Nicolas Bouleau est un mathématicien de haut vol, passionné d’architecture, de psychanalyse et de philosophie des sciences. Il a été professeur à l’école des Ponts. Il met dans ce livre remarquable son immense talent à nous faire comprendre les arcanes de la finance de marché et ses biais stupéfiants. Il en déduit une recommandation majeure en matière de transition écologique : la nécessité, déjà pressentie par Robert Solow, de construire des institutions chargées de donner des informations sur les données physiques nécessaires à la compréhension des effets de l’homme sur la planète et ses ressources. Le GIEC a ce mandat pour le climat et joue un rôle fort utile ; mais il n’existe pas de GIEC pour les ressources en énergie fossile[1] et l’IPBES, son corollaire sur la biodiversité a du mal à se faire entendre.
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Le mensonge de la finance nous permet de comprendre combien l’idée sous-jacente au libéralisme économique, et particulièrement bien développée chez Hayek est fausse. Les marchés financiers sont ceux qui s’approchent le plus d’un marché parfait, et devraient donc exhiber la propriété d’optimalité et d’efficacité revendiquée par ce courant de pensée. Ce dogme s’effondre parce que les marchés pour être proches de la théorie doivent être complets c’est-à-dire en pratique dotés de « produits dérivés » ; ils deviennent alors de plus en plus spéculatifs. Loin de calmer l’agitation des cours, ces produits financiers l’accroissent. Les assurances individuelles que prennent les entrepreneurs en achetant des couvertures se transforment en autant de sources de volatilité et de désorientation. La financiarisation a donc pour effet de réduire fortement la valeur informationnelle du signal-prix…
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critique assez radicale du libéralisme et de la financiarisation de l’économie de marché ne conduit pas Nicolas Bouleau à proposer un modèle d’économie entièrement planifiée, ni même à proposer l’interdiction de la spéculation. Il propose de cantonner cette dernière et de compléter les marchés financiers par des dispositifs d’informations physiques comme dit en introduction.
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...le hot-desking (hotdesking) est une technique managériale mise au point par nos chers penseurs capitalistes ultra-libéraux pour optimiser l’espace dans les bureaux, et par la même occasion, augmenter la productivité de leurs salariés.
Comment font-ils cela ? Tout simplement en les mettant dans des conditions de concurrence féroces ! Leur arme est simple : afin de faciliter la fluidité – disent-ils – les responsables arrêtent d’installer des postes de travail fixes (cela concerne surtout les entreprises où le télétravail peut fonctionner) et ils ne fournissent des postes de travail que pour 80% des effectifs. En gros, pour 10 salariés, ils n’installent que 8 postes de travail dans les bureaux…
La promesse, c’est de prôner plus de collaboration et de mobilité, mais en réalité, le patronat se dit que la peur d’être inutile fera de ses employés de véritables esclaves corvéables à souhaits. Honteux n’est-ce pas ?
Vous imaginez bien que dans le climat tendu actuel, où l’on nous parle de crise, d’austérité, de chômage, d’efforts à fournir etc., les employés veulent faire du mieux qu’ils peuvent, prouver qu’ils sont valables, efficaces, combatifs.
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ndlr : de vice à sévice ?