Publié le 12/06/2025 Mis à jour le 10/07/2026 | Temps de lecture : 11 minutes
Clés : Contrats de travail Santé au travail
- L’évaluation des risques constitue une obligation à la charge de l’employeur et l’un des principaux leviers de progrès de la démarche de prévention des risques professionnels au sein de l’entreprise.
- Elle constitue un moyen essentiel pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs, sous la forme d’un diagnostic, systématique et exhaustif, des risques auxquels ils peuvent être exposés.
- Dans ce cadre, l’employeur transcrit et met à jour les résultats de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), qui est transmis au service de prévention et de santé au travail.
- Ce document répertorie l’ensemble des risques professionnels auxquels sont exposés les travailleurs et assure la traçabilité collective de ces expositions.
- Apportent leur contribution à l’évaluation des risques professionnels et à l’élaboration du DUERP dans l’entreprise :
. Le comité social et économique (CSE) ;
. Le ou les salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise ;
. Le service de prévention et de santé au travail auquel l’employeur adhère.
. L’évaluation des risques et sa formalisation dans le DUERP contribuent au dialogue social au sein de l’entreprise, pour favoriser la réalisation concrète de mesures de prévention des risques.
Enquête et reportage 85 min
L'amiante n'en finit pas de tuer. Tournée en Italie, au Brésil et en Inde, cette enquête remarquable plonge au coeur d'une catastrophe industrielle et raconte son procès historique à Turin.
Pendant des décennies, Monferrato Casale, ville piémontaise, a vécu sous l'emprise de l'amiante. Dans l'immense usine Eternit, spécialisée dans la fabrication de fibrociment, les ouvriers manipulaient ce minéral toxique sans protection. Le soir, ils ramenaient dans leur famille un bleu de travail couvert de poussière blanche. Constellée de morceaux de fibrociment fournis par l'entreprise, qui garnissaient les toitures ou les murs des maisons, la ville entière respirait un air vicié. L'usine a fermé en 1986, mais l'amiante continue ses ravages. En respirant ses fibres minuscules, on risque en effet deux maladies mortelles : l'asbestose, qui tue par étouffement, et le mésothéliome, cancer de la plèvre qui se déclare parfois trente ans après.
Un procès majeur
Grâce à la ténacité de simples citoyens et du procureur Raffaele Guariniello, le plus grand procès pénal jamais intenté en Europe pour une catastrophe environnementale s'est ouvert à Turin, en 2009. Pour la première fois, ce sont les propriétaires de la multinationale eux-mêmes – le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne – et non pas les responsables locaux, qui ont dû répondre de la mort d'environ 3 000 personnes, à Casale et ailleurs. Cette procédure de grande ampleur constitue l'ossature du film. Les réalisateurs en montrent les coulisses, les comparutions clés et les témoignages poignants. Il suivent aussi le parcours de Luisa Minazzi, directrice d'école de Casale, militante anti-amiante, qui, depuis 2006, lutte avec vaillance contre le mésothéliome dont elle est atteinte. Le film enquête aussi en Inde ou au Brésil où l'amiante continue d'être produite et commercialisée, parfois au mépris de la légalité. Sur le mode du cinéma direct, il capte la réalité d'un drame industriel qui perdure, donnant chair à une enquête très complète. Le film observe avec une profonde humanité les simples citoyens pris dans cet étau, recueillant leur témoignage, captant les gestes quotidiens, les moments de convivialité – les repas partagés, la chorale qui redonne le moral –, émouvant hommage à leur combat.
Réalisation : Niccolò Bruna ; Andrea Prandstraller
Pays : Suisse Italie Belgique
Année : 2010