6 min
Le géant américain ne facture pas de frais de livraison et applique une remise de 5 % sur le prix des livres retirés dans ses casiers automatisés. Un nouveau moyen de contourner la loi, qui provoque la colère des libraires.
...
casiers (ou lockers)
...
D’après le médiateur du livre Jean-Philippe Mochon, qui a mené une enquête dans deux départements ruraux, la Creuse et le Loiret, cette prétention à l’équité territoriale n’est que très partiellement justifiée : plus de 80 % des points de retrait où Amazon pratique la gratuité se situent en réalité à proximité (dans la même commune ou dans une commune limitrophe) d’une librairie, maison de la presse ou grande surface culturelle où chacun peut commander n’importe quel ouvrage disponible sur le marché.
Conditions avantageuses
Les initiatives d’Amazon sont-elles légales ? Saisi par la ministre de la Culture Rachida Dati, le médiateur a rendu un premier avis en février dernier. Nuancé. Sur le plan juridique, la mise en place de points de retrait gratuits par un pure player de la vente en ligne « semble pouvoir être conforme à la loi », à condition toutefois que le retrait soit « véritablement effectué auprès d’un commerce (caisse, accueil client) qui vend effectivement des livres ».
Il faut un échange humain : pas question d’accorder les frais de port gratuits – ni, peut-on présumer, la ristourne de 5 % – aux livres récupérés dans un casier, même quand celui-ci est implanté dans une grande surface qui vend des livres.
Ce n’est alors « qu’un point de livraison en libre-service », pas un point de vente de livres. Mais la multinationale, qui conteste cette logique devant la Cour de justice de l’Union européenne, continue à pratiquer des conditions avantageuses pour les livres retirés dans ces fameux lockers.