À l'occasion de la fête irlandaise de la Saint Patrick, Raphaël Gerson décarbone la bière...
Le bilan carbone de la bière est 2 fois plus élevé que celui du café ! C’est dû à la fabrication de la boisson et aussi à son contenant : l’emballage de la bière représente près de la moitié de son empreinte carbone…
Une fabrication énergivore
La fabrication de la bière consomme beaucoup d'énergie, notamment la production du malt, l’ingrédient essentiel pour faire de la bière : on l’obtient à partir d’une céréale, en général de l’orge, que l’on fait germer et sécher.
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Les malteries consomment donc beaucoup de chaleur mais des solutions existent pour les décarboner :
- Par exemple celle de Boortmalt, dans le Centre Val de Loire, utilise pour sécher son malt de la chaleur renouvelable produite par sa propre centrale de panneaux solaires thermiques.
- Et le brasseur Heineken développe sur son site de Mons-en-Barœul dans les Hauts-de-France, un projet de chaufferie alimentée par les drèches, un mélange naturel formé par les résidus d’orge.
Des fûts en plastique
Les industriels utilisent des fûts en inox mais la plupart des brasseurs indépendants leur préfèrent ceux en plastique à usage unique car ils sont moins chers à l’achat et ne nécessitent pas de stockage.
L’entreprise nantaise Soofût, qui s’occupe de toute la logistique, les aide à changer de pratique : elle collecte, nettoie et loue les fûts en inox à près de 300 brasseries artisanales partout en France, et permet d’éviter le rejet de plusieurs centaines de tonnes de déchets plastiques par an.
À écouter
Face à la baisse de la consommation de bière, les brasseurs allemands à la peine
Le zoom de la rédaction
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Bière en bouteille ou en canette ?
Pour un même volume de 33 cl, la production d’une canette en aluminium va émettre 2 fois moins de CO2 qu’une bouteille en verre, car la canette est beaucoup plus légère et nécessite donc moins de matière.
Mais le contenant le plus écologique, c’est la bouteille en verre réutilisée : son bilan carbone est bien inférieur à celui de la canette, même en tenant compte du transport des bouteilles vides.
Privilégiez donc les brasseurs et les distributeurs qui mettent en place des systèmes de consignes, et on peut également saluer des initiatives comme ID verre en Normandie, qui collecte, nettoie et revend les bouteilles en verre : elles sont en plus 40 % moins chères que les bouteilles neuves.
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En France, seulement 1 % des emballages ménagers sont réemployés. Néanmoins des initiatives locales se multiplient et se développent de manière industrielle dans le secteur des emballages en verre. Décryptage en vidéo autour de Montpellier.
Pour en savoir plus ce sujet : https://www.actu-environnement.com/de...
Depuis quelques mois, la Scop Oc'Consigne, basée à Lattes, tout proche de Montpellier, vient d'acquérir un centre de lavage industriel pour nettoyer des bouteilles en verre. Il est capable de nettoyer 400 000 bouteilles par mois avec un process qui permet de purifier l'intérieur comme l'extérieur, d'enlever les étiquettes et de réaliser un contrôle qualité très poussé grâce à des technologies dernier cri. Voir le reportage vidéo.
Un réseau en construction
Oc'Consigne est une structure créée en 2021 dans le but de constituer tout un écosystème pour réemployer les bouteilles en verre sur une zone de 150 kilomètres autour de Montpellier. Il s'agit d'aller convaincre les viticulteurs, les brasseurs ou encore les producteurs de boissons sans alcool que réemployer leurs bouteilles est bien plus écologique que de les utiliser une seule fois avant d'être détruites et recyclées. En effet, réemployer le verre peut permettre de réduire les émissions de CO2 de 80 % par rapport au recyclage. Car la fonte du verre cassé pour fabriquer du neuf est très énergivore. Surtout qu'une bouteille en verre peut être réemployée jusqu'à une vingtaine de fois avant qu'elle ne soit trop fragilisée.
La standardisation pour généraliser le réemploi
Oc'Consigne ainsi qu'une dizaine de structures similaires en France constitue un réseau national, France Consigne. Une dizaine de types de bouteilles ont été identifiées pour servir de une base à la standardisation des process. En effet, les bouteilles des producteurs sont vendues un peu partout en France, en Europe et dans le monde entier. S'ils veulent acheter des bouteilles réemployables, il leur faut des quantités disponibles suffisamment importantes. C'est pourquoi les producteurs doivent faire l'effort d'accepter d'utiliser les standards proposés par France Consigne, pour obtenir quelques types de bouteilles mais en grande quantité. D'autres prescriptions sont fortement conseillées comme l'usage d'étiquettes hydrosolubles qui permet un lavage dans de bonnes conditions. Par ailleurs, les numéros de bouteilles ne doivent plus être gravés dans le verre mais imprimés sur l'étiquette…
Convaincre les distributeurs
Après quelques années seulement Oc'Consigne a su convaincre des dizaines de producteurs et traite plus de 10 000 bouteilles par mois, toutefois l'objectif est d'atteindre les 100 000 bouteilles pour rentabiliser l'outil industriel. Un objectif atteignable, d'autant qu'il y a aussi des intérêts économiques pour les producteurs. Voir le reportage vidéo.
Enfin, il faut convaincre les distributeurs. Les magasins bio sont les premières cibles, leurs clients étant déjà sensibilisés aux questions environnementales. Mais cela impose une certaine charge de travail pour les employés. Il faut sensibiliser les clients au système de consigne, apposer des étiquettes sur les bouteilles consignées, gérer les retours des bouteilles vides, enlever les bouchons ou les capsules et stocker les bouteilles.
Oc'Consigne travaille désormais avec une cinquantaine d'établissements.
Connu / TG le 30/12/23 à 7:45