Publié Il y a 3 semaines • 53 vues
Dans Le Fauteuil du Média, Benoît Hamon ne vient pas rejouer 2017 : il vient poser une question — qu’est-ce que la gauche fait du réel, quand le réel brûle ? De Brest à Dakar, de l’UNEF aux débats sur les retraites, l’ancien candidat à la présidentielle déroule une trajectoire faite de combats, de doutes et d’un fil rouge : la démocratie, au travail comme dans la cité.
Son premier déclic est intime. « c'est autour de mes 18 ans que je me suis engagé », raconte-t-il, d’abord « sur la question de l'antiracisme », après une enfance au Sénégal et le retour en Bretagne. À l’université, l’engagement se densifie : syndicalisme étudiant, batailles d’idées, mais aussi confrontations avec l’extrême droite. Une époque où « la politique nous remplissait dans d'innombrables aspects de notre vie », jusqu’aux collages nocturnes et aux courses-poursuites.
L’idée d’être candidat à l’Élysée arrive tard : « ça m'est venu en 2016 ». Pas par goût du trône, mais par la conviction d’une « obsolescence des réponses de la gauche aux grandes transitions ». Revenu universel, fiscalité, protection sociale, écologie : Hamon plaide pour un logiciel mis à jour. Quand une bataille culturelle est gagnée, il cite « la taxe Zucman » sur la justice fiscale, elle peut être « perdue politiquement », symptôme d’« une sécession » d’une partie des élites.
Sur l’immigration, Hamon assume une critique frontale : « la gauche française qui gouverne a conçu la migration comme un problème politique », puis sécuritaire. Son travail avec Singa et J’accueille sert de démonstration : partir de faits, provoquer la rencontre, construire un récit. Exemple : retourner le programme du RN sur le terrain des retraites. « si on applique le programme du RN (…) le débat sera plus 64 ans, il sera 66-67 ans à très court terme », faute de cotisations des travailleurs étrangers, ou au prix d’une baisse des pensions.
Puis vient l’autre angle mort : l’économie sociale et solidaire. Hamon rappelle ses deux ruptures : l’enrichissement personnel n’est pas le moteur, et le pouvoir n’appartient pas à celui qui met le plus d’argent — « une personne égale une voix ». Il attaque l’aveuglement politique : start-ups glorifiées, ESS sous-financée, alors qu’elle pèse dans l’emploi et la cohésion sociale. Et il tranche : ces coupes budgétaires sont « une offense » aux millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Au fond, l’entretien revient à une mise en garde : sacrifier la démocratie au nom de l’efficacité finit par abîmer le projet. Hamon cite cette boussole militante : « Si je ne peux pas danser, ce ne sera pas ma révolution. » Et l’étend : une conquête du pouvoir sans délibération prépare mal un avenir démocratique.
La discussion se ferme sur la culture et la mémoire : Keith Jarrett, Massive Attack, Kool Shen, Babylon… et le Sénégal, pays d’enfance, dont il garde jusqu’au langage. Une manière de rappeler que la politique, avant d’être un programme, est une expérience vécue : et que la gauche paie cher chaque fois qu’elle l’oublie.
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Publié originellement 11/01/2026
CatégorieInconnu Langue Français Étiquettes
Durée 1h 13min 57s
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Tr.: ... sécession des élites ... regarder la droite fr pour ce qu'elle est - Vichy une dictature - ...
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Face à Macron et l'extrême droite : union populaire ? - Diffusée en direct le 25 août 2023 / La France insoumise
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Rendez-vous en direct ce vendredi 25 août à 10h00 pour la conférence des AMFIS 2023 « Face à Macron et l'extrême droite : union populaire ? », avec :
- Benoît Hamon, ancien ministre, directeur général de SINGA
- Clémence Guetté, députée LFI-NUPES, co-présidente de l’Institut La Boétie
- Razmig Keucheyan, sociologue, co-responsable du département de planification écologique de l’Institut La Boétie
Tr.: ...
RK : ... gramsci en italie début 20è siècle ... racisme, islamophobie ... dignité, égalité ...
BH : ... Bruno Latour sécession des élites ... extrême droite politique, extrême droite culturelle ... +60% d'augm des migrations internationales ... -20%rendement des terres agricoles en afrique ... donnée structurelle ... sociétés inclusives ... migration, solution pour la gauche ... mélange des genres entre public et privé ...
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BH : ... clarté de la gauche syndicale unie ... débouché politique unitaire et clair ... diaboliser la NUPES ... morale ... modes de vie menacés / immigration ? école, classe, maternité, école ... l'immigration solution ! directive temporaire ukrainien, point d'appui pour tous ++
hébergement citoyen des réfugiés : discrimination de fait
CG : stratégie électorale, récupérer les voix qui manquent 50 000 (1er tour) et 300 000 (2ème tour) ... bloc macroniste, abstentionnistes, maintenir la radicalité ... autoorganisation (repeindre les écoles), acheter des locaux, NUPES : 650 mesures, ne rien lâcher ... comités locaux, le parlement de la NUPES ... multiplier sur le terrain ...élections ... européennes ... arriver en tête pour changer la vie des gens ... débat interne à la gauche ...
BH : créer les conditions d'une liste unique pour dynamique vers 2027 ... étape 2 : Léon Blum 1920 cadre démocratique pour que les gens se sentent représentés
RK : retour de l'état interventionniste, COVID, défi chinois ... enjeux économiques
QUESTIONS :
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/insécurité au travail, algues vertes, etc
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CG : ruptures lentes, cadre, on est diabolisés car on remet en cause, tenir bon.