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July 24, 2025

« Comment résister aux Gafam » : l'écosystème du logiciel libre montre la voie - Basta!
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Graphisme, messagerie, cloud… des acteurs du logiciel libre offrent des alternatives aux Gafam

Alternatives –Technologies libres

Des associations proposent des services pour dire au revoir à Google ; des entreprises choisissent de ne travailler qu’avec des logiciels libres. L’écosystème du numérique libre se développe en France. Focus sur des initiatives bretonnes.

par Rachel Knaebel

23 juillet 2025 à 09h30 Temps de lecture : 8 min.

Deux hommes regardent des écrans d'ordinateur portable, ils sont vu de trois-quarts dos, sur un fonds bleu sur lequel on distingue des logos de dizaines de logiciels libres.
Montage ©Nathalie Quiroga

« C’était la première fois que je voyais des informaticiens de gauche. » Aurore Denis est développeuse informatique. Avant, le logiciel libre, elle ne connaissait que « de loin ». Tout cet univers fait de logiciels au code ouvert, que les utilisateurs ont la liberté d’utiliser, de copier, de modifier et de distribuer, n’était pas vraiment au programme dans sa formation. « Dans mes études d’informatiques, j’ai travaillé un peu sur Linux [un système d’exploitation open source, ndlr], mais pas beaucoup plus. »

... a rejoint le collectif breton Kaz, une association qui propose des services numériques basés sur des logiciels libres et hébergés en Bretagne. À Kaz, « la moitié de gens sont des informaticiens du logiciel libre, l’autre moitié ne viennent ni de l’informatique ni du logiciel libre, mais plutôt du monde militant, et ont des années d’engagement derrière eux, explique Fañch, un autre bénévole de l’association. Kaz, c’est la rencontre de ces deux mondes, qui résonnent vachement bien ensemble. » Bruno Perera, par exemple, n’est pas informaticien. Il est entré à Kaz, « pour le projet politique », celui d’un numérique libéré de Google et des autres multinationales qui ont installé un oligopole sur les outils numériques.

« On a commencé à se réunir pour réfléchir à comment résister aux Gafam », résume Alain Rivat, ancien responsable informatique dans l’Éducation nationale, aujourd’hui retraité. C’est comme ça que Kaz est né en 2020 à Vannes (Morbihan), sur la promesse de proposer à prix réduit du « numérique sobre, libre, éthique et local ».
Alternative à Google Drive
... BigBlueButton, une solution de visioconférence ... des services d’hébergement de sites web, comme celui du média breton Splann !, de messageries mails, d’espaces de travail en commun en ligne (alternatifs aux Google Doc et Drive), de messageries instantanées d’équipe (sur Mattermost, solution alternative à Slack notamment), de formulaires en ligne… « On offre aussi de nouveaux services quand les associations expriment un besoin, par exemple PeerTube [alternative à YouTube, ndlr]
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de très petites entreprises, des syndicats, des associations.
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une solution alternative à Google Drive et Google Doc avec Nextcloud », un logiciel libre, précise François Merciol, qui est enseignant-chercheur en informatique ... Mattermost
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Le sens de la sobriété
... si vous n’utilisez pas certains services, on les désactive, et on les réactive à la demande ... la messagerie, ce n’était pas un lieu de stockage
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Chez les indés
La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.
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une mise à jour de Windows peut obliger les utilisateurs à acheter un nouvel ordinateur.
... cinq serveursindispensables pour les services proposés. « Nous n’avons pas l’objectif de multiplier les utilisateurs. Quand on arrivera à nos limites, d’autres devront prendre le relais », souligne Didier, in
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« C’est local »
... Framasoft ... dizaines de structures proposant des services en ligne « libres, éthiques et décentralisés » qui permettent de trouver rapidement des alternatives aux Gafam respectueuses de nos données et de la vie privée ... « chatons » pour « collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires ».

Sur le même sujet « Faire quelque chose, le partager », sans visée commerciale : le combat du logiciel libre n’est pas mort
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Infini ... existe depuis… 1995 ... des gens qui viennent chez nous, car c’est local. Nos serveurs sont à Brest, et nos services sont gratuits contre une adhésion à prix libre. On a une bonne réputation, plein de sites brestois sont hébergés en infini.fr. »
Des logiciels d’animation 3D à zéro euro
... des entreprises privées lucratives engagées pour le logiciel libre. À Rennes, Activ Design, créée en 2011, est un centre de formation au graphisme et un studio graphique qui ne travaille qu’avec des logiciels libres ... valoriser professionnellement ces outils, dit Elisa de Castro, l’une des fondatrices ... le CMS Wordpress [Un CMS, Content Management System, est un logiciel qui permet de créer, gérer et modifier le contenu d’un site web

Sur le même sujet Profs, parents d’élèves et activistes se bougent pour libérer l’école de l’emprise de Google et Microsoft

Dans le domaine du graphisme, Activ Design utilise et forme par exemple aux logiciels libres Blender, pour l’animation en 3D, à Krita pour la peinture numérique, Gimp pour la retouche d’images, Scribus pour la mise en page, Godot Engine, pour créer des médias interactifs en 3D ou en réalité virtuelle, ou encore Inkscape, pour le dessin vectoriel, réaliser des illustrations ou schémas.
« Inkscape est beaucoup utilisé dans l’industrie ... réaliser des plans de vol, explique Cédric Gémy, développeur 3D et chef de projet ... Utiliser le logiciel d’animation 3D Blender coûte zéro euro, alors pour que l’outil Autodesk Maya, la licence coûte plus de 2200 euros par an. ... des graphistes viennent se former à ces logiciels libres souvent ignorés dans les écoles, et des non-graphistes s’initient aux bases du métier avec des outils accessibles.
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« Où veut-on mettre son argent ? »
Un autre modèle pour une entreprise active dans le logiciel libre peut être d’accompagner les utilisateurs dans la mise en place des outils. Toujours à Rennes, une coopérative, la Scop Ézéo, s’est créée en 2023 pour aider associations et petites entreprises à passer à des solutions libres, comme l’espace de travail collaboratif Nextcloud.
« Le secteur des logiciels d’espaces de travail est dominé par le duopole de Microsoft, avec Office 365, et Google avec sa suite », pointe Samuel Louvel, fondateur d’Ézéo ... des personnes qui ont souvent une vision politique de ce qu’est le numérique et veulent que leurs usages s’accordent avec leurs valeurs ... Nextcloud propose certes une version gratuite pour les particuliers, mais payante pour les entreprises
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Boîte noire
À Basta!, on utilise aussi les services de Netxcloud pour nos documents partagés et pour nos travaux collaboratifs en ligne, jamais Google Drive. Et le système sur lequel repose notre site Internet (CMS) est également un logiciel libre, Spip.

Mots-clés : Technologies libres , Travailler autrement, Economie partagée

[PODCAST] Hervé Kempf, un parcours au service du journalisme et de l’écologie Par Amélie Mougey - 12 juillet 2025 à 09h51

Nature Climat Luttes Alternatives Monde
Reportages Enquêtes Idées

Édito — Vie de Reporterre

Mis à jour le 18 juillet 2025 à 15h50 - Durée de lecture : 2 minutes
Vie de Reporterre Médias Le Monde d’après

L’histoire de Reporterre est intimement liée à celle de Hervé Kempf, son fondateur. À l’occasion de son départ à la retraite, il revient sur son parcours, raconte la création du média et nous fait revivre les temps forts de l’écologie dans un podcast en 4 épisodes.

Pour comprendre un journal, il est bon de connaître son fondateur. L’histoire de Reporterre est intimement liée à celle de Hervé Kempf. Au micro de Rémi Dybowski-Douat, le journaliste livre, à l’occasion de son départ en retraite, un récit intime et politique qui dessine les contours du quotidien de l’écologie.

Sous l’impulsion et la direction de Hervé Kempf, le journal a connu plusieurs vies. La première a démarré en 1989. Un mensuel du nom de Reporterre, en format papier, tiré à 26 000 exemplaires, accompagnait le réveil de l’écologie. Le titre — dont la parution avait été interrompue pour des raisons financières — a fait son retour en 2007, avec le lancement sur internet d’un blog lancé par Hervé Kempf pour accompagner son livre Comment les riches détruisent la planète. En 2012, la troisième vie de Reporterre a commencé avec son départ du Monde et la professionnalisation d’un journal parti de rien et qui a rapidement grandi.

Treize ans plus tard, Reporterre compte 31 salariés dont 26 journalistes qui alimentent deux lettres d’info, un podcast, des vidéos et un site qui compte chaque année plus de 32 millions de visites. En ce mois de juin 2025, alors que le journal est en pleine santé financière et que les lecteurs et lectrices sont au rendez-vous, une nouvelle page se tourne avec le départ de Hervé Kempf.

Il a posé les fondations de ce qu’est aujourd’hui Reporterre :

  • Un site en accès libre parce que l’écologie nous concerne tous et toutes ;
  • un média indépendant grâce aux 46 000 donateurs et donatrices qui lui donnent les moyens de produire chaque jour une information de qualité ;
  • un journal animé par la conviction que l’écologie est la question du XXIe siècle. Et, par la certitude que cette écologie ne peut être que politique, indissociable de la justice sociale ;
  • un collectif soudé qui, dans sa production comme dans son fonctionnement, refuse les rapports de domination.

Ces ingrédients qui font la force et la singularité de Reporterre trouvent leur origine dans l’histoire et l’énergie de son fondateur. Des radios libres à la rédaction du Monde, des manifestations étudiantes contre la loi Debré à Notre-Dame-des-Landes, du choc de Tchernobyl au journalisme scientifique, Hervé Kempf raconte, dans un podcast en quatre épisodes, un parcours au service de l’écologie et du journalisme.

Épisode 1 : De l’agitation étudiante au journalisme

Épisode 2 : Du choc de Tchernobyl à la fin du Monde

Épisode 3 : De la zad à la critique du capitalisme et des élites

Épisode 4 : Reporterre, le combat de l’indépendance

L’équipe – UMR 5600 Environnement Ville société - Edith PLANCHE (France)

Connue / https://ciret.hypotheses.org/le-ciret/sites-des-membres-et-contacts
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Ethnologue, chercheure associée au Laboratoire Environnement Ville Société (UMR 5600 CNRS), Université de Lyon https://umr5600.cnrs.fr/fr/lequipe/name/edith-planche/, ainsi qu’artiste et aquarelliste, mon travail anthropologique cherche à montrer comment la rupture entre science et art est de même souche que la rupture entre nature et culture. C’est ce clivage que je vise à réconcilier à travers la structure SeA, Science et Art que j’ai fondée en 2000 et dirigée pendant 20 ans, avec la conception de supports d’éducation à l’environnement par l’art et l’ethnologie, rassemblés dans « La mallette des merveilles du fleuve » http://science-et-art.com/Mallette-Pedagogique. Ces supports pédagogiques dont je suis auteur et pour certains illustratrice, ont été conçus en faisant le départ avec le réflexe artistique mais aussi en posant l’anthropologie comme possibilité subversive de renversement de paradigme, dans une démarche transdisciplinaire. Les entrées pédagogiques considèrent l’art comme un outil de cognition autant qu’un outil de médiation et médiatisation, favorisant l’éducation au territoire s’intéressant au patrimoine naturel aussi bien que culturel. Mon ouvrage de référence Eduquer à l’environnement par l’approche sensible. Art, ethnologie et écologie, publié en juin 2018, est préfacé par Allain Bougrain-Dubourg et postfacé par Jean Malaurie. Ce livre établit des ponts entre théorie et pratique, puis entre « science » et « art » pour forger une éducation à l’environnement par le sensible. https://www.youtube.com/watch?v=KfCM_jjJKHg (Conférence à 18mn)
edith.planche@orange.fr
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