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ses travaux ont été rapidement connus et diffusés (par exemple, l’Apologie pour l’histoire) et a fortiori utilisés, dans le monde hispano-américain — en particulier depuis le Mexique —, inspirant toute une série de recherches en histoire, notamment sur l’histoire des campagnes, de la paysannerie et des évolutions agraires.
Ce qui nous amène également à aborder un autre aspect qui a été peu valorisé dans l’intronisation mentionnée plus haut. À savoir le fait que l’œuvre de Marc Bloch relève principalement de l’histoire rurale, de l’histoire des paysans, de l’histoire socio-économique à la française4, et que son influence s’est fait sentir (et continue de se faire sentir), non pas seulement en Europe, mais aussi sur d’autres aires culturelles planétaires
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histoire comparée
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les 29 compagnons de résistance de Marc Bloch, torturés et exécutés avec lui sous la brutalité de la vengeance nazie contre ses opposants, ou peut-être évoquer son réseau de collaborateurs et de sympathisants, proches ou lointains. Mais, d’autre part, il faut surtout se souvenir de ceux qui malgré diverses tentatives de musellement5, ont su surmonter toutes ces épreuves afin de préserver son exemple, de mettre en valeur son œuvre et de perpétuer sa mémoire. Il n’était pas anodin ni futile de défendre l’exemple, non seulement scientifique mais aussi civique et résistant, d’un personnage comme Marc Bloch.
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l’exemple d’Étienne Bloch, fils de Marc Bloch, qui a su, pendant des décennies, préserver et défendre l’héritage intellectuel et de résistance de son père. Tout d’abord, en éditant et en rééditant ses œuvres, accompagnées régulièrement d’éléments de contextualisation et d’actualisation, ainsi que son imposante correspondance épistolaire, à la manière d’un éditeur-historien — ce dont on a peu parlé durant le processus de panthéonisation. Grâce à lui, de nombreux ouvrages ont été publiés ou republiés, enrichis en outre par le contenu des archives personnelles et familiales, ainsi que par la mémoire et les souvenirs des survivants6.
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avoir affronté et vaincu (à maintes reprises) les diverses opérations de manipulation, de désinformation et d’utilisation grossière et réactionnaire — d’où qu’elles viennent — de l’image, de l’exemple et de la mémoire du médiéviste résistant antinazi. En particulier celles émanant de l’extrême-droite néofasciste ou de prétendus « nationalistes de gauche » (parfois coalisés et alliés entre eux), qui pouvaient même se cacher derrière des associations ou des fondations usurpant le nom de Marc Bloch, à des fins inavouables.
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Dilexit Veritatem, « il aimait la vérité », l’épitaphe choisie par Marc Bloch
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LaVid E., PdeO8
Junio de 2026
transmis par l’auteur
1 La cérémonie a eu lieu le 23 juin dernier. Nécropole officielle de la France, le Panthéon a été créé par la Révolution d 1789 (dans l’ancienne église catholique Sainte-Geneviève), où reposent les dépouilles des « femmes et des hommes auxquels la Nation rend hommage ». Ainsi, la dépouille de Marc Bloch rejoint désormais celles de Voltaire, Rousseau, Victor Hugo, Zola, Dumas, Jaurès, Gouges et Manouchian, entre autres.
2 Concernant la vie de Marc Bloch, il est essentiel de consulter le magnifique Marc Bloch, 1886-1944. Une biographie impossible (Limoges, 1977), écrit et dirigé par Étienne Bloch, son fils et infatigable défenseur et promoteur de l’œuvre de Bloch jusqu’à sa mort en janvier 2009.
3 Ainsi que le conseille Pierre Vilar, il convient d’aborder cette démarche dans le respect de l’histoire qui se déroule sous nos yeux, en utilisant la méthodologie et les outils de l’historien. Voir, entre autres, Pensar Históricamente. Reflexiones y Recuerdos, Barcelone, 1997.
4 Bien différente, par exemple, de l’histoire économique anglo-saxonne. Nous ne voudrions pas multiplier les références bibliographiques, mais il y a eu récemment deux travaux qui permettent de comprendre que nous parlons d’une histoire qui fait partie du patrimoine historiographique français et de la particularité des apports de Marc Bloch durant le 20e siècle. Il s’agit de l’ouvrage de Gérard Béaur, Le paysan, les pouvoirs, l’argent, 1614-1815 (Paris, Champ Vallon, 2026), ainsi que de l’article de Nadine Vivier, « Le succès durable de ‘Lutte pour l’individualisme agraire’ », Revue d’Histoire, 169, 1, pp. 79-90.
5 Les dénonciations des responsabilités faites par Marc Bloch dans L’Étrange défaite n’avaient épargné ni les personnalités du régime, ni certains groupes sociaux, ni certaines institutions se trouvant au cœur de l’organisation de l’Etat et de la défense du territoire.
6 L’une des dernières rééditions des œuvres de Marc Bloch, préparée sous la direction d’Étienne (et d’Annette Becker), a été Marc Bloch : L’Histoire, la Guerre, la Résistance (Paris, Quarto Gallimard, 2006). Ce fut une compilation méticuleuse de textes — de près de 1100 pages — parfaitement contextualisés, sur des sujets liés aux guerres mondiales (la première et la seconde), au 20e siècle, à la politique et à la résistance.
7 En tant que soutien et militant au sein des comités parisiens de solidarité avec la lutte de ces peuples, comme le président Lula doit s’en souvenir à Brasilia.
8 Historien et économiste, résidant en France (lavidepdeo@gmail.com).