Quotidien Shaarli
September 10, 2025
Nicolas Framont | 08/09/2025
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1 – Les puissants ont peur avant même que le mouvement commence
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2 – Les actions hors-cadre institutionnel et sans interlocuteurs identifiés terrifient la classe dominante
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3 – La fin de la routine “journée de grève – manifestation déclarée” est arrivée
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4 – Le mouvement du 10 septembre aura lieu absolument partout : la répression va être écartelée
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Il n’y a qu’une seule chose dans ses membres sont sûrs, c’est que le mouvement sera absolument partout dans le pays. Du plus petit village à la plus grande ville, avec une probable surreprésentation des villes moyennes. Cela dit d’abord quelque chose de l’ancrage social du mouvement : il est divers et donc représentatif. Ce n’est pas un mouvement “d’urbains branchés” comme aiment souvent le dire, pour décrédibiliser la gauche, les partisans de la grille d’analyse (fausse, voir ici) qui opposent les métropoles aux périphéries.
Mais surtout, c’est une bonne nouvelle pour notre capacité de résistance à la répression, dont le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (membre d’un parti qui a fait 5% des voix aux dernières élections, rappelons-le), ne cesse de nous dire qu’elle sera terrible. Car la police ne pourra pas être en nombre partout. Habituées aux mouvements sociaux dans les grandes villes, en particulier Paris, conçue, depuis Haussmann, comme un terrain de jeu pour les forces de l’ordre, ces dernières seront certainement dépassées par l’étendue et la mobilité du mouvement.
Voici pourquoi le mouvement du 10 a déjà gagné : car quel que soit le nombre de participants, les actions et leurs effets réels, il a fait dérailler une routine d’au moins 20 ans d’âge. Cette routine de la supplique, de la démonstration de colère, de l’action encadrée et symbolique a vécu, et tout le monde s’en rend compte – à part quelques irréductibles. La façon dont la classe politique et médiatique tremble face à ce qui pourrait être le début d’un nouvel âge de la contestation sociale est une preuve de sa pertinence et de sa nécessité. Maintenant, c’est à nous de transformer l’essai et d’aller aussi loin que nous le pouvons, le 10 septembre et au-delà.
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Ce 10 septembre est la plus grosse manifestation auto-organisée depuis celle des Gilets Jaunes du 17 novembre. Retailleau, le ministre illégitime et son frère jumeau, le président du groupe LR, se sont brisés les dents sur quelque chose dont ils ne comprennent pas les ressorts et les modalités et les oblige à imaginer un complot qu’ils ne peuvent vaincre pour la raison qu’il n’existe pas. Tant qu’ils ne comprennent pas les ressorts de l’auto-organisation, celle-ci aura les mains libres. Le mécanisme des révolutions citoyennes se reproduit en France par des franchissements d’étapes désormais classiques. Au Népal et en Indonésie, la même chose est en cours. Comme en Thaïlande, où les privilégiés, les fortunes sont gavées et comme ici, refusent de prendre leur part d’effort. Elles mesureront ici aussi bientôt avec effroi l’ampleur de la colère que le monarque présidentiel déchaîne et fortifie à chaque décision.
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coupure maintenue entre l’action syndicale et l’action populaire de masse. L’implication rapide de Solidaires dans l’action du 10, renforcée aussitôt par plusieurs fédérations CGT déterminantes et de très nombreuses Unions locales et Union départementales a évidemment réduit la fracture creusée pendant l’épisode Gilets jaunes. Elles s’étaient aggravées pendant la lutte contre la retraite à 64 ans, perdue faute de cohérence entre l’action politique et dans les entreprises et dans les rues. On s’en souvient assez bien. Cette fois-ci, la CGT soutint le 10 septembre. Mais en co-signant pour une action le 18, une concurrence a affaibli la convergence. Heureusement, elle n’a pas empêché le succès de la journée du 10 ni le caractère massif de ses rassemblements. Chacun devrait méditer cela. Nous avons fait le choix, nous Insoumis, de lire ce rendez-vous du 18 comme une étape après le 10. Pour positiver le calendrier et rendre possible les convergences. Mais il va de soi que nous sommes d’abord entièrement au service du mouvement du 10 septembre. Cela signifie que nous accompagnerons partout les décisions des assemblées citoyennes. Dans le même moment, nous re-ouvrons notre caisse de grève sous l’autorité d’Alma Dufour pour accompagner l’action des syndicalistes entrant en lutte.
Notre ligne d’action est celle de l’unité populaire. Cela diffère du Nouveau Front populaire d’hier. En effet, PS et peut-être d’autres font le choix de la cogestion de la prétendue crise de la dette avec le gouvernement Lecornu de Macron. Ne l’ont-ils pas déjà fait avec Bayrou dans un accord de non-censure. Le programme de l’Unité Populaire, c’est celui des revendications de ce mouvement septembriste. Aucun des points qu’il exprime n’est différent de ceux que contient le nôtre « L’Avenir en commun ». Tout le monde connaît notre point de vue : Le coupable de la situation, c’est Macron. Le chaos, c’est lui et ses décisions.
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Publié Il y a 4 heures • 38 vues
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Publié originellement 10/09/2025
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