Alternatives
Mis à jour le 16 octobre 2024 à 12h05
Durée de lecture : 9 minutes
Clés : Alternatives Idées Calendrier
Reporterre a créé un nouveau calendrier : nous entrons dans l’an 07 après l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une date symbolique, que nous avons choisie pour marquer le début d’une nouvelle ère.
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souligner à quel point l’urgence écologique nécessite une bascule des imaginaires, un renversement ontologique dans notre rapport au monde et au vivant.
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Célébrer la victoire, entretenir l’utopie
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une victoire écologiste, plus enthousiasmante qu’un événement catastrophique. La vie sur la zad a, en outre, le mérite d’être une utopie concrète où s’expérimente une autre relation au vivant, où des collectifs entretiennent les braises d’une alternative à l’organisation sociale moderne structurée autour du modèle productiviste.
C’est, enfin, une lutte pleinement ancrée dans les enjeux actuels, symbole de la répression de plus en plus violente des mouvements écologistes et qui a fait avorter un projet d’aéroport, symptomatique d’une industrie climaticide intrinsèquement incompatible avec la sauvegarde du monde.
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Un combat culturel contre l’accélération
Alimentation, transports, consommation… Puisque tout doit changer dans nos modes de vie, autant commencer par la mesure du temps. Car notre rapport au temps est lui-même l’une des sources du problème. Nous ne cessons d’accélérer. Dans notre consommation d’énergie, de matières premières, d’eau et de nombreux autres indicateurs, tous les compteurs explosent dans une « grande accélération » depuis les années 1950. Or, celle-ci est parfaitement corrélée aux courbes de destruction du système Terre.
L’historien François Hartog décrit dans Chronos ; l’Occident aux prises avec le temps (Gallimard, 2020) comment nous avons traversé au cours de l’histoire différents « régimes d’historicité », ou « époques de temps ». L’Occident a été durablement façonné par le « temps chrétien », fondamentalement borné par la perspective du jugement dernier. Un temps suspendu, dans l’attente de l’apocalypse. Puis est venu au XVIIIe siècle le « temps moderne » qui s’est libéré de ce carcan et a ouvert l’horizon, dorénavant dominé par la promesse du progrès.
Mais depuis un demi-siècle, la « grande accélération » coïncide avec l’émergence d’un nouveau « présentisme ». Le monde contemporain est dominé par une volonté d’instantanéité : seul le présent existe et oblitère totalement le passé et le futur.
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« Dans ce présentisme, la notion même de durée est devenue insaisissable, presque impensable. C’est un changement profond de notre rapport au temps : dès lors qu’on n’est plus capable d’apprécier la durée, on ne peut plus hiérarchiser les enjeux et tout devient urgent », nous précise François Hartog.
Présentisme et accélérationnisme se nourrissent l’un l’autre. D’une part, parce que l’industrie capitaliste en quête d’accumulation du profit nourrit cette accélération. Elle « ne produit plus pour répondre à des besoins, mais pour maintenir la production », rappelle l’historien. D’autre part, parce que les fers de lance du capitalisme numérique, au premier rang desquels les Gafam, « vivent très bien du présentisme, puisque leur modèle économique est fondé là-dessus », notamment via leurs plateformes qui accaparent notre attention pour générer du clic et de la donnée, souligne-t-il.
Le calendrier comme projet politique
Aujourd’hui, l’entrée dans l’Anthropocène heurte frontalement ce présentisme. L’urgence d’éviter la catastrophe écologique à l’échéance de quelques décennies, ainsi que les perspectives de provoquer des bouleversements millénaires, réintroduisent la notion de futur à ces deux échelles de temps.
Cohabitent ainsi différents régimes d’historicités incompatibles. Le présentisme continue cependant de dominer et participe de notre échec à répondre à l’urgence écologique. De ce constat a surgi notre idée de nous emparer des outils de mesure du temps, dont le calendrier constitue une brique essentielle.
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nous avons conservé le découpage en semaines et le nombre de jours par mois du calendrier grégorien, de manière à ce qu’une conversion facile le rende utilisable. Un calendrier écolo plus révolutionnaire pourrait probablement proposer des semaines réduites à cinq jours ou l’instauration de nombreux jours de repos pour inciter à réduire la production.
Nous formulons tout de même le vœu, pour ce début de l’an 07, que ce calendrier soit une graine de plus qui germe au sein des broussailleuses initiatives écologistes. Il n’a d’autre ambition que de célébrer le vivant et d’attiser le désir enthousiaste de renouveler nos alliances interspécifiques, de réinventer la lenteur et le rapport au temps, face au délitement de plus en plus critique du monde.
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"Quand on ne voit que des murs à courte distance, on est en quelque sorte enfermé spatialement mais aussi dans le présent. On a du mal à penser le futur."
Pour le physicien et philosophe Etienne Klein, voilà comment le confinement change notre rapport au temps.
En période de confinement, repensez votre rapport au temps !
Les conseils d’Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences.
« Le confinement change des choses dans notre rapport au temps, et j’ai l’impression que beaucoup de vies, en ce moment, sont en train de "ralentir" », estime Étienne Klein, physicien, philosophe des sciences et auteur de Ce qui est sans être tout à fait.
« L’expérience du confinement montre que c’est d’abord un problème d’espace »
En réalité, le temps n’a pas de vitesse, puisqu’une vitesse, c’est une variation par rapport au temps. Le confinement, c’est peut-être l’occasion de reprendre un peu de maîtrise sur sa gestion du temps, non pas sur le temps même, sur lequel on n’a aucune maîtrise, mais une maîtrise de notre emploi du temps.
Quand on parle de confinement, on se pose la question de sa durée. C’est un peu comme pour les peines de prison : l’expérience du confinement montre que c’est d’abord un problème d’espace, un problème de mètres carrés, on ne peut plus circuler librement. Évidemment, la durée de cette interdiction est un paramètre important, mais la donnée première, c’est le confinement spatial.
« En ces temps de confinement, on ne parle que de ce qui se passe dans le présent »
Le rapport au temps dans le confinement dépend beaucoup de la situation dans laquelle on se trouve, selon qu’on a 5 mètres carrés, un 15 pièces, qu’on est seul ou non, qu’on fait du télétravail ou non. Ces choses sont évidemment différentes. Le confinement, qui vaut pour tous, se décline de façon très inégalitaire. J’ai beaucoup enseigné en prison et discuté avec des prisonniers. J’ai l’impression qu’il y a un rapport entre l’horizon spatial qu’on est capable de voir, et la projection de soi-même qu’on est capable de faire.
Quand on ne voit que des murs à courte distance, quand on est dans un espace complètement borné, on est en quelque sorte enfermé spatialement, mais aussi enfermé dans le présent. On a du mal à penser le futur. J’ai l’impression qu’en ces temps de confinement, on ne parle que de ce qui se passe dans le présent. On est tellement préoccupés par cela que notre horizon temporel, notre capacité projective vers le long terme est pour le moment entravée.
« Le futur, on n’en parle même pas »
Est-ce qu’elle reviendra par la suite ? Je n’en sais rien, mais j’ai l’impression que le confinement fait que nous sommes dans une espèce de présentisme absolu. Le passé n’existe plus. Regardez comment les grands débats qui nous agitaient il y a deux mois paraissent remonter à des périodes préglaciaires ! Et le futur, on n’en parle même pas, parce qu’on est en quelque sorte piégés dans un présent qui nous submerge.
Sortir de cette épidémie, est-ce que ça va nous faire sortir en courant ? Ou est-ce qu’on va sortir avec un pas lent, en prenant des nouvelles des uns et des autres, gentiment, patiemment ? Ou est-ce qu’au contraire, on aura envie de courir, de reprendre le rythme de nos activités précédentes comme si ça n’avait été qu’une parenthèse ? Je ne suis pas capable de le dire, mais ça m’intéressera de le savoir.
Auteurs
Andréa Gourmelen
Maître de conférences en sciences de gestion (marketing), Université de Montpellier
Jeanne Lallement
Maitre de conférences en Sciences de Gestion, spécialisée en marketing, Université de La Rochelle
Source :
https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/0767370118768649
Clés : travail management technologies temps vie privée coaching développement personnel
ndlr :
- bonne remarque
https://twitter.com/patrick3394/status/1060444510096900096
"
Patrick3394
@patrick3394
8 nov.
Ralentir… ou trouver son rythme ? … via @FR_Conversation
Ne perdez pas votre temps à lire cet article plein de banalités qui tourne en rond plusieurs fois, comme les aiguilles d’une montre. The Conversation nous avait habitués à mieux
" - mais incomplète :
https://twitter.com/JulienDelalande/status/1062011917831684096
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En effet, dommage quand il y aurait tant à dire sur "quels #RythmesDeVie #RythmesDeTravail sous l'#Anthropocène... ?" Ex:le #Stress facteur aggravant d'augmentation ds #Émissions d'#GazÀeffetDeSerre, #Accidentologie, #PrisesDeRisques,etc #Climat #GES #PartiDeLanthropocène #Rythme
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