municipales des 15 et 22 mars. Face à lui, six candidats veulent le faire chuter au Havre et pourquoi pas pour sa campagne présidentielle.

Au Havre, le maire sortant Horizons Édouard Philippe brigue un troisième mandat en son nom pour les élections municipales des 15 et 22 mars. Face à lui, six autres candidats, dont son adversaire du second tour en 2020, le député communiste Jean-Paul Lecoq (soutenu par le PS, Les Écologistes et Place publique). L'ancien Premier ministre joue gros pour cette campagne municipale havraise, il a lui-même conditionné sa victoire à la suite de sa carrière politique et notamment à l'élection présidentielle.

"Il délaisserait Le Havre"

Un maire sortant absent, voilà ce que martèle Franck Keller, le candidat Union des droites pour la République et Rassemblement national, actuellement élu à Neuilly-sur-Seine : "Le Havre ne peut pas attendre six ans de plus. Édouard Philippe dit 'Si je suis élu maire du Havre, dès le lendemain je partirai pendant un an partout en France faire campagne pour une élection présidentielle', donc il délaisserait Le Havre. C'est complètement paradoxal."

Concentrée sur le premier tour de l'élection, Charlotte Boulogne, tête de liste La France insoumise, ne voit pas d'un mauvais œil le coup double, sortir Édouard Philippe au Havre et ailleurs : "Ce qui compte pour l'instant, c'est l'échéance municipale, mais si on pouvait faire d'une pierre deux coups et l'évincer pour les présidentielles, ce serait une bonne chose."

Le principal intéressé, Édouard Philippe, un peu lassé qu'on lui pose cette question de la présidentielle, répond une élection après l'autre :"La seule hypothèse où je cesserai d'être maire du Havre, c'est si - Dieu sait que ce n'est pas fait - je devenais président de la République. Si c'était le cas, ce ne serait pas mauvais pour Le Havre."

Ne pas "voler cette élection municipale" aux Havrais

À gauche, le député communiste Jean-Paul Lecoq se présente pour la seconde fois au Havre
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Édouard Philippe avait été réélu en 2020 au second tour avec 58,8% des suffrages contre 41,2% pour Jean-Paul Lecoq.

Le Poulpe - Municipales 2026 : à Montivilliers, le candidat RN se lâche sur Twitter
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Lanceur d'alerte - Décryptage

Par Victor Mottin - le 03/02/2026 à 15h25

Derrière l’image d’un candidat sérieux et discret, Gilles Lebreton cultive sur X (ex-Twitter) une rhétorique complotiste, en décalage avec la stratégie de dédiabolisation du RN.

Fin mai 2024, devant un auditoire clairsemé, l'eurodéputé RN Gilles Lebreton fait ses adieux au Parlement européen. Officiellement, l'homme, âgé à l'époque de 65 ans, a « décidé de quitter la vie politique » et de se « consacrer totalement à [s]on métier de professeur de droit ». « J'ai vraiment eu grand plaisir à travailler avec tous les collègues, même si j'étais parfois en opposition avec eux mais ça fait partie de la vie » entonne-t-il, sans effusion de sentiments. Et conclut : « Voilà, bonne chance à tous. » Le ton est froid, la parole concise. C'est la marque de fabrique de Gilles Lebreton. Peu connu du grand public, cet ancien chevènementiste, « séduit » par Marine Le Pen ...
Ndlr : nécessite un abt pour savoir :-(

Le Poulpe - Au Havre, la gauche est déterminée à en finir avec « la vitrine d’Édouard Philippe »
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Décryptage

Par Sarah Benhaïda (Mediapart) - le 10/03/2026 à 09h00

Candidat malheureux en 2020, le communiste Jean-Paul Lecoq est de nouveau en campagne pour conquérir la mairie. Entre montée de l’extrême droite et efforts redoublés à gauche pour faire voter les quartiers populaires, il menace Édouard Philippe et ses ambitions présidentielles.

« Les Havrais parlent aux Havrais », dit-il aux journalistes venu·es de Paris. Ce pourrait être son slogan, c’est en tout cas sa marque de fabrique. Pour la deuxième fois consécutive, le député communiste Jean-Paul Lecoq a décidé de repartir en campagne pour ravir la mairie du Havre. L’ancien maire de la commune voisine de Gonfreville-l’Orcher y affrontera de nouveau Édouard Philippe, qui lie ses ambitions présidentielles à sa réélection. Avec cette année, une équation nouvelle : une montée du vote d’extrême droite aux derniers scrutins nationaux et le parachutage d’un candidat issu du parti ciottiste Union des droites pour la République (UDR), Franck Keller, arrivé de Neu...
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Le Poulpe

... journal d’investigation sur internet consacré à la Normandie et ses principales villes. Accessible sur abonnement, ce média en ligne indépendant est spécialisé dans l’enquête journalistique, le décryptage de l’actualité locale et régionale, ainsi que l’exclusivité et la révélation. Il propose également des reportages, interviews et portraits au long cours.

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Municipales : la carte des 220 « brebis galeuses » du RN | StreetPress
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Par Aurélien Defer , Christophe-Cécil Garnier , Daphné Deschamps , Mathieu Molard - 05/03/2026
De nombreux médias ont enquêté

StreetPress a recensé 190 « brebis galeuses » candidates sur des listes du RN et de ses alliés aux municipales. Leur passage dans des groupes radicaux, leurs violences, leurs propos racistes ou homophobes montrent le vrai visage du RN.
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et il grossit. En 2024, une avalanche de révélations sur les candidats RN racistes, homophobes ou fans du nazisme a ralenti l’ascension du parti d’extrême droite aux élections législatives anticipées. Depuis, Jordan Bardella et Marine Le Pen avaient assuré, encore une fois, avoir fait le ménage et ne plus présenter de candidats problématiques.

Mais ce discours ne résiste pas aux révélations de la presse depuis le début de la campagne des élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars. Une poignée de médias comme StreetPress, Mediapart, Les Jours, Libération, Conspiracy Watch ou Le Monde ont recensé de nombreuses « brebis galeuses ». Nous avons compté : il y en a désormais plus de 190 au Rassemblement national et chez ses alliés, comme l’UDR d’Éric Ciotti. StreetPress les répertorie toutes sur une cartographie interactive. (1)
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Basculer à l’extrême droite
190 est un chiffre colossal alors que le RN a investi sous ses couleurs plus de 540 têtes de liste pour ces élections municipales avec son allié Éric Ciotti.
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(1) Chiffre mis à jour le 6 mars à midi.