Quotidien Shaarli
November 28, 2018
DÉCLARATION DE RÉBELLION
Aimer la vérité pour la vérité est la part principale de perfection humaine en ce monde, et le lit de semence de toutes les autres vertus
—John Locke
Nous tenons pour vrai ce qui suit :
Nous faisons face à notre heure la plus sombre.
L’humanité est menacée par un événement sans précédent dans son Histoire. Un événement qui, si nous n’y faisons pas face immédiatement, nous lancera encore plus loin dans la destruction de tout ce à quoi nous tenons : cette nation, ses peuples, nos écosystèmes et l’avenir des générations futures.
La science nous le dit clairement : la sixième extinction de masse est en cours, et nous ferons face à une véritable catastrophe si nous n’agissons pas avec rapidité et vigueur.
La biodiversité se voit décimée partout dans le monde. Nos mers sont empoisonnées, acides et montantes. Les inondations et la désertification vont rendre d’immenses étendues de terres invivables, et vont provoquer des migrations de masse.
Notre air est si toxique que la France enfreint ses propres lois. Cet air nuit aux enfants avant même leur naissance, et provoque la mort de dizaines de milliers de personnes. Le dérèglement de notre climat a déjà commencé. Nous allons être confrontés à un nombre croissant de feux de forêt, des méga-tempêtes imprévisibles, de plus en plus de famines et des sécheresses sans précédent au fur et à mesure que nos sources de nourritures et d’eau potable disparaissent.
Les crises écologiques auxquelles fait face cette nation, et bien plus la planète et sa faune sauvage ne peuvent plus être ignorées, niées ou laissées sans réponse par toute personne dotée de raison et pourvue d’une conscience éthique, de souci moral ou de foi spirituelle.
En accord avec ces valeurs, les vertus de la vérité et le poids des indications scientifiques, nous déclarons qu’il est de notre devoir d’agir pour protéger la sécurité et le bien-être de nos enfants et de nos communautés et l’avenir de la planète elle-même.
En respect de nos consciences et de notre raisonnement, nous nous déclarons être en rébellion contre notre gouvernement, et les institutions corrompues et ineptes qui menacent notre avenir.
La complicité délibérée dont a fait preuve notre gouvernement a mis fin à une démocratie digne de ce nom, et a rejeté l’intérêt commun en faveur de gains à court terme et de bénéfices privés.
Quand le gouvernement et la loi d’un pays échouent à fournir toute assurance de protection adéquate et de sécurité pour le bien-être de son peuple et l’avenir de la nation, ses citoyens ont le droit de demander réparation pour réinstaurer une démocratie consciencieuse et pour assurer les solutions nécessaires pour prévenir une catastrophe et protéger l’avenir. Nous n’avons pas qu’un droit – nous avons le devoir sacré de nous rebeller.
Nous déclarons par la présente que les liens du contrat social sont nuls et non avenus, rendus invalides par le gouvernement dans son échec continu à agir de façon appropriée. Nous appelons chaque citoyen doté de principes et d’un désir de paix de se soulever avec nous.
Nous demandons à être entendus, à ce que des solutions réfléchies soient appliquées à ces crises écologiques, et à la création d’une assemblée nationale pour lancer les solutions nécessaires pour changer le cap cataclysmique vers lequel nous nous dirigeons à présent.
Nous refusons de laisser une planète mourante aux générations futures en n’agissant pas maintenant.
Nous agissons en paix, nos cœurs pleins d’un amour féroce pour ces terres. Nous agissons pour la vie.
REJOIGNEZ-NOUS
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Collectif Plein la Vue
@Coll_Pleinlavue
7 nov.
Projet de Règlement local de publicité du @grandlyon :
Quelques progrès mais des reculs importants, comme :
➡️ l'extension de l'autorisation des immenses bâches pubs
➡️ l'autorisation des écrans vidéo pubs dans les rues
Corinne Morel Darleux est conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes pour le Parti de gauche. Elle écrit tous les mois pour Reporterre, divers blogs et tient une chronique mensuelle à Là-bas si j’y suis. Elle est notamment l’auteur de L’écologie, un combat pour l’émancipation (Bruno Leprince, 2009) et a coordonné la rédaction du manifeste des 18 thèses pour l’écosocialisme qui marque l’apparition du terme écosocialisme en France. Elle fait partie de ces nouveaux penseurs de l’écologie politique et c’est à ce titre que nous avons voulu l’interroger.
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d’autres ontologies, d’autres visions et manières d’être au monde, émergent ou réapparaissent : des mouvements, groupes, médias et réseaux alternatifs ; des ZAD au Rojava, dans les squats et les réseaux d’entraide, mais aussi dans les mouvements climat et les milieux universitaires, on réinvente l’autogestion, l’action directe ou le municipalisme libertaire. Un peu partout, des gens réfléchissent et expérimentent le dépassement du dualisme nature-culture, du capitalisme, de la foi en la technologie et du progrès infini qui ont jusqu’ici conditionné une grande partie de notre civilisation dite « thermo-industrielle ». On assiste il me semble à ce qui pourrait bien être un regain de l’anarchisme et au retour d’intellectuels, d’artistes, de scientifiques et d’universitaires engagés.
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la fiction est un médiateur assez intéressant par rapport à ce discours très anxiogène du changement climatique et de l’effondrement. Cela permet enfin de renouveler un discours politique qui manque d’originalité et a fait son temps. Ce n’est finalement rien d’autre que du « soft power » appliqué à l’intérêt général, une bataille culturelle pour repolitiser l’imaginaire et en changer les référents…
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L’écosocialisme reste un invariant, mais il a besoin de s’appuyer de nouveaux référents. Ceux qui conditionnent notre manière même de penser et d’être au monde sont aujourd’hui largement corsetés par l’injonction productiviste et consumériste. On est sans cesse bombardés de publicité, d’effets de mode, d’impératif de « réussite ». Comme si les normes sociales n’étaient pas assez pesantes. L’ère numérique et l’arrivée des réseaux sociaux ont développé une nouvelle uniformisation des désirs et des plaisirs. Je ne développerai pas, je suis déjà très longue… Toujours est-il qu’on a besoin, comme le disait Serge Latouche, de « décoloniser » notre imaginaire, ce qui implique d’abord de « désapprendre », se désaccoutumer de ces drogues dures du système que sont les énergies fossiles, le TINA (there is no alternative) ou la rentabilité du capital. Il s’agit de déconstruire notre système de pensée à la manière du pas de côté que font les personnages de l’An 01 de Gébé (« on arrête tout, on réfléchit, et ce n’est pas triste »). C’est une étape nécessaire pour se dessiller le regard et ainsi pouvoir, dans un second temps, reconstruire, avec de nouveaux mots, de nouveaux récits et figures, une vision plus adaptée au monde réel, et surtout au monde d’après tel qu’on aimerait le voir advenir.
Walter Benjamin faisait remarquer que déclin ne veut pas dire disparition. De même l’effondrement peut être une métamorphose.
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dans le manifeste politique de l’association Bizi, intitulé « Burujabe » – du basque Buru (tête, personnalité) et Jabe (maître, propriétaire). Bizi y parle de « cesser de nuire », c’est-à-dire de ne pas piétiner les conditions de vie des autres, de vivre à la hauteur de la capacité écologique, de cesser d’importer des matières pillées ou d’exporter nos déchets… Cette idée, tout comme le « refus de parvenir », s’inscrivent dans la lignée de la critique de la rivalité ostentatoire théorisée par l’économiste Thorstein Veblen par exemple. Mais elles permettent aussi d’hybrider dans mon esprit des réflexes de gauche anticapitaliste avec des notions d’inspiration plus libertaire, comme la « souveraineté individuelle » qui fait écho à la puissance d’agir de Spinoza, ou l’idée, sur laquelle je travaille beaucoup également en ce moment, de « dignité du présent ».
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Comme il existe une éthique de la révolution, une esthétique du chaos en art, il faut avant toute autre chose nous munir d’une éthique de l’effondrement. Sinon nous reproduirons les mêmes erreurs et toutes les souffrances subies par les opprimés, passées et à venir, l’auront été en vain.
Retranscription réalisée par Laetitia Labille et Marie-France Arnal.
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TAGS Corinne Morel Darleux Décroissance écologie ecosocialisme Parti de Gauche
ndlr :
- grande richesse intellectuelle...
- à rapprocher de "La condition anarchique - Rencontre avec Frédéric Lordon" ? ACT
https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?8K6yNA - questionner, valoriser ACT
40 944 vues - 410 - 21 [Disponible jusqu'au 16/12/2018]
À partir des traces géologiques d’une énorme vague qui aurait traversé le lac Léman au VIe siècle et submergé les murailles de Genève, une exploration étonnante des risques de tsunamis sur les lacs alpins.
Située dans l’actuel canton du Valais, en Suisse, la montagne du Tauredunum se serait effondrée en l'an 563, soulevant une vague si grande sur le Léman que celle-ci aurait submergé les murailles de Genève et serait entrée dans la ville. Consigné dans des chroniques de l'époque par deux évêques, cet événement incroyable attise, depuis le XIXe siècle, la curiosité des géologues et des archéologues. Mais alors qu’après des décennies de vaines recherches cette vieille histoire sombrait dans l’oubli, deux chercheuses de l’université de Genève ont découvert en 2010, dans les sédiments profonds du lac, une anomalie que seule l’hypothèse de la vague destructrice du Tauredunum pourrait expliquer.
Documentaire complet de Laurent Graenicher (Suisse/France, 2018, 52mn)
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Science et technologie
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transcription : dû à la lente érosion des montagnes