Publié le jeudi 1 janvier 2026 à 08:17 - Géopolitique
Au 1er janvier, fini le lev, bienvenue l'euro. Sofia adopte la monnaie commune. Une bonne nouvelle pour l'Union, la Bulgarie est le 21eme pays à choisir l'euro, mais aussi pour la lutte contre les ambitions hégémoniques russes.
Avec Anne Soetemondt, journaliste
Plus la Bulgarie, membre de l'union depuis 2007, sera liée à Bruxelles -il y a d'abord eu l'accord d'association, puis l'entrée dans l'espace schenghen et aujourd'hui l'adoption de l'euro-moins le pays sera vulnérable aux influences russes. C'est l'avis de certains observateurs. D'autant plus important que les défis sont de taille : crainte du retour d'une hyperinflation, corruption endémique. Il ne faudrait donc pas que la Russie regagne en influence dans ce pays parmi les plus pauvres de l'union
La Bulgarie sujette aux influences russes?
Pour des raisons évidentes d'histoire, elle était un satellite de l'union soviétique, et géographiques. Avec ses presque 7 millions d'habitants, la Bulgarie est voisine de deux pays membres de l'union, la Grèce et Roumanie, mais située au bord de la mer noire, la Russie est donc droit devant ! La Crimée, à seulement 400 km à vol d'oiseau. Impossible d'échapper à la guerre en Ukraine, à l'agressivité russe, au spectre de Moscou qui sait parfaitement dans quel contexte se trouve le pays. Un pays sans gouvernement après des manifestations monstre anti-corruption, un pays sans budget et qui va donc devoir organiser des législatives en 2026.
L'occasion rêvée pour le Kremlin, après la Roumanie, la Moldavie, de faire de l'ingérence électorale. D'autant que la population bulgare est une proie de choix, elle qui, selon différents baromètres, ferait d'avantage confiance aux réseaux sociaux qu'aux médias traditionnels.
Quel est aujourd'hui le poids de l'influence russe en Bulgarie?
La Bulgarie est tiraillée entre deux mondes : le russe, c'est le passé et l'européen, le présent. Et cette histoire la rattrape souvent.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, il a par exemple fallu s'émanciper du gaz russe, c'est fait, du pétrole russe, cela prend du temps. Mais soyons clair les gouvernements successifs n'ont jamais manqué de solidarité avec Bruxelles sur le dossier, votant systématiquement les sanctions contre Moscou.
Une position claire même si économiquement, l'influence russe est omniprésente. Une influence politique également. Plus de la moitié de la population est opposée au passage à l'euro, travaillée par plusieurs partis : l'extrême-droite, ouvertement pro russe, ou le parti socialiste héritier du parti communiste bulgare qui défend des positions parfois ambigües sur Moscou. Un scepticisme représenté au plus haut sommet de l'Etat par le président.
Alors émettons un souhait, qu'à moyen ou plus long terme l'entrée dans l'euro convainque l'opinion bulgare que l'idée européenne est la bonne, pour permettra à Sofia de s'arrimer définitivement à l'ouest européen, et de tarir la tentation pro russe d'une partie de la population. Ce serait une bonne résolution!
Clés : Monde Info Géopolitique